Le ministre François Bayrou persiste à vouloir garder sa "liberté de parole" de citoyen avant tout

Publié à 08h19, le 14 juin 2017 , Modifié à 08h19, le 14 juin 2017

Le ministre François Bayrou persiste à vouloir garder sa "liberté de parole" de citoyen avant tout
Jeu de l'été : toi aussi, distingues le Bayrou ministre du Bayrou citoyen. © AFP

"Je ne défie personne, je suis trop détendu pour cela." Ce mercredi 14 juin, au lendemain du recadrage du Premier ministre Edouard Philippe, François Bayrou a assumé ses *deux corps* (ou plus) entre sa fonction de ministre de la Justice et sa parole de citoyen avant tout.

Ainsi, sur RTL, l’homme à l’origine du premier couac gouvernemental du quinquennat Macron fait-il "absolument" le distinguo entre le coup de fil du citoyen à Radio France et sa parole de garde des Sceaux. Et d’ajouter :

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Non, je ne vois pas le problème. Je suis un citoyen, je suis un ministre, je suis même un homme privé.

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Edouard Philippe, lui, semblait voir le problème à ce que "le citoyen" Bayrou appelle Radio France pour se plaindre d’une enquête sur les salariés du Modem. "Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen", a averti le chef du gouvernement.

"Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai !" a répliqué François Bayrou qui persiste à conserver cette liberté de parole à rebours de la maxime de Jean-Pierre Chevènement : "un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l’ouvrir, ça démissionne." Il poursuit :

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Il faut de la liberté de parole. Je ne sais pas vivre sans liberté de parole. Je pense que quand on est un responsable, un homme politique ou une personne humaine digne de ce nom, quand on pense qu’il y a des choses importantes à dire, il faut les dire.

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Pour François Bayrou, "il n’y a pas de contradiction" entre le rappel à l’ordre d’Edouard Philippe et sa position. "Il se trouve qu’Edouard Philippe a dit quelque chose que je considère comme absolument juste et j’ai dit quelque chose que je considère comme absolument juste", maintient le centriste. Et d’avancer l’excuse du "off", comme l’avait déjà justifié Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement :

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Les éditorialistes, les analystes, ceux qui préparent des papiers, appellent les responsables politiques pour leur demander ce qu’ils pensent, ce sont des conversations privées, qu’on appelle off. Pourquoi est-ce qu’il n’y aurait pas parfois, quand ça s’impose, la réciprocité ? Et que des responsables politiques puissent dire en privé, pas en public, leur analyse sur des méthodes utilisées ?

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"Je l’ai dit sans pression, je l’ai dit peut-être un peu vivement. Je ne vois en quoi il serait anormal de dire en privé son sentiment sur des pratiques et des méthodes", conclut celui dont on ne sait plus s’il parle en tant que citoyen ou en tant que ministre de la Justice.

Du rab sur le Lab

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