Le multiplex politique du 23 octobre avec Kanner, NKM, Copé, Hamon, Le Maire et Fillon

Publié à 10h42, le 23 octobre 2016 , Modifié à 16h50, le 23 octobre 2016

Le multiplex politique du 23 octobre avec Kanner, NKM, Copé, Hamon, Le Maire et Fillon
© Montage Le Lab via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 23 octobre : Patrick Kanner au Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos, Bruno Le Maire dans Questions politiques sur France Inter/Franceinfo:/Le Monde, Benoît Hamon dans Punchline sur C8, Jean-François Copé dans Dimanche en politique sur France 3, François Fillon au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI et Nathalie Kosciusko-Morizet dans BFM politique.

  • Patrick Kanner


# Récupération du FN

Les policiers sont en colère. Pour la sixième nuit d'affilée, ils ont manifesté samedi pour protester contre les violences dont ils sont l’objet. Et Patrick Kanner n'est pas tout à fait d'accord avec Jean-Christophe Cambadélis sur le rôle du FN dans cet événement. Si le patron du PS a vu dans cette protestation "la patte du FN", le ministre de la Ville y voit plutôt une récupération, comme le parti frontiste en aurait l'habitude :

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Y a-t-il un complot du FN ? La réponse est non. Y a-t-il une récupération par le FN ? La réponse est évidemment oui. Mais le FN récupère toujours ! Le FN récupère les pauvres, et je suis bien placé dans le Nord pour savoir que c’est un de ses principaux objectifs aujourd’hui. Il récupère les policiers parce qu’ils sont mécontents. Finalement, le FN essaie de surfer en permanence sur un terreau qui est celui du mécontentement, qui peut être profond ou passager. La meilleure réponse pour éviter que des policiers s’intéressent trop au FN en terme de réponse sociétale, c’est celle que je vous ai évoquée tout à l’heure.

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Vendredi, Le Point révélait que le leader auto-proclamé de ces manifestations est un ancien candidat Front national (et n'est pas policier).

#Peut-être plus de "Molenbeek"

La phrase avait fait grand bruit et lui avait même valu un recadrage présidentiel. Au lendemain des attentats de Bruxelles du mois de mars, évoquant la lutte contre le terrorisme djihadiste, Patrick Kanner partait d’un constat : il y aurait "une centaine de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles avec ce qui s'est passé à Molenbeek". Sept mois plus tard, le ministre de la Ville vante un "plan d’action contre la radicalisation" et se félicite "de la prise de conscience, du diagnostic et surtout de la mise en oeuvre".

Sauf que de l’aveu du ministre, ces mesures ne portent pas encore leurs fruits. Pire : d’autres "Molenbeek" pourraient s’être développés depuis. Il explique :

 

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Si vous pensez qu’en quelques mois, nous réglons ces questions-là, non. Nous sommes dans une action permanente. Ecoutez, peut-être même qu’il y en a plus, je n’en sais rien. Mon objectif n’est pas de stigmatiser tel ou tel quartier. Et d’ailleurs j’en ai un peu assez qu’on stigmatise les quartiers. [...] On a cinq millions de personnes qui vivent dans ces quartiers et je ne voudrais pas que, parce qu’il y a des difficultés ici ou là, on considère que ces cinq millions de personnes sont toutes des personnes en grande difficulté.

 

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#Pas mes expressions

Les mots durs que François Hollande a pu avoir envers les pauvres, qu'il surnommerait les "sans-dents", ou encore les footballeurs, qui devraient prendre des "cours de musculation du cerveau", ont choqué jusqu'au dernier carré des fidèles. Membre du gouvernement et fervent soutien du Président, Patrick Kanner n'ose pas trop dire qu'il condamne ses propos, tout en le disant un peu quand même. Alors, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports se livre à un exercice délicat : condamner, tout en expliquant pour minimiser. "Non. Voilà, je vous réponds très simplement", dit-il à propos de la sortie du chef de l'État sur les footballeurs.

