Le multiplex politique du 20 décembre avec Cécile Duflot, Julien Dray, Bernard Debré et François Bayrou

Publié à 10h13, le 20 décembre 2015 , Modifié à 19h55, le 20 décembre 2015

Le multiplex politique du 20 décembre avec Cécile Duflot, Julien Dray, Bernard Debré et François Bayrou
© Montage via AFP

C'est dimanche et, le dimanche, c'est le jour du multiplex politique. Avec ce 20 décembre Cécile Duflot, Julien Dray, Bernard Debré et François Bayrou.

Comme toujours, le Lab se plie en quatre pour vous délivrer ses instants choisis des interviews dominicales.

  • Deuxième partie

>> François Bayrou, BFM Politique, BFM TV


#Pas la faute de Tapie…

Bernard Tapie a fait parler de lui ce dimanche en annonçant vouloir revenir en politique. Un come-back qui survient quelques jours après avoir été condamné à rembourser 400 millions d’euros. Interrogé sur ce sujet, lui qui a toujours été critique envers l’arbitrage politique en faveur de l’ancien président de l’OM, François Bayrou estime que "Tapie a le droit de faire de la politique, c’est son affaire". Surtout, il impute la responsabilité de "l’affaire Tapie" aux politiques en responsabilité à l’époque. Et notamment… Nicolas Sarkozy, qu’il ne cite pourtant pas. Il dit :

 

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L’affaire Tapie, c’est pas l’affaire de Bernard Tapie. Il a sans doute été le bénéficiaire. Les responsables sont ceux qui étaient au gouvernement et qui ont organisé ce détournement d’argent public. Tapie a joué le jeu habituel de ceux qui veulent trouer des bénéfices.

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#Say la faute au PS

En 2012, il a commis, pour Nicolas Sarkozy, un crime de lèse-majesté en appelant à voter pour François Hollande. Puis, plus rien. Les occasions manquées du PS envers François Bayrou se sont multipliées. Une (non) main tendue regrettée par Manuel Valls. Sur BFM TV ce dimanche 20 décembre, le président du Modem admet avoir « pris des risques pour franchir les frontières ». Et d’accuser le PS de n’avoir pas saisi l’occasion pour bouleverser le spectre politique alors que la rue de Solférino appelle aujourd’hui à une alliance des progressistes, centristes compris. Et François Bayrou de lancer :

 

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Il s’est passé que le PS a volontairement et de manière réfléchie, fait échouer toute possibilité de redistribuer les cartes de la vie politique.

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#Toujours pour la proportionnelle

François Bayrou a toujours été favorable à l’instauration de la proportionnelle aux élections législatives. En 2012, il avait reçu l’assurance que François Hollande en mettrait une petite part. Mais après les élections régionales, le chef de l’Etat a définitivement renoncé à cette réforme. Ce qui chagrine beaucoup François Bayrou qui s’interroge, notamment sur le FN :

 

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Quelle légitimité y a-t-il à ce que 7 millions de personnes n’aient aucune représentation à l’Assemblée nationale ?

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Et de poursuivre :

 

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C’est normal que tous les grands courants du pays soient représentés. Deux sont sur-représentés et trois sont écartés (extrême-droite, extrême-gauche et le centre).

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Une position approuvée par le député PS frondeur Pouria Amirshahi :

  • Première Partie

>> Cécile Duflot, Grand Rendez-Vous Europe 1 / Le Monde / iTÉLÉ


#Esprit de Noël

Entre Cécile Duflot et Jean-Marie Le Guen, c'est compliqué. Depuis longtemps. Et l'approche des fêtes de fins d'année n'y change rien : ces deux-là se détestent copieusement et ne font aucun effort pour le masquer (rappelez-vous).

Mercredi, le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen avait évoqué la main tendue par l'écolo à François Hollande au lendemain des régionales, parlant d'un "discours demi-gauchiste".

