Le FN a investi des candidats aux législatives tout en étant au courant de leurs dérapages racistes, homophobes ou sexistes

Publié à 07h52, le 15 janvier 2018 , Modifié à 08h37, le 15 janvier 2018

Le FN a investi des candidats aux législatives tout en étant au courant de leurs dérapages racistes, homophobes ou sexistes
Florian Philippot et Marine Le Pen © Patrick KOVARIK / AFP

Chaque élection voit son lot de candidats FN dits "à problèmes" surgir. Certains ont tenu par le passé des propos racistes, d'autres ont eu des mots antisémites, quelques-uns ont porté une parole homophobe, sexiste ou insultante. Durant les dernières élections législatives, BuzzFeed avait ainsi relevé que plus d'une centaine de candidats FN partageaient publiquement de tels contenus, à l'opposé de l'entreprise de "dédiabolisation" du parti orchestrée, notamment, par Florian Philippot.

Mais le pire est que le FN était au courant. Dimanche 14 janvier, BuzzFeed et Mediapart révèlent comment le parti d'extrême droite a réalisé des fiches sur ses différents candidats en amont des investitures pour les législatives. Leur empreinte numérique et leur passé personnel étaient passés au crible. Les deux sites publient plusieurs pages de ces listings compilés par les équipes du pôle de Florian Philippot. D'après Mediapart, au moins 25 candidats ont été investis "malgré les alertes des listings".

Il y a plusieurs exemples, comme Michel Bergougnoux, candidat dans la 3e circonscription de Dordogne. "Facebook un peu douteux, à nettoyer", commente la "cellule" 404" du FN chargée de scruter le profil des candidats. En août 2016, il avait par exemple partagé un faux sondage demandant : "Y a-t-il trop d'Arabes en France?". Ou encore Amaury Navaranne, présenté comme un "ancien de l’œuvre française, [qui] a défendu un frontiste viré pour des propos homophobes, ancien proche de Benedetti ouvertement antisémite". Il sera pourtant investi dans la 1ere circonscription du Var. Dernier exemple : Soraya Lemaire, candidate dans la 4ème circonscription pour les français de l'étranger, et épinglée pour des "tweets hards sur l'immigration"

De quoi contredire Jean-Lin Lacapelle, nommé en janvier 2016 secrétaire national aux fédérations et à l’implantation et dont l'un des rôles était, justement, d'écarter les éventuels candidats sulfureux. "S'il y a des doutes, le dossier est étudié plus sérieusement. Ceux qui doivent être écartés le sont", expliquait-il au Figaro en septembre 2016. Mais si certains ont bien perdu leur investiture, d'autres l'ont conservée.

"Nos candidats, je sais qu'on les passe au peigne fin et qu'on vérifie tout ce qu'ils ont dit et tout ce qu'ils ont fait pendant des années et des années, la vérité c'est que ce sont des candidats qui mènent campagne de façon exemplaire", avait pour sa part estimé Nicolas Bay, le 6 juin sur franceinfo:, après les révélation de BuzzFeed sur les candidats dits "à problèmes". 

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