Le multiplex politique du 26 février avec Bayrou, Jadot, Chatel, Larcher et Cambadélis

Publié à 09h52, le 26 février 2017 , Modifié à 15h45, le 26 février 2017

Le multiplex politique du 26 février avec Bayrou, Jadot, Chatel, Larcher et Cambadélis

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre (voire plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 26 février : François Bayrou au Grand Rendez-vous Europe 1/Les Échos/iTélé, Yannick Jadot et Luc Chatel à BFM politique, Gérard Larcher au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI et Jean-Christophe Cambadélis dans Dimanche en politique sur France 3.

  • François Bayrou

#Incohérence

Désormais soutien d’Emmanuel Macron pour la présidentielle, François Bayrou est entré en campagne. Et tape sur François Fillon. Interrogé sur la question de savoir s’il doit y avoir une trêve judiciaire pendant la campagne présidentielle, le président du Modem a expliqué souhaiter que la justice fasse son travail. Et pointé l’incohérence du discours de François Fillon, empêtré dans l’affaire des emplois supposés fictifs de sa famille et qui propose des efforts aux Français :

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Je vois les incroyables conséquences de toutes ces affaires. Lorsque vous vous présentez avec un programme très dur demandant des sacrifices mais que vous n’avez pas la même discipline, pas les mêmes règles pour vous, ça devient très difficile.

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S’il trouve "scandaleux et infâme qu’on essaye de faire croire que tout le monde fait la même chose", François Bayrou n’a pas compris et accepté la tribune des présidents des groupes parlementaires de la droite et du centre demandant à la justice de ne pas prendre "en otage" l’élection présidentielle :

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Ça a des conséquences. Mais vous ne pouvez pas vous présenter devant les citoyens en disant que la justice ne doit pas entrer à l’Assemblée nationale ou au Sénat. Je trouve ça stupéfiant. Tout le monde serait soumis à la loi sauf ceux qui font la loi.

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Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, avait quant à lui dénoncé un "coup d’Etat institutionnel" de la part des patrons des députés et sénateurs LR et UDI.

#JeanLouisAvecNous

Après avoir noué une "alliance" avec François Bayrou dans sa marche vers l’Elysée, Emmanuel Macron obtiendra-t-il le soutien d’une autre figure tutélaire du centre, celle de Jean-Louis Borloo ? Le camp Macron l’espère et François Bayrou aussi. "Je trouverais ça très bien" que l’ancien président de l’UDI soutienne l’ancien ministre de l’Economie, a reconnu le patron du Modem. Et de développer :

 

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Je suis pour les rassemblements. On ne sortira pas des difficultés si on n’est pas capable de se rapprocher. Il y a des moments où la situation devient tellement grave, inquiétante, que si on peut sortir des chemins habituels pour proposer quelque chose d’inédit, je trouve que c’est bien.

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  • Jean-Christophe Cambadélis

#Hollande re-candidat ?

Petit coup de théâtre ce dimanche dans le JDD : la romancière Christine Angot exhorte François Hollande à se représenter à la présidentielle pour ne pas laisser la France "se désintégrer" et aller "dans le mur", face à l'extrême droite et à l'islamisme, lance-t-elle dans une lettre ouverte. "Vous ne pouvez pas laisser le pays se désintégrer (...) Vous ne pouvez pas quitter le navire comme ça. Pas en ce moment. Il faut que quelqu'un fasse quelque chose, et il faut que ce soit vous. Il n'y a plus que vous. Ayez le courage. Relevez le gant", écrit-elle encore.

Interrogé sur cette requête, Jean-Christophe Cambadélis n’a pas fermé la porte à un tel rebondissement tout en concédant qu’un retour de François Hollande dans le jeu élyséen lui paraissait improbable :

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Dans cette présidentielle où il se passe quelque chose toutes les semaines ou tous les jours, on ne peut rien exclure. Mais ce n’est pas le plus probable. Il faudrait des événements qui poussent à une nouvelle donne mais je ne les vois pas venir.

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Juste avant, le patron du PS, interrogé sur la campagne d’Emmanuel Macron, avait estimé que le renoncement de François Hollande était dû à la candidature du leader de En Marche, occultant la stratégie d’empêchement menée alors parallèlement par Manuel Valls :

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La sédition de monsieur Macron a joué énormément dans le retrait de François Hollande. Les conditions n’étaient plus aussi réunies qu’auparavant. Cela a handicapé et fait murir la réflexion pour François Hollande.

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#Cheval de Troie

L'alliance cette semaine de François Bayrou à Emmanuel Macron pour la présidentielle marque "une inflexion" de la part du leader d’En Marche, estime Jean-Christophe Cambadélis. Pour le patron du PS, Emmanuel Macron "avait fait un début de campagne à l'équilibre : un petit peu à gauche, un petit peu à droite, allant parfois jusqu'à Philippe de Villiers" et "là il a fait un choix : s'allier plutôt à François Bayrou qu'avec le Parti socialiste par exemple", a-t-il souligné.

Et d’estimer que l’ouverture de l’ancien ministre de l’Economie vers le patron du Modem était une manière de draguer la droite, pensant que François Fillon ne pourrait pas gagner :

 

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Parce qu'il pense que Fillon a perdu et que ses électeurs ne peuvent pas le suivre. Bayrou est le cheval de Troie pour essayer d'aller chercher les électeurs de centre-droit.