Cécile Duflot lui répond, sans filtre :

 

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Je pense que Jean-Marie Le Guen dit n'importe quoi. Ce n'est pas nouveau mais sur ce point, pourquoi ? Parce que disent les écologistes, ce que je dis, c'est que dans un monde où le niveau de croissance va rester faible, si on veut s'attaquer au chômage de masse […] si on veut parler à la jeunesse et ne pas leur dire ; 'nous nous avons bien profité'… Je ne sais pas en quelle année est né monsieur Le Guen mais il est sans doute assez révélateur d'une génération qui n'a jamais eu de problème pour trouver du travail, qui d'ailleurs n'a pas vraiment cherché du travail parce qu'il a toujours vécu de la politique et qui donne des leçons.

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Voilà.

Et Joyeux Noël bien sûr !

#Souvenirs

Pour Cécile Duflot, le retour de Bernard Tapie en politique, c'est une madeleine, une manière de se replonger dans une époque un peu lointaine où François Mitterrand était président de la République.

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C'est des vrais souvenirs, doubles. D'abord c'était le golden boy chéri de la gauche caviar. On voit bien qu'il y a une figure de style qui se perpétue selon les époques. Et puis il se trouve qu'à l'époque où il était en prison à la Santé, j'étais écrivain public et bénévole et c'était mon premier engagement. C'est celui qui a nourrit mon engagement politique.

 

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Elle reconnaît néanmoins que Bernard Tapie n'a pas tort "quand il dit que sur le chômage des jeunes, on ne peut pas admettre la situation telle qu'elle est", précise-t-elle. Elle ajoute :

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On va regarder avec attention. Mais, pour le coup, le départ et le retour de Tapie, c'est quand même une vieille histoire. 

 

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#MéthodeCoué

Eh mais c'est qu'ils ne sont finalement pas si mauvais que ça, les résultats des régionales pour les écolos. C'est tout du moins ce qu'explique Cécile Duflot. Certes, les écolos n'ont plus beaucoup de conseillers régionaux. "Nous avons presque 70 conseillers régionaux, 65, 66", explique la députée EELV. Et ça, c'est plutôt bien.

Elle dit :

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On aurait pu en avoir zéro. Et ça, ça aurait été catastrophique.

 

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Le fait que les Verts aient divisé par 5 leur nombre de conseillers régionaux n'est donc pas un cataclysme. C'est juste que les résultats des dernières régionales, en 2010, étaient bien trop bons et que les écolos n'ont "pas réussi à transformer", explique Cécile Duflot. 

>> Julien Dray, 12/13 Dimanche sur France 3


#RaceBlanche

Julien Dray en est persuadé : Claude Bartolone a perdu les élections régionales en Île-de-France à cause de ses propos sur Valérie Pécresse, expliquant que "c'est Versailles, Neuilly et la race blanche" que la candidate de la droite défend.

Pour Julien Dray, c'est à cause de cela que la gauche a perdu l'élection. Il dit :

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Mon sentiment c'est qu'on a fait un mauvais deuxième tour. […] On s'est renfermé dans un conflit entre départements et dans un conflit d'identités. Et on a eu cette formule extrêmement malheureuse, même si elle était mal formulée, mais qui a été perçue par l'opinion comme extrêmement dangereuse. Celle sur 'la race blanche'. Claude Bartolone, ce n'était pas le candidat du 93. Claude Bartolone, c'était le candidat pour être le président de toute la région. Donc on n'opposait pas un département aux autres.

 

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Et Julien Dray d'expliquer que la gauche était sur une bonne dynamique jusqu'à cette formule de Claude Bartolone. "Jusqu'à mercredi, nous avions une dynamique pour nous et tout à coup, à partir de mercredi soir, nous étions en situation défensive", rappelle-t-il. 

#ENOUGH

Invité du 12:13 Dimanche sur France 3, Julien Dray se fait dresser le portrait, quelques minutes d'images d'archives où l'on revoit la carrière du socialiste. Un passage énerve Julien Dray : celui évoquant sa mise en cause dans une enquête préliminaire sur l'achat d'une montre de 38.000 euros.

