Le multiplex politique du 25 octobre avec Julien Dray, Jean-Yves Le Drian, Xavier Bertrand, Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et Malek Boutih

Publié à 10h21, le 25 octobre 2015 , Modifié à 19h55, le 25 octobre 2015

Le multiplex politique du 25 octobre avec Julien Dray, Jean-Yves Le Drian, Xavier Bertrand, Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et Malek Boutih
© AFP

#MULTIPLEX - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, même en vacances, c’est multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre, voire plus, pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce 25 octobre octobre : Julien Dray, Jean-Yves Le Drian, Xavier Bertrand, Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et Malek Boutih.

  • Deuxième partie

>> Marylise Lebranchu dans C Politique sur France 5

#Peur

Marylise Lebranchu est ministre. Mais elle n’est pas la plus connue et la plus visible du gouvernement, loin de là, comme lorsqu'elle a été refoulée de l'entrée de l'université d'été du PS car un vigile ne la "connaissait pas". Et ça lui plaît. Elle se refuse aux "petites phrases" car, dit-elle, cela "crée de l’exaspération et il en existe suffisamment pour qu’on n’en rajoute pas". Peu présente sur Twitter, cette ancienne ministre de Lionel Jospin ne tweete pas franchement car elle a "peur d’elle-même" et d'écrire sous l'emprise de la colère. Elle explique :

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Je ne fais pas mes tweets parce que j’ai peur de moi-même. Donc on discute avec ceux qui m’accompagnent pour savoir sur tel sujet si on fait un tweet ou pas. Il faut se freiner. Le politique, sa phrase ne sera jamais anodine. Il faut faire attention, être vigilant. Ça me joue sans doute des tours en terme de notoriété, mais est-ce que c’est utile la notoriété ?

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#Le râteau

Toutes les précautions que prend Marylise Lebranchu avant de tweeter devraient inspirer Jean-Christophe Cambadélis, selon elle. Interrogée sur l’attaque du patron du PS contre le journal Le Monde qui, selon lui, "a décidé de faire la peau au PS", la ministre de la Fonction publique désapprouve la sortie de "Camba" contre le quotidien du soir. Car, gare au retour de bâton quand on s’en prend aux médias. Elle dit :

 

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C’est dommage, quand on attaque la presse, c’est comme si vous marchez sur un râteau, vous le prenez dans… voilà. Il faut s’apaiser avant de tweeter. On rentre dans un jeu alors que ce n’est pas un jeu.

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>> Malek Boutih dans BFM Politique sur BFM TV

#Madame Soleil

Malek Boutih fait une prédiction. Pour le député PS de l'Essonne, la victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2017 semble inéluctable. "En l’état actuel des choses, je ne vois pas comment Marine Le Pen ne gagne pas la présidentielle", dit-il. [A LIRE ICI]

#Pas de programme

S’il pense donc que Marine Le Pen va gagner la présidentielle de 2017, s’il n’y a pas, d’ici là, de grands changements, Malek Boutih fustige le programme du FN qui, selon lui, est "inexistant". Il dit :

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Je pense que 99% des électeurs du Front national n’ont jamais lu une ligne du programme du Front national, qui n’existe pas vraiment d’ailleurs.

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Et de poursuivre :

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Donc quand 20% des gens qui disent qu’il a des bonnes solutions alors qu’il n’en a pas du tout. C’est un domaine où elle est très discrète parce qu’elle n’a pas grand-chose à dire. Elle laisse entendre que comme c’est l’extrême droite, ils vont mettre de l’ordre. Tout ça est faux.

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#Cannabis

C'est un débat délicat, voire tabou, en France. Et Vincent Peillon ne dira pas le contraire. Faut-il ou non dépénaliser l'usage du cannabis ? Pour Malek Boutih, il n'y a qu'une seule solution : l'étatisation du marché du cannabis. Il explique :

 

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Il faudra parler du trafic de cannabis qui est un enjeu économique, sociologique et politique. Il y a quelques années j’avais proposé, et je l’assume, une étatisation du marché du cannabis. Ce marché va toujours exister. Que l’Etat le reprenne et qu’il prenne les dividendes et qu’ils les investissent comme ça se fait aux Etats-Unis dans quelques Etats. Ça doit être contrôler et que l’argent soit réinvesti dans des zones où il y a des grandes fractures.

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Si une députée PS avait, dans un rapport parlementaire, plaider pour une légalisation contrôlée dans la sphère privée, que Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI, est favorable à la dépénalisation, le Premier ministre Manuel Valls a coupé court à tout débat sur le sujet, en mode "on peut débattre, mais le débat est clos", après que Christiane Taubira a expliqué qu'il "n'est pas acceptable de ne pas y réfléchir". Fermez le ban.

  • Première partie

>> Laurent Fabius dans Le Supplément sur Canal+

#Le "climarathonien"

Laurent Fabius est sur tous les fronts. Et notamment celui de la Cop 21, la grande conférence sur le climat qui se déroulera à Paris en décembre. Pour convaincre l’ensemble des acteurs internationaux de signer un accord contre le réchauffement climatique, l’ancien Premier ministre parcours le monde, tantôt en Amérique du Sud, tantôt en Afrique. "Je fais en moyenne 40.000 kilomètres par mois. Mais là, ave la Cop, ça s’est accéléré", raconte-t-il, ajoutant "qu’on peut traiter des choses par téléphone mais rien ne remplace le contact humain". Et de dévoiler un surnom qu’on lui a attribué :

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On m’appelle le climarathonien.

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#C’est qui le dictateur ?

