Le multiplex du dimanche 2 avril avec Hamon, Dupont-Aignan, Morano, Mandon et Bayrou

Publié à 12h08, le 02 avril 2017 , Modifié à 15h59, le 02 avril 2017

Le multiplex du dimanche 2 avril avec Hamon, Dupont-Aignan, Morano, Mandon et Bayrou
Thierry Mandon, François Bayrou, Nadine Morano, Benoît Hamon et Nicolas Dupont-Aignan © Montage via AFP

MULTIPLEX - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 2 avril : Nicolas Dupont-Aignan à BFM Politique, François Bayrou au Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI, Benoît Hamon au Forum Radio J et Nadine Morano en débat avec Thierry Mandon à Dimanche en politique sur France 3.

  • Nicolas Dupont-Aignan


#Vous l'avez lu ici en premier

"Ça fait des années qu’il n’y a plus de politique pour l’Outre-Mer, depuis Jacques Chirac", lance Nicolas Dupont-Aignan ce dimanche 2 avril sur BFMTV. Jeudi, la ministre de l'Outre-mer Ericka Bareigts a présenté ses "excuses" à Cayenne au "peuple guyanais" pour des années de sous-investissement de Paris en Guyane, qui ont conduit ce territoire à plus de dix jours de conflit social basé sur des revendications sécuritaires, économiques et sociales. Cette crise, le candidat de Debout la France affirme aujourd’hui l’avoir "anticipée" :

J’avais quand même anticipé la situation que je connais bien de la Guyane et de l’Outre-mer. L’État a démissionné. J’ai pas pu aller en Guyane pendant cette campagne, mais j’ai été à Mayotte, j’ai été à La Réunion, et j’ai vu à quel point il y avait une attente des ultramarins d’un État fort. La situation de l’insécurité en Guyane est extravagante. C’est le département le plus dangereux de France. Les Guyanais, ils demandent quoi ? Ils demandent tout simplement l’État, la République, le fait d’être considéré et traité comme les autres Français.

Les organisateurs du mouvement social en cours en Guyane ont en fait réclamé samedi un "nouveau statut" pour ce territoire, répondant à l'annonce d'un milliard d'euros d'engagements en faveur de la collectivité, faite par les ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts.

Dans le livre programmatique de "NDA", Mon agenda de Président (éd. Librio), on trouve effectivement un court passage sur la Guyane. Le chapitre concerne davantage la "puissance spatiale", mais la question de la sécurité est abordée. Le candidat à la présidentielle prévoit ainsi de "renforcer les effectifs de sécurité présents en Guyane pour sécuriser la frontière avec le reste de l’Amérique latine et mettre un terme aux mafias des orpailleurs clandestins qui font vivre un enfer au territoire".



#Communication tout en "conneries"

Le deuxième débat entre les candidats à la présidentielle aura lieu mardi 5 avril. Contrairement au premier, il est organisé entre les onze prétendants. Et cette fois-ci, Nicolas Dupont-Aignan est invité. Il tient à le dire : il viendra comme il est. Tout en assurant n'avoir rien préparé, il s'en prend dès ce dimanche à François Fillon qui se serait fait conseiller par SMS lors de la première confrontation (version démentie par l'intéressé). Ce que "NDA" dénonce, tout en s'amusant des performances jugées mauvais de sa conseillère en communication, Anne Méaux, alors que la campagne du candidat LR semble de plus en plus compliquée. Il dit :

 

- Nicolas Dupont-Aignan : Moi, je vais vous dire, je viendrai comme je suis. J’ai pas besoin d’avoir un téléphone portable sur mon bureau avec des conseils d’une communicante hors de prix qui lui fait faire, d’ailleurs, que des conneries – pardonnez-moi. Moi, je viendrai comme je suis avec mes convictions, avec mon projet pour la France.



- Journaliste : Pas de préparation particulière ?



- Nicolas Dupont-Aignan : Non. Le mieux, c’est d’aller marcher au grand air et d’être soi-même.

#"L'Angleterre reviendra peut-être"

Nicolas Dupont-Aignan est catégorique : si tout va mal, c'est principalement la faute de l'Union européenne. Du coup, le candidat souverainiste a écrit un "traité alternatif pour une nouvelle Europe : 'Confédération des États européens et des projets communs'". Ainsi explique-t-il qu'"il y aura un cadre commun à 28". Oui, vous avez bien lu : 28. Car si le Brexit a bien été déclenché, la Grande-Bretagne pourrait accepter de revenir grâce à ce nouveau traité, imagine-t-il :

 

Mais l’Angleterre [la Grande-Bretagne, ndlr] reviendra peut-être, d’ailleurs, quand je serai là.

 

Lui Président, la Commission européenne serait "virée" et chaque pays récupérerait "le contrôle des frontières, des lois, du budget". En revanche, les États membres se retrouveraient autour de projets comme "la conquête scientifique : lutte contre le cancer, maladie d’Alzheimer, voitures propres, panneaux solaires énergétiques de demain, nanotechnologie, aide à l’Afrique [...] pour stopper l’immigration". Le fonctionnement serait "intergouvernemental avec droit de veto sur toutes les décisions", détaille encore "NDA".

 

  • Benoît Hamon

#Il est où, le vivre-ensemble ?

