Le multiplex politique du 12 juin avec Marine Le Pen, Jean-Christophe Cambadélis, Cécile Duflot, Valérie Pécresse, Gérald Darmanin et Alain Juppé

Publié à 10h12, le 12 juin 2016 , Modifié à 20h32, le 12 juin 2016

Le multiplex politique du 12 juin avec Marine Le Pen, Jean-Christophe Cambadélis, Cécile Duflot, Valérie Pécresse, Gérald Darmanin et Alain Juppé
© Montage via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE – C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce 12 juin : Jean-Christophe Cambadélis au Grand Rendez-Vous Europe 1 / Le Monde / iTÉLÉ, Marine Le Pen dans le 12/13 dimanche sur France 3, Gérald Darmanin au Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI, Valérie Pécresse dans Le Supplément sur Canal +, Alain Juppé dans Vie Politique, sur TF1 et Cécile Duflot dans BFM Politique sur BFMTV.

  • Deuxième partie

>> Alain Juppé, Vie Politique sur TF1

 

#A l'extrême-gauche par impatience

Selon des proches, Alain Juppé aurait voté pour le candidat d'extrême-gauche Alain Krivine à l'élection présidentielle de 1969, quand il avait 23 ans. Le maire de Bordeaux nie aujourd'hui. "C'est une erreur", plaide-t-il sur le plateau de TF1. En réalité, il a bien voté à l'extrême-gauche... mais au cours d'une autre élection :

 

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 J'ai voté lors d'une élection législative, dans le quinzième arrondissement de Paris où j'habitais, pour le candidat qui était soutenu par Alain Krivine au premier tour.

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Législatives de 1967, 1968 ou 1973, l'ex-premier ministre ne le précise pas. Il est un peu plus bavard sur la raison de choix : la trop longue carrière du candidat gaulliste, explique sans rire Alain Juppé :

 

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Je trouvais que le candidat gaulliste était un peu rangé des voitures. Voilà. J'ai voulu manifester un peu mon impatience.

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Quand l'intervieweur Gilles Bouleau lui demande s'il reprochait au gaulliste sa trop longue carrière, Alain Juppé opine du chef :

 

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Sans doute, oui, voilà. Vous voyez que les perspectives changent avec le temps.

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Ce renversement de perspective est en effet saisissant pour Alain Juppé, qui, à 71 ans, compte quarante ans de vie politique derrière lui et souhaite devenir le prochain président de la République.

#Ali Juppé

Quand le journaliste Gilles Bouleau affirme qu'Alain Juppé s'est prononcé contre l'interdiction porte du voile intégral dans l'espace public en 2010, le candidat à la primaire de la droite s'emporte. "Non, non, non. Je n'ai aucun souvenir d'avoir pris une position en ces termes", consteste-t-il. Avant d'expliquer être l'objet d'une campagne de dénigrement visant à la présenter comme un complice de l'islam radical :

 

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Je suis l'objet en ce moment sur les réseaux sociaux d'une propagande extraordinaire. On m'appelle Ali Juppé. On me qualifie de grand mufti de Bordeaux. On écrit partout que je suis en train de financer à prix d'or une immense mosquée à Bordeaux, qui n'existe pas et qui n'existera pas.

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Depuis quelques semaines, un certain nombre de polémiques ont pour objet les relations entre Alain Juppé et la communauté musulmane. Plusieurs comptes Twitter se disant proches de l'extrême-droite surnomment dans cette optique le maire de Bordeaux "Ali Juppé", comme le dirigeant de Radio courtoisie Henry de Lesquen.

La qualification de "grand mufti de Bordeaux" renvoie elle à une bannière déployée en février par des militants de l'association étudiante "Assas patriote" lors d'une conférence donnée par Alain Juppé à l'université Paris II. "Je voulais devenir pape et j'ai découvert que j'étais Grand Mufti", avait déclaré, hilare, dans l’amphithéâtre l'ex-Premier ministre.