De lui-même, le ministre des Sports évoque sans les nommer ceux que François Hollande surnommerait les "sans-dents" :

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Moi-même, à titre personnel, il y a des mots que je n’aurais pas utilisés. Mais je peux les comprendre. [...] Je sais ce que la pauvreté peut produire à l’état physique sur des personnes, vous voyez à quelle expression je peux faire allusion.

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  • François Fillon


#Les centristes pas avec nous

François Fillon n'est pas vraiment préoccupé par le vote potentiel d'électeurs de gauche à la primaire de la droite, évoquant un "fantasme du parasitage". Selon lui, il s'agira là d'un "phénomène marginal". L'ancien Premier ministre craint davantage "un accord électoral avec le centre en vue de la primaire", et presse une nouvelle fois Alain Juppé de dire aux Français quel rôle aura François Bayrou s'il est élu président de la République en mai 2017 :

 

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Il y a une deuxième question qui est de savoir s’il y a, en ce moment, des tractations, des accords électoraux, en vue de l’élection présidentielle, avec qui, avec François Bayrou ? Je pose la question : est-ce que François Bayrou sera Premier ministre d’Alain Juppé ? C’est pas une question mineure. [...]



Un accord électoral avec le centre en vue de la primaire, je trouve que c’est étrange. C’est pas dans le sens de la primaire. J’ai beaucoup d’amis chez les centristes [...]. Mais on ne va pas faire un accord électoral avant la primaire.

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Ce qui est tout de même étrange puisque la primaire à laquelle François Fillon participe est celle "de la droite et du centre". Ce que le député de Paris semble avoir oublié. Peut-être parce qu'aucun centriste n'a accepté de participer à ce scrutin pour éviter de devoir soutenir Nicolas Sarkozy.



#On tourne la page

Les propos de Jean-Frédéric Poisson sur les "lobbies sionistes" ont choqué bon nombre de cadres LR, dont certains ont même estimé qu’ils pouvaient valoir une exclusion de la primaire. François Fillon, lui aussi, a été interpellé par cette formule prononcée par le candidat PCD :

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Oui [je suis choqué], d’ailleurs Jean-Frédéric Poisson lui-même s’en est excusé. C’est d’ailleurs pas seulement cette formule qui est choquante, c’est l’ensemble de la phrase qu’il prononce. On voit qu’il y a quand même dans l’amalgame entre les lobbies sionistes et les milieux financiers une phrase qui est tout à fait condamnable.

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Pour autant, il se dit prêt à tourner la page si la Haute autorité, qui se réunit mercredi 26 octobre pour statuer sur le cas Poisson, décide que les excuses sont suffisantes :

 

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- François Fillon : C’est pas à moi de choisir mes concurrents à la primaire, et je suis pas trop pour la police de la pensée. Je pense que c’était bien que Jean-Frédéric Poisson remette de l’ordre dans les choses.



Journaliste : Donc l’affaire est close ? Lorsque la Haute autorité se réunit mercredi et considère qu’il a fait les excuses qu’il fallait ?



- François Fillon : Pour moi, oui.

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  • Benoît Hamon


#Complotiste

En voyant la "patte" du FN dans les manifestations des policiers, mercredi 19 octobre, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis s'était attiré les foudres de plusieurs dirigeants politiques, comme Alain Juppé. Dans son camp, Arnaud Montebourg avait déploré "une politisation des problèmes". Ce dimanche 23 octobre, durant l'émission Punchline diffusée sur C8, un autre candidat à la primaire de "la Belle alliance populaire" a critiqué le patron du PS sur ce sujet : Benoît Hamon. Il a jugé : 

 

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Je ne suis pas un complotiste pensant que la méchante Marine Le Pen manipule tout le monde.

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Un peu plus tôt dans la journée, Patrick Kanner avait lui aussi refusé de parler de "complot", voyant une "récupération" du FN.

