Marine Le Pen défend la liberté d'expression d'Aymeric Chauprade... après avoir voulu le museler

Publié à 10h34, le 22 janvier 2015 , Modifié à 14h52, le 22 janvier 2015

Marine Le Pen défend la liberté d'expression d'Aymeric Chauprade... après avoir voulu le museler
Aymeric Chauprade et Marine Le Pen en mai 2014 © PIERRE ANDRIEU AFP

PARADOXE – La "petite affaire", pour reprendre les mots de Marine Le Pen, n'en est plus vraiment une. Pas depuis que SOS Racisme a décidé de porter plainte contre Aymeric Chauprade concernant la vidéo de l'eurodéputé, publiée le 15 janvier et intitulée La France en guerre. Dans cette vidéo, l'élu frontiste affirme que la France est en guerre "contre des musulmans". Il explique aussi que, selon lui, les musulmans français sont "une cinquième colonne".

Mercredi 21 janvier, l'association SOS Racisme a annoncé le dépôt d'une plainte contre Aymeric Chauprade .

Et voilà que, Marine Le Pen, qui avait demandé aux secrétaires départementaux du FN de ne pas relayer ladite vidéo pour "des raisons juridiques", apporte son soutien à Aymeric Chauprade. Dans un communiqué diffusé ce jeudi 22 janvier, le Front national annonce mettre "à la disposition d'Aymeric Chauprade l'ensemble de ses moyens juridiques afin de l'aider à organiser sa défense face à la procédure engagée contre lui par SOS racisme et autres".

Contacté par le Lab, l'ancien avocat du FN Wallerand de Saint-Just détaille un peu plus ces moyens. Il dit :

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Nous avons des avocats très spécialisés dans ces matières-là. Les frais d'avocat d'Aymeric Chauprade seront à la charge du FN. Mais ce n'est pas simplement de l'argent. Il y a aussi la tête, les conseils.

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Voilà pour l'aide. Sur le fond, le FN est bien décidé à défendre la liberté d'expression, " revendiquée par tous" après l'attentat contre Charlie Hebdo. Le parti ajoute :

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Journalistes, écrivains, élus sont aujourd'hui victimes quotidiennement de ce terrorisme intellectuel et judiciaire dont l'objectif est de maintenir une chape de plomb sur les sujets de l'immigration et du fondamentalisme islamiste.



La France a pourtant plus que jamais besoin d'un débat libre sur ces sujets essentiels dans la détermination de son avenir.

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Voilà donc le FN prêt à défendre la liberté d'expression d'Aymeric Chauprade alors même que Marine Le Pen a demandé de ne pas relayer sa vidéo. Mercredi 21 janvier, Marine Le Pen a même estimé que l'eurodéputé, "incapable de la moindre discipline", la mettait "en danger médiatique d'être poursuivie pour provocation à la haine et la discrimination raciale".

Du rab sur le Lab

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