Quant à l'accusation de financement d'une mosquée à Bordeaux, ses dernières traces remontent à novembre 2015, quand Alain Juppé et son adjointe Virginie Calmels ont porté plainte pour "diffamation" contre le Front national, et sa tête de liste en Poitou-Charentes-Aquitaine Jacques Colombier. Dans un tract, celui-ci avait affirmé que "Alain Juppé et Virginie Calmels ont donné leur accord [...] à un centre islamique doté d'une mosquée de 3.500 places [...] pour la somme de 22 millions d'euros financés par le contribuable bordelais".

Face à ces accusations, Alain Juppé a quelque peu perdu ses nerfs la semaine dernière. Quand Candide, un lycéen de  17 ans, a publié mardi 7 juin un faux tweet dans lequel Alain Juppé souhaitait "un très bon ramadan à tous [ses] frères et [ses] sœurs en islam", l'ex-premier ministre a déclaré vouloir porter plainte. Avant de se raviser le lendemain.

>> Cécile Duflot, BFM Politique sur BFMTV

En raison de la tuerie d'Orlando, l'émission BFM Politique a été annulée.

  • Première partie

 

>> Jean-Christophe Cambadélis, Le Grand Rendez-Vous Europe 1 / Le Monde / iTÉLÉ

 

#Crétins alcoolisés

Jean-Christophe Cambadélis ne veut pas que l'on essaye, tout de suite, de pointer du doigt la responsabilité des autorités françaises après les violences observées samedi, à Marseille, entre hooligans russes et anglais. Pour lui, les seuls coupables des violences sont les "crétins alcoolisés" qui n'ont pour concept de vie que de se battre avec leurs pairs.

Le premier secrétaire du Parti socialiste dit :

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Il y a un engouement pour le football et pour d'autres sports, on le verra dans le Tour de France, pour nos champions. Pour la très grande majorité des Français, ça ne va pas au-delà. […] C'est une fête, il faut le prendre comme cela, et dans cette fête, il y a des crétins alcoolisés qui veulent perturber non pas le déroulement du match mais les alentours du match.

 

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Jean-Christophe Cambadélis en vient à dresser un parallèle avec le Brexit. Pour lui, si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne, c'est tout le projet européen qui sera affecté. Et, d'après lui, cela favorisera la montée des nationalismes dans toute l'Europe, ce qui a terme pourrait entraîner la "désintégration" de l'Europe. Il ajoute :

 

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La désintégration de l'Europe, au bout, on en parle d'une certaine manière quand on évoque les matchs de football, c'est le nationalisme. Et je le dis à tous les Français : 'Regardez bien, le nationalisme, c'est ce que vous voyez à Marseille. Le nationalisme, c'est des hommes et des femmes qui, parce que vous êtes d'un autre pays, vous agressent.

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#Ca va barder

Au cas où le gouvernement décide de réutiliser le 49.3 pour faire adopter la loi El Khomri en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, certains à gauche espèrent bien parvenir, cette fois, à déposer une motion de censure de gauche. Sauf que le patron du PS prévient : les socialistes qui s'amuseraient à ça seront mis "en dehors" du parti. Sous-entendus : ils seront exclus.

Jean-Christophe Cambadélis répète plusieurs fois :

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Ils seront en dehors du Pari socialiste. […] Ils seront en dehors du Pari socialiste, chaque mot a son importance. Je vous dis qu'ils seront en dehors du Pari socialiste. Je l'ai dit au Bureau national : la logique dans laquelle ils étaient, qui n'était pas une logique d'amélioration mais une logique de retrait, conduirait aux mêmes effets. Et que s'ils déposaient une motion de censure, eh bien ils se mettraient en dehors du Parti socialiste.

 

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Jean-Christophe Cambadélis estime qu'on ne peut pas, en étant dans majorité, décider de "renverser son propre gouvernement".