En plateau, Julien Dray s'énerve un peu :

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Si vous me permettez, je vais le faire ce matin : quand on fait le tracé de ma vie, en permanence on me ramène à ma passion pour les montres– en plus ce n'est pas des montres de luxe mais des montres anciennes. Mais vous savez, il y a beaucoup de femmes et d'hommes qui, à un moment donné, sont mis sur la sellette. Moi j'ai eu une enquête pendant un an et on a rien trouvé à me reprocher. Donc on ne va pas en permanence me ramener à ça.

 

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C'est dit.

#Constitution

"Il faut sortir de la 5e République." Julien Dray n'y va pas par quatre chemins : il estime qu'il faut bouleverser les institutions pour permettre l'émergence d'une "majorité d'idées", ce que ne permet pas, selon lui, la 5e République.

 

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Nous sommes dans un système qui est à bout de souffle et si ce système de change pas, il devient paralysé. À ce moment-là, la tentation autoritaire, c'est-à-dire quelqu'un qui : 'eh bien je vais mettre de l'ordre là-dedans parce que ça ne marche pas', risque de l'emporter.

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Contre le FN, Julien Dray veut donc du rassemblement. "Majorité d'idées, ça veut dire être capable, à un moment donné, de rassembler une société française sur un projet, sur une étape", explique-t-il. 

>> Bernard Debré, Brunch Politique sur Sud Radio

#Non à Sarkozy 2017

Chez Les Républicains, il n’y a plus grand monde pour soutenir et s’afficher avec Nicolas Sarkozy. Et clairement, Bernard Debré, soutien de François Fillon, n’est pas non plus dans ce camp-là. Très critique depuis 2012 envers l’ancien chef de l’Etat, le député LR répète tout le bien qu’il pense du président de LR, candidat pas encore déclaré pour la primaire de la droite et du centre en 2016. Pour lui, si Nicolas Sarkozy remporte la primaire, cela voudrait dire que le scrutin n’aura pas été "sincère". Tout simplement. Il dit :

 

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Il faut qu’on fasse notre examen de conscience. La majorité de droite de 2007 à 2012, on a menti parce qu’on se fait élire sur un programme et qu’on ne le réalise pas. (…) La classe politique, nous avons déçu. Et on a toujours les mêmes. (…) Si elle est gagnée par Nicolas Sarkozy (la primaire, ndlr), ça veut dire qu’elle n’aura pas été sincère et nous allons entraîner notre pays dans un chaos politique invraisemblable.

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Bernard Debré intime ainsi le président de son parti de ne pas se présenter pour 2017 pour éviter une redite de 2012 et éviter que François Hollande ne rempile à l’Elysée.

 

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Il ne faut plus qu’il se représente. On ne va pas rejouer en 2017 Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou. Si Nicolas Sarkozy se présente, nous aurons François Hollande qui sera reconduit.

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#Nationalistes corses = FN

Bernard Debré l’assume et le dit tout de go, il "ose tout" (comme s’attaquer à Nicolas Sarkozy, demander la suppression de la double nationalité ou mettre en doute les soucis de santé de Claude Bartolone). Et le député de Les Républicains en donne une parfaite démonstration ce dimanche 20 décembre dans le Brunch Politique sur Sud Radio. Interrogé sur la victoire des nationalistes en Corse, le député LR de Paris s’emporte et dénonce un "repli identitaire". Et "d’oser tout", comme il le dit lui-même, en comparant ce "repli identitaire" à celui du Front national :

 

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Je suis très inquiet. C’est l’exemple d’un repli identitaire. Si j’osais : j’assimile ça au Front national. Le repli identitaire prôné par le FN et le repli identitaire prôné par monsieur Talamoni sont de la même espèce.

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Depuis la victoire des nationalistes corses aux élections régionales, la classe politique est vent debout contre le discours nationaliste en vigueur depuis.

Du rab sur le Lab

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