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  • Luc Chatel  

 

#ça exaspère les Français

Deux des principaux candidats à la présidentielle, François Fillon et Marine Le Pen, connaissent des soucis judiciaires. Le premier est visé depuis vendredi 24 février par une information judiciaire à la suite du Penelope Gate. Quant à la présidente du FN, convoquée par les autorités judiciaires dans l'affaire des assistants parlementaires FN au Parlement européen, elle a refusé se se rendre à la convocation de la police judicaire jusqu'aux élections législatives.

Interrogé sur BFMTV pour savoir si "ça lui posait problème" que deux des favoris soient inquiétés à deux mois de la présidentielle, le député LR de la Haute-Marne Luc Chatel a répondu en parlant au nom des Français. Il a déclaré : 

 

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Cela me pose un problème que ça monopolise nos débats depuis cinq semaines. Qu'on parle que de ça, ça commence à exaspérer les Français qui ne veulent pas qu’on confisque le débat démocratique.

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#Candidats à la présidentielle, arrêtez d'harceler les maires

Les "petits" candidats à la présidentielle ont lancé jeudi 23 février un appel aux maires des plus petites communes afin d’obtenir les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection, avant le 17 mars, 18 heures. Ce message en forme de SOS a été signé par six candidats, comme Philippe Poutou (NPA) ou encore l’ancien leader des Bonnets rouges, le Breton Christian Troadec. L'appel n’est pas du goût de Luc Chatel. Voilà ce qu’a dit le responsable LR à ce sujet :  

 

 

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La pluralité, elle est présente dans cette présidentielle (...). Je peux vous donner le témoignage d’un élu de terrain, j’ai 316 communes dans ma circonscription. Je peux vous dire que les maires sont exaspérés en ce moment du harcèlement, je dis bien du harcèlement dont ils sont victimes par tous les candidats. (…) Les maires sont libres, il faut les laisser décider il faut arrêter de les harceler. J'imagine mal qu’il y ait 27 candidats au premier tour de la présidentielle. Il faut qu’il y ait un débat serein, solide avec des gens qui représentent quelque chose. 

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Luc Chatel ne serait donc visiblement pas gêné qu'il y ait le même nombre de candidats à la présidentielle que lors de la primaire des Républicains, en novembre dernier.

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  • Yannick Jadot 

 

#Je pouvais facilement me présenter

L'accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot a été nettement approuvé par les militants EELV ce dimanche 26 février, avec presque 80 %. Le député européen écologiste ne sera donc pas candidat à la présidentielle et soutient le député socialiste des Yvelines. Pour autant, Yannick Jadot a assuré sur BFMTV qu'il ne s'était pas retiré parce que sa candidature ne dépassait pas les 2 % des sondages, précisant qu'il aurait pu facilement se présenter à la présidentielle, disposant du nombre de parrainages requis. Il a déclaré : 

 

 

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J’avais mes 500 signatures, j’ai aujourd’hui mes 500 signatures. Toutes les conditions de ma candidature étaient réunies. (…) Je ne me retire pas pour Benoît Hamon. Je rêverais que l’écologie politique pèse 20 % du corps électoral, 30 % et même je rêverais que ça fasse 50,1 % et qu’on gagne mais ce n’est pas ma réalité politique.

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De nombreux candidats moins connus aimeraient eux aussi avoir les 500 parrainages. Orphelins, ils attendent donc désormais de bénéficier à un autre candidat. 

 

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  • Gérard Larcher

#Inexcusable

Samedi, une manifestation qui a ressemblé samedi à Nantes entre 2.000 et 3.000 personnes pour protester contre la venue dimanche de Marine le Pen a été émaillée par des heurts faisant onze blessés parmi les forces de l'ordre. Huit personnes ont été interpellées dont quatre ont été placées en garde à vue, d'après le ministère.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a "condamné avec la plus grande fermeté les violences commises", dans un communiqué. Gérard Larcher, proche de François Fillon, a jugé ces heurts "inexcusables" :

 

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Nous faisons campagne. François Fillon va faire campagne cette semaine, entre Meaux, Nîmes, le salon de l’agriculture. Je constate que certains veulent l’empêcher de faire campagne. Tout comme on a empêché hier à Nantes Marine Le Pen de faire campagne. Je trouve ça inexcusable. Qu’est-ce qu’on dirait si des militants républicains ou centristes empêchaient monsieur Hamon de tenir une réunion ? C’est le temps de l’expression sereine. Les casseroles ne remplacent jamais un débat.

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#Retenue

Faut-il une "trêve judiciaire" pendant la campagne présidentielle ? Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice, a estimé ce dimanche que "rien ne le justifierait". Gérard Larcher, président LR du Sénat et proche de François Fillon, n’est pas du tout sur la même longueur d’ondes. Ainsi a-t-il répondu au garde des Sceaux, estimant que la justice devait faire preuve de "retenue" dans ses enquêtes sur François Fillon et le Front national, à moins de deux mois de l'élection présidentielle :

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J’aurais aimé qu’il nous parle de la présomption d’innocence bafouée ou du non-respect du secret de l’instruction. Il a une émotion sélective. Je dis que la démocratie nécessite non pas une trêve, mais une retenue.

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"Je vois un parquet qui est sous la pulsion, par nature la pulsion conduit à des décisions précipitées", a fait valoir le deuxième personnage de l'Etat, assurant qu'"immunité ne veut pas dire impunité".

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