En mai dernier, les frondeurs avaient échoué à deux voix près à déposer une motion de censure de gauche

 

>> Marine Le Pen, 12/13 dimanche sur France 3


 

#Et 2009, on en parle ?

Marine Le Pen ne partage pas vraiment l'opinion de Jean-Christophe Cambadélis, qui, un peu plus tôt lors du Grand Rendez-Vous, a estimé que les violences observées à Marseille étaient le fruit du nationalisme (voir ci-dessus). La présidente du Front national n'est pas du tout d'accord et, pour illustrer sa position, elle évoque d'anciennes violences perpétrées, déjà, à Marseille. 

Elle raconte :

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Ils sont incroyables, ces responsables politiques. Ils ne peuvent pas s'empêcher, en toutes circonstances, de faire de la politique politicienne. Mais dites-moi, à Marseille, il y avait des affrontements en 2009. Il y en avait eu aussi en 2011. C'était l'Egypte contre l'Algérie. Est-ce que monsieur Cambadélis s'était précipité à la télévision pour expliquer que c'était le fait du nationalisme ?

 

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Du coup, pour Marine Le Pen, les propos de Jean-Christophe Cambadélis "n'ont aucun sens". "On sait très bien que le foot souffre de l'existence de ces ultras".

En novembre 2009, après la défaite de l'Algérie face à l'Egypte 2 buts à 0, une centaine de supporters algériens s'en étaient pris aux forces de l'ordre sur la Canebière

 

#TSHC

L'élection présidentielle américaine se jouera entre Hillary Clinton et Donald Trump. Pour la présidente du Front national, le choix est clair. Contrairement à Nicolas Sarkozy qui, s'il était américain, voterait pour la candidate du Parti démocrate, l'élue frontiste ne veut absolument pas voir l'ancienne première dame devenir commander in chief.

Elle explique :

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Tout sauf Hillary Clinton. Tout le monde sauf Hillary Clinton. Parce que je crois qu'Hillary Clinton est le symbole de cette Amérique qui a jeté le monde dans des conflits multiples, dans une situation de déséquilibre et par conséquent je la crois éminemment néfaste aux intérêts de la France.

 

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En disant qu'il faut tout sauf Hillary Clinton, Marine Le Pen apporte donc un soutien indirect à Donald Trump. Un Donald Trump début juin a remis en cause l'intégrité d'un juge fédéral enquêtant sur la Trump University au motif qu'il est "d’ascendance mexicaine". Il a également suscité une énième polémique en lançant un : "Regardez mon Afro-Américain là-bas" après avoir découvert dans son public un homme noir venu l'écouter. 

>> Gérald Darmanin, Le Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI

 

#Vive Hollande

François Hollande et ses ouailles ne sont plus seuls. Gérald Darmanin a décidé de les rejoindre dans le camp de ceux qui défendent le bilan de l'actuel président de la République même si, on s'en doute bien, l'élu Les Républicains est totalement ironique.

Pour le vice-président de la région Hauts-de-France, François Hollande est une sorte de "Midas qui transforme l'or en plomb". Il ajoute :

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Monsieur Hollande aura été finalement un grand président pour la droite. Il aura réussi à détruire le Parti socialiste, à détruire tout ce que, de De Gaulle à Nicolas Sarkozy, nous n'avons pas réussi à faire, c'est-à-dire éliminer l'espoir qu'on peut avoir dans un parti démocratique qui s'appelle le Parti socialiste et qui a menti. Et c'est le prix de son mensonge. 

 

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#Islamisation de la radicalité

Gérald Darmanin publie Plaidoyer pour un Islam français. L'élu LR souhaite que l'État français fasse pour les musulmans ce qu’il a fait avec les catholiques et les juifs. Cela ne signifie cependant pas que la République doive s'accommoder avec des tendances extrémistes. Ainsi, Gérald Darmanin estime que, pour lui, "le salafisme est un danger pour la République" même s'il explique qu'"il n'y a pas de lien établi entre le fait que ceux qui vivent traditionnellement comme le veut le prophète soient automatiquement des terroristes en puissance".