Cette semaine, Bachar Al-Assad a quitté pour la première fois depuis longtemps la Syrie pour se rendre à Moscou. Au programme, une rencontre avec Vladimir Poutine, premier soutien du dirigeant syrien. Face à l’image de la poignée de mains entre les deux présidents, Laurent Fabius est interrogé ainsi : "lequel est le dictateur ?" Après quelques secondes de silence, le ministre des Affaires étrangères répond de manière lapidaire pour décrire la scène, soulignant "un sourire de convenance" :

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Le président de la Russie et puis un criminel contre l’humanité.

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Mais Laurent Fabius déplore cette mise en scène qui donne l’impression, pour "les gens", qu’il y a "une réhabilitation officielle de Bachar".

#Reines d’un jour

En juillet, une délégation, non-officielle, de députés français – avec Jacques Myard ou Thierry Mariani, entre autres - s’est rendue en Crimée pour observer sur place la situation après l'annexion russe. Un voyage fustigé par Bruno Le Roux, persona non grata en Russie, et qui a "choqué" Laurent Fabius. Interrogé une nouvelle fois sur cette expédition, le patron du Quai d’Orsay a dénoncé des élus qui se sont pris pour "des reines d’un jour". Il dit, acide :

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Ce sont des députés qui ont été des reines d’un jour. Vous avez pu les interviewer, ils ont du être contents.

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>> Xavier Bertrand au Grand Jury RTL, LCI, Le Figaro



#Le favori de la primaire

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy sera au rendez-vous de la primaire en 2016. Mais, avant cela, il affrontera notamment Marine Le Pen et Pierre de Saintignon aux régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Interrogé sur le fait de savoir si cette élection locale n'est pas un tremplin pour devenir à terme le candidat de la droite à la présidentielle de 2017, il préfère ironiser :

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Vous êtes formidables. Vous avez même du mal à garder votre sérieux. Voilà quelque temps, je n'étais pas le favori des régionales et me voilà bombardé favori de la primaire à droite. Génial, j'ai bien fait de venir, quel beau dimanche.

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Selon les dernières estimations, Xavier Bertrand est crédité de 3% d'intentions de vote à la primaire.

#Proche Emploi

Depuis le début de sa campagne, Xavier Bertrand a mis le thème du travail au coeur de son discours. Et il n'est pas hyper satisfait du dispositif actuel à Pôle Emploi qu'il juge "trop centralisé". Alors, attention jeu de mots, il a décidé de lancer l’opération "Proche Emploi". Il dit :

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Je veux mettre en place une opération 'Proche emploi' c'est-à-dire une région proche de l'emploi et des gens, beaucoup plus proche de l'emploi. Je vais pas attendre une énième réforme de Pôle Emploi. Cela sera une opération de la région.

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Relancé sur la nature de cette opération, il ne veut pas d'une agence parallèle :

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Une agence parallèle ? Pas du tout. Je ne vais pas recréer une bureaucratie mon Dieu.

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L'ancien ministre de la Santé compte ainsi s'appuyer sur "le volontariat". 

>> Jean-Yves Le Drian dans 12/13 Dimanche sur France 3



# Doudou

Dès le début de l'interview, Jean-Yves Le Drian est interrogé sur son surnom de "Doudou". Et le ministre de la Défense, et candidat aux régionales en Bretagne, semble prendre goût à ce petit nom. Il dit :

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Dans mon entourage, il paraît que que ce surnom est répandu. Je crois comprendre que ça veut dire indispensable. J'espère que ce n'est pas un surnom qui pourrait amener le sommeil parce que ce n'est pas ma personnalité. 

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Un bémol cependant : comme l'affirme le ministre, François Hollande n'utilise pas ce surnom à son égard. Un président de la République qui appelle son ministre de la Défense "doudou", cela aurait eu le mérite d'être original. 

Et visiblement, le surnom est répandu dans les rangs du PS puisque même le député Eduardo Rihan Cypel l'utilise.

# Double casquette ?

Il est candidat aux régionales en Bretagne tout en étant ministre de la Défense. Mais il ne voit pas de double casquette. Il affirme :

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Il n'y pas de double casquette. Je ne vois pas au nom de quoi on irait contester le fait qu'un homme politique aille se confronter au suffrage universel. 

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>> Julien Dray au Grand Rendez-Vous Europe 1/iTélé/Le Monde



# Moquerie autorisée

Julien Dray est interrogé sur les régionales de décembre où les alliances du PS avec certains de leurs alliées (coucou EELV) sont loin d'être faites, malgré le référendum du PS organisé le week-end du 17 et 18 octobre. Et lorsque les journalistes lui affirment que ce référendum était moqué, même par ses alliés, Julien Dray affirme que c'est tout à fait normal. Il dit :

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Mais c'est normal que nos alliés se foutent de nous puisque la question qui est posée s'adresse à eux. Nous nous sommes pour l'unité et nous faisons la démonstration partout que si nous étions rassemblés à partir du bilan et du travail qui a été fait ...

"

Julien Dray ne peut terminer sa phrase puisqu'il est coupé par un des journalistes sur le plateau. Peu importe, on sait désormais que les alliés du PS peuvent continuer à se moquer du parti.

# Le Pen au deuxième tour

Julien Dray n'est pas du même avis que Claude Bartolone. Alors que le président de l'Assemblée nationale a affirmé que le FN sera forcément au deuxième tour en 2017, l'ami intime de François Hollande n'est pas d'accord. Il dit :

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Moi, je crois que c'est encore possible. Je pense que c'est encore possible qu'elle ne soit pas au second tour. Je ne crois pas que l'histoire soit écrite d'avance.

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#Grosse colère

Julien Dray n'est visiblement pas content qu'on lui pose certaines questions. Alors, à l'heure d'évoquer la stratégie du PS pour les régionales, il s'énerve.

À voir ICI

[Article édité au fur et à mesure des déclarations]

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