#Ecoute moi ce son

Benoît Hamon a des goûts musicaux variés. Le candidat à la primaire du PS et de ses alliés aurait aimé être pianiste de jazz. Il a un faible pour le groupe de hard rock ACDC ou encore pour le groupe de rock Warpaint, quatre femmes originaires de Los Angeles. En cas de coup dur, il écoute aussi la chanson "Still D.R.E" du rappeur américain Dr Dre (feat Snoop Dogg). Eclectique. 

 

  • Nathalie Kosciusko-Morizet


# Le renouveau ce n'est pas Bruno

Ils sont tous les deux sur le même créneau, celui de la "modernité". Alors Nathalie Kosciusko-Morizet ne rate pas une occasion d’épingler le "renouveau" de Bruno Le Maire. Sur BFMTV Politique, ce dimanche 23 octobre, la candidate à la primaire de la droite a de nouveau donné un coup de griffe contre le député de l’Eure. Elle a déclaré :

 

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Le renouveau ce n’est pas un prénom. La question c’est : 'est-ce qu’il nous faut du renouveau ou du nouveau ?' Quand on regarde le dictionnaire, on voit que le renouveau, c’est le retour à l’ordre ancien.

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Selon la députée de l’Essonne, "la société et l’économie sont en pleines transformations et l’enjeu, c’est que le politique se transforme aussi". Une nouvelle critique donc, après le "recyclage ça marche pour les déchets, pas pour les idées", formulée contre Bruno Le Maire lors du premier débat télévisé entre les candidats.

 

#On se tourne vers l'avenir

Les sarkozystes ciblent François Bayrou. Ce dimanche 23 octobre, le JDD a publié une tribunede 165 élus qui soutiennent Nicolas Sarkozy s’exprimant contre le président du MoDem. Cette grosse offensive n’est pas du goût de NKM. Selon la candidate à la primaire de la droite interrogée sur BFMTV, "si on excommunie pour l’éternité tous ceux qui n’ont pas voté Nicolas Sarkozy en 2012, tous ceux qui ont voté François Hollande, on ne retrouvera jamais la majorité car en 2012 on était minoritaire".

Au lieu de revenir sur l’épisode de la présidentielle de 2012, où François Bayrou avait voté François Hollande sans toutefois donner de consigne de vote, la députée de l’Essonne entend se tourner vers l’avenir, un peu comme Alain Juppé qui veut "tourner la page". Elle a précisé :

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La question ce n’est pas 'qu’est-ce que vous avez voté la dernière fois ?' mais 'qu’est-ce que vous voulez voter cette fois-là ?' Si vous ne voulez pas de François Hollande et de Marine Le Pen, vous êtes invités à voter à la primaire. C’est la primaire de ceux qui veulent l’alternance. 

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Toujours sur la question de l'offensive des sarkozystes à l'égard du centriste, NKM a estimé que "ces points de clivage sont la survivance de débats et détestations qui datent de 2012". "Ils s'enferment dans la question de savoir si l'attitude de François Bayrou a été détestable ou agréable", a-t-elle encore regretté. La députée Les Républicains a précisé qu'elle "ne souhaite pas une fusion avec le centre mais une alliance avec le centre".

  • Bruno Le Maire


#Pas mon problème

Jeudi, Bruno Le Maire a réuni 1,8 million de téléspectateurs pour son Émission politique sur France 2. Soit un million de moins que ses principaux concurrents à la primaire, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Soit, aussi, la pire audience pour une émission politique depuis cinq ans. Pas de quoi inquiéter Bruno Le Maire qui reste positif et rejette la faute sur la chaîne publique :

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C’est le problème de France 2. C’est pas mon problème. Mon problème, c’est d’avoir convaincu, je l’espère, 1,8 million de téléspectateurs. Il devrait y avoir 3 millions, peut-être plus, de votants à la primaire, eh bien si ces 1,8 million de téléspectateurs ont été convaincus par les idées que j’ai proposées, par ma vision de la France, que j’ai développée, tant mieux. Les audiences, c’est le problème de la chaîne. Moi, mon problème, c’est de convaincre les électeurs.