Il précise :

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Ce ne sont pas, dans les derniers attentats que nous avons connus par exemple, des gens qui étaient radicalisés dans les mosquées. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? C'e sont ceux qui se sont endoctrinés sur internet, qui ont fait des voyages en Syrie, qui étaient des petits délinquants qui sont devenus des gros délinquants et qui ont décidé de se désocialiser. La radicalité, hier c'était des brigades rouges et aujourd'hui, malheureusement, c'est une partie de la religion.

 

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Gérald Darmanin reprend donc à son compte la thèse de l'islamisation de la radicalité, différente donc de la radicalisation de l'islam. L'élu LR prend l'exemple du terroriste Maxime Hauchard. "C'est un converti et il décapitait des otages en Syrie", dit-il. 

>> Valérie Pécresse, Le Supplément sur Canal +

 

#La réforme du bac d’abord

Valérie Pécresse ne sait pas encore pour quel candidat elle votera à la primaire de la droite. Ex-soutien de François Fillon, elle prendra sa décision en septembre après avoir étudié la compatibilité entre les programme des candidats et des propositions qu’elle formulera :

 

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Je vais cet été prendre un peu de temps et [..] dire quelles sont à mon avis les 5-6 grandes réformes qu’il faut faire pour le pays.

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Parmi les éléments que la présidente de la région Ile-de-France aimerait voir repris par les candidats et qui influeront sur son choix, la réforme du baccalauréat :

 

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Je pense qu’il faut faire une réforme du bac. Il faut diviser par deux le nombre de matières au bac et utiliser cet argent pour le primaire et le collège. Car nous avons des enfants qui ne savent ni lire ni écrire en France.

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Valérie Pécresse souhaite une grande réforme de la politique éducative, donc. Interrogée sur le livre d’Alain Juppé consacré à l’éducation, elle se fait tranchante :

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Il n’y a pas encore grand-chose dedans.

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Un indice de son choix à venir ?

#Chez moi partout

Le 3 juin dernier, Valérie Pécresse est à Longjumeau, en Essonne, pour constater les dégâts causés par les inondations. Le Premier ministre Manuel Valls, qui a été député de l’Essonne pendant 10 ans, est également présent. Cette implantation va servir de thème à un instant télé du plus bel effet entre les deux politiques.

Un journaliste commence par taquiner Manuel Valls sur la présence de l’ex-députée des Yvelines. "Ici, c’est un peu votre territoire à vous deux", tente le reporter. Le chef du gouvernement répond du tac au tac en voulant signifier que l'Essonne, c'est avant tout son bastion à lui :

 

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Valérie Pécresse, elle est présidente de la région Ile-de-France… Elle est des Yvelines, hein, donc euh hein (petit regard en coin).

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Valérie Pécresse reprend au vol la phrase de Manuel Valls. Et initie un échange aigre-doux avec son ex-collègue de l’Assemblée nationale. Le Premier ministre se fait gentiment remettre en place... mais préfère en sourire :

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- Valérie Pécresse : Mais elle est présidente de la région !



- Manuel Valls : Elle est présidente de la région. De toute la région.



- Valérie Pécresse : Donc elle est chez elle partout.



- Manuel Valls : Partout ! Elle est même chez elle à Evry, vous vous rendez compte.



- Valérie Pécresse : Exactement ; C’est pour ça que j’y vais ce soir.

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Mine interloquée de Manuel Valls. "On va à Evry, alors ?", demande en aparté celui qui fut maire de la ville pendant 11 ans. "Ben, je te suis !", répond spontanément Valérie Pécresse. Murmure du Premier ministre, *un poil* gêné : "Ah, tu me suis..." Et le cortège reprend sa marche.

Valérie Pécresse a décidément pris de l'assurance depuis son accession à la présidence de la région Ile-de-France.

Du rab sur le Lab

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