Le gros mytho de Christian Estrosi pour se justifier d'avoir fait baisser le bureau de son successeur au poste de maire

Publié à 14h32, le 21 octobre 2016 , Modifié à 16h21, le 21 octobre 2016

Le gros mytho de Christian Estrosi pour se justifier d'avoir fait baisser le bureau de son successeur au poste de maire
Christian Estrosi © AFP

Cela vous avait peut–être échappé mais Christian Estrosi n'est plus maire de Nice. Président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'élu LR a en effet dû laisser son poste de premier édile à Philippe Pradal. L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy n'est plus *que* premier adjoint. Alors certes, cela ne se remarque pas beaucoup d'un point de vue médiatique, notamment parce qu'il reste président de la métropole Nice Cote d'Azur. Il faut, pour se rendre compte du changement, faire attention aux détails notamment celui-ci, repéré par Nice-Matin le 17 octobre : Christian Estrosi a fait rabaisser le bureau du maire au conseil municipal, surélevé à l'époque où c'était lui qui occupait le poste. Le changement a eu lieu, note le quotidien, entre le conseil municipal du 5 février et celui du 1er avril, "soit avant la passation de pouvoir", en juin.

Quand il était maire, Christian Estrosi avait un bureau surélevé par rapport aux autres. Désormais, le maire Philippe Pradal est assis au même niveau que son premier adjoint

La preuve en image :


Invité de FranceInfo: ce vendredi 21 octobre, Christian Estrosi tente de se justifier. Pourquoi le bureau a-t-il été ainsi raboté ? Après avoir donné une explication pas franchement convaincante, il formule un joli mensonge, comme ça, tranquillement, en direct à la télévision. S'adressant au journaliste Guy Birenbaum qui l'interrogeait sur le sujet, le président de PACA dit:  

'Nice-Matin' s'en est excusé. Et par contre je relève que vous n'avez pas lu leurs excuses. Comme quoi, on a toujours d'attirance pour une information que pour une autre.

 



Les excuses de Nice-Matin ont effectivement échappé à Guy Birenbaum. Elles ont d'ailleurs échappé à tout le monde. Et pour cause : ces excuses n'existent pas et sortent tout droit de l'imaginaire de Christian Estrosi. Si "attirance" il y a, c'est donc plus vraisemblablement pour les vraies informations.

Interrogé par le Lab, Frédéric Maurice, chef de l'édition de Nice du quotidien assure :

 

On n'a publié aucune excuse et on ne le fera pas pour la simple et bonne raison que cette histoire de bureau est factuellement vraie. Personne n'a présenté d'excuses et d'ailleurs, du côté de la mairie non plus, personne n'a contesté quoi que ce soit, du moins officiellement.

Le quotidien a publié, dans la journée de vendredi, un court texte sur son site internet pour dénoncer les propos du premier adjoint. "Contacté, Christian Estrosi reconnaît que l'expression employée sur Franceinfo: n'était 'pas adaptée'", peut-on lire. 

Juste avant de mentir à propos de Nice-Matin, l'ancien maire avait expliqué sur FranceInfo: que le bureau avait été raboté pour des raisons pratiques, parce que le bureau surélevé de Christian Estrosi cachait la vue des collaborateurs:

 

Il se trouve qu'entre temps, nous avons publié des images qui démontrent que c'est le nouvel hémicycle… que ce sont nos collaborateurs qui étaient derrière nous qui, parce que la position du maire enlevait la vue sur le reste de l'hémicycle pour pouvoir nous préparer les éléments nous aidant à répondre à l'opposition, qu'on a rabaissé la place du maire (sic).

Fort heureusement, les équipes municipales se sont aperçues de la gêne occasionnée seulement avant le départ Christian Estrosi du poste de maire.

 

Du rab sur le Lab

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