Le mépris de Nicolas Sarkozy envers NKM, une candidate "sympathique au demeurant"

Publié à 06h49, le 08 novembre 2016 , Modifié à 10h43, le 08 novembre 2016

Le mépris de Nicolas Sarkozy envers NKM, une candidate "sympathique au demeurant"
Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy © Eric FEFERBERG / POOL / AFP

Tel Donald Trump de l'autre côté de l'Atlantique, Nicolas Sarkozy veut être le porte-parole de la supposée "majorité silencieuse" que les élites - dont aucun de ces deux-là ne ferait partie - auraient tendance à mépriser. Lundi 7 novembre, à Neuilly-sur-Seine, dans son ancien fief, le républicain a donc donné un meeting avec cette volonté farouche de parler au nom du peuple. C'est un fait : Nicolas Sarkozy connaît bien cette "majorité silencieuse". Il en parlait déjà en 2012 – et même avant.

Cette fois, la "majorité silencieuse" n'en peut plus : 1) des menus de substitution ; 2) de François Bayrou ; 3) de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Pour les premiers, Nicolas Sarkozy a proposé une double ration de frites à la place. Pratique. Sauf que cela marche pour le jambon, moins pour François Bayrou et NKM. Le candidat à la primaire a donc attaqué le maire de Pau puis son ancienne ministre avec d'autres armes. Mais zappons le cas du président du Modem. Depuis quasiment un mois, le cinquième homme de 2012 est la cible préférée du camp Sarkozy qui, durant ce laps de temps, semble avoir fait le tour des attaques possibles.

Intéressons-nous plutôt au cas Nathalie Kosciusko-Morizet. Lundi, à Neuilly, Nicolas Sarkozy a moqué son ancienne porte-parole. Il a dit :

 

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L'autre jour au débat j'ai entendu une candidate, sympathique au demeurant. 'Il faut demander l'avis des gens!' Oui, et bien si à chaque fois que tu prends une décision, tu demandes l'avis des gens, tu ne prendras pas beaucoup de décisions, crois-moi!

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À revoir ci-dessous en vidéo :



Une sortie qui a beaucoup fait rire dans l'assistance, les supporters de Nicolas Sarkozy n'ayant pas dû apprécier les attaques de NKM, jeudi 3 novembre, lors du 3e débat. L'ancienne ministre de l'Environnement avait notamment moqué le service militaire de l'ex-Président au cours duquel il avait passé son temps à balayer "la cour de la caserne". Retour à l'envoyeur, donc, avec une attaque teintée de mépris. Et aussi de contradiction.

Ne serait-ce que jeudi soir, Nicolas Sarkozy invitait NKM à faire exactement l'inverse. "Tu sais parfois, c'est pas mal d'écouter ce que disent les autres. Ils ne disent pas forcément des bêtises", lui avait-il dit sur un ton professoral.

Dans le documentaire NKM, la singulière, l'ex-chef de l'État évoquait déjà le cas de son ancienne ministre et revenait sur le refus du "ni-ni" par celle qui fut un temps la numéro 2 de l'UMP. "Ça, c'est la boboïsation, les idées, c'est plus sérieux... Elle devrait un peu plus écouter les militants", disait-il à l'époque.

Quant au fait de demander l'avis des gens, Nicolas Sarkozy veut organiser deux référendums sur la rétention des fichés S et sur le regroupement familial... 

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