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#JeSoutiensiTELE donc #JeCritiqueHollande

Le renouveau que Bruno (Le Maire) entend incarner passe par la défense de valeurs comme l'intégrité. Interrogé sur l'affaire Morandini, le député LR de l'Eure affirme : "ça ne me plaît pas", mais qu'il en revient aux juges de trancher. Et d'embrayer sur... une critique des confidences de François Hollande, mais aussi de Nicolas Sarkozy :

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J’ai suivi comme tous les Français l’affaire Morandini. C’est une affaire de justice. J’ai pas à me prononcer sur cette affaire de justice. Les juges trancheront. Mais c’est quelque chose qui ne me plaît pas. Oui je le dis très sincèrement : ça ne me plaît pas. [...] Je suis pas là pour juger la presse. Vous n’entendrez jamais de ma part de critiques sur les journalistes, sur les magistrats, sur des pouvoirs qui sont pas le pouvoir exécutif. Ce que je considère comme mon rôle politique n’est pas d’aller dézinguer à tout va les uns les autres. Je vous dis simplement que l’affaire Morandini ne me plaît pas, ne correspond pas à l’idée que je me fais de la société française, ni de la manière dont on s’exprime dans l’espace public français. Après, chacun en tire les conséquences. [...]



L’actionnaire d’un média n’a pas tout pouvoir sur un média. Et d’ailleurs, je constate que dans beaucoup de journaux de presse écrite, de presse audiovisuelle, les journalistes sont très libres d’esprit. Mais ce qu’ils veulent et c’est très bien comme ça, la liberté de la presse ne se négocie pas dans la démocratie française. L’indépendance de la justice ne se négocie pas dans la démocratie française. On ne critique pas les juges, on ne critique pas la justice, comme l’ont fait un ancien président de la République et un président de la République actuel.

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Il y a dix jours, Bruno Le Maire s'en était déjà pris à "ces Présidents en exercice qui attaquent notre justice".

  • Jean-François Copé


#Insupportable et absurde

Jean-Frédéric Poisson fait l'unanimité contre lui après ses propos sur "Hillary Clinton soumise au lobby sioniste". Ce dimanche 23 octobre, lors de l'émission Dimanche en politique IDF diffusée sur France 3 Ile-de-France, Jean-François Copé a critiqué cette sortie polémique du candidat à la primaire de la droite issu du Parti Chrétien Démocrate (PCD). Il a déclaré :

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Ce sont des propos qui sont insupportables et absurdes. Je ne comprends pas comment il peut prononcer des mots dont tout le monde connaît le caractère stupide.

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Pour Jean-François Copé, "c’est tellement inadapté au monde dans lequel on vit, aux débats qui sont les nôtres. On a des débats importants à mener contre toutes les formes d'intolérance. Cela ne correspond pas aux valeurs qui sont celles de notre famille politique".

Le député et maire de Meaux Les Républicains estime toutefois que ce "n’est pas à lui de décider" d’une éventuelle exclusion de la primaire de Jean-Frédéric Poisson, alors que NKM a saisi la Haute autorité de la primaire après les propos du responsable du président du PCD. 

#Tellement bobos

Jean-François Copé a critiqué ce dimanche 23 octobre sur France 3 la piétonnisation des voies sur berges mise en place par la maire de Paris Anne Hidalgo. Pour le candidat à la primaire de la droite, "c’est une illustration terrible de l'arrogance de Paris à l'égard de la banlieue". Il a lancé :

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C'est une forme de mépris. Il y a derrière cela pour des gens de gauche censés distribuer la bonne morale, une approche tellement bobos. Cela en dit très long sur la réalité de cette gauche mondaine.

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