Benoît Hamon considère que, 112 ans après la loi sur la séparation entre l'Église et l'État, l'Église a toujours une influence sur la société et en particulier sur les candidats à la présidentielle et/ou leur entourage. Ainsi a-t-il ciblé, ce dimanche 2 avril sur Radio J, tant le Front national que François Fillon :

- Benoît Hamon : L’extrême droite a combattu la loi 1905. L’extrême droite défile aux côtés des religieux qui veulent la remise en cause des plannings familiaux et de l’IVG. C’est eux qui nous expliqueraient qu’ils sont les défenseurs de la laïcité ? Quelle blague ! Quelle blague !



- Journaliste : Et la laïcité version François Fillon ?



- Benoît Hamon : Si c’est la laïcité version Sens commun, on organise des manifestations, on dénonce le mariage homosexuel, je vois pas bien en quoi cette laïcité-là garantit le vivre-ensemble.

#Irrecevable

Plusieurs candidats dont Jean-Luc Mélenchon menacent de ne pas participer au troisième débat pré-présidentiel, prévu pour le 20 avril, soit trois jours avant le premier tour. "S’il faut le faire le 19, faisons-le le 19", lance Benoît Hamon qui conteste l'argument de la date :

 

Cet argument me paraît assez peu recevable. Si mes souvenirs sont bons, les débats de second tour de la présidentielle interviennent le mercredi ou le jeudi donc on est très près du vote. Il faut que toutes les occasions dans cette campagne un peu confuse pour les électeurs d’y voir clair soient permises. Moi, j’y participerai.

Concernant l'exercice du débat à onze, le candidat PS à la présidentielle craint d'être "frustré", comme l'avait fait savoir Jean-Luc Mélenchon :

Écoutez, j’ai fait des débats à sept. C’est assez frustrant. Je crains qu’on en sorte un peu frustré. Je ne sais pas ce que ça va donner à onze. C’est difficile d’apprécier à l’avance.

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  • Nadine Morano vs. Thierry Mandon

#Gênée 

Nadine Morano a été gênée de voir Christian Estrosi sifflé lors du meeting de François Fillon à Toulon, vendredi 31 mars. Mais elle n'a pas non plus apprécié de voir Emmanuel Macron reçu, le lendemain, par le président de la région Paca. Nadine Morano n'est pas présidente de région. Et alors ? Elle n'aurait de toute façon pas reçu le candidat d'En Marche ! Elle dit :

Je me sens parfaitement républicaine et en même temps je ne recevrai pas Emmanuel Macron parce que je combats son programme, la vacuité de son programme.

 

En face, Thierry Mandon est lui aussi un peu interloqué par cette rencontre. "Je le vois comme la continuation d'une campagne de godille. En ski, c'est une technique qui demande de l'habileté. Mais la godille, ça a un problème : quand on tient debout ça va mais on peut se faire mal en tombant", résume le socialiste, estimant qu'Emmanuel Macron rend sa campagne "illisible"

#Modèle Qatar

Nadine Morano défend le programme de François Fillon en matière d'immigration. Le candidat LR veut fixer des quotas annuels en la matière. Mais sur quel critère faut-il faire ça, demande-t-on à l'eurodéputée. "François Fillon veut faire des quotas annuels votés au Parlement en fonction des besoins en main d'œuvre dont a besoin la France (sic), en fonction aussi des capacités d'accueil de notre pays", dit-elle avant de prendre un exemple pour le moins inattendu :

 

Vous savez qu'il y a des pays qui le font ? Quand vous regardez par exemple le Qatar qui met en place des quotas avec certains pays… Eh oui, parce que c'est un petit peuple qui le dit : 'bah moi je mets des quotas par nationalité'.

En face, Thierry Mandon rit jaune. "Quand on en est à invoquer le Qatar comme exemple de politique vis-à-vis de l'immigration…", s'étonne-t-il. Nadine Morano rappelle qu'elle vient aussi de parler du Canada et qu'il faut surtout parler "de diversité".

Apparemment, Nadine Morano a raté le rapport d'Amnesty International qui dénonçait en mars 2016 "les conditions de vie désastreuses" des ouvriers étrangers sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022.

 

  • François Bayrou

#Peut-être ministre

François Bayrou soutient Emmanuel Macron. Cela tombe plutôt bien pour lui : l'ancien ministre de l'Économie est - pour l'instant - le favori des sondages. On sait ce que valent les prévisions politiques ces derniers temps mais cela n'empêche pas d'imaginer l'avenir. Et à ce petit jeu, François Bayrou est bien trop mystérieux pour ne rien cacher, laissant penser qu'il pourrait bien être ministre si Emmanuel Macron s'installait à l'Élysée.

Cette idée tient à rien et surtout au fait que François Bayrou est incapable de dire qu'il sera toujours maire de Pau en cas de victoire de son champion, fonction incompatible avec la gestion d'un ministère. La question lui est plusieurs fois posée : sera-t-il toujours maire après l'élection ? Et voici sa réponse :

Je serai élu municipal à Pau, sans aucun doute.

 

Ou comment signifier que la possibilité de voir François Bayrou ministre existe bel et bien. "J'exercerai toujours les responsabilités auxquelles je pourrais être appelé si c'est l'intérêt du pays", ajoute-t-il. La porte est bien ouverte. 

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