Le multiplex politique du 9 octobre avec Urvoas, NKM, Copé, Montebourg, Mélenchon et Saint Just

Publié à 09h53, le 09 octobre 2016 , Modifié à 20h20, le 09 octobre 2016

Le multiplex politique du 9 octobre avec Urvoas, NKM, Copé, Montebourg, Mélenchon et Saint Just

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 9 octobre : Jean-Jacques Urvoas au Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos/iTélé, Nathalie Kosciuscko-Morizet dans Questions politiques sur France Inter/Franceinfo:/Le Monde, Jean-François Copé dans Punchline sur C8, Arnaud Montebourg dans Dimanche en politique sur France 3, Jean-Luc Mélenchon au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI et Wallerand de Saint Just dans 18h politique sur iTÉLÉ.

  • Jean-Jacques Urvoas


#Nouveau converti

Nicolas Sarkozy est très friand de référendums. Il vient encore de faire une proposition en ce sens, assurant que s’il était élu, il fera deux consultations référendaires sur le regroupement familial et l’internement des fichés S. Des référendums qui posent question d’autant plus qu’il s’est engagé depuis 2014 sur au moins huit propositions de référendum différentes. Ce qui n’a pas échappé au ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. "Je constate que depuis qu’il n’est plus président de la République, cette idée de faire des référendums est assez courante. Il en est à son huitième. Ça fait huit fois qu’il propose des référendums", raille le garde des Sceaux. Qui ajoute :

 

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C’est un nouveau converti. Pendant qu’il était Président, à ma connaissance il en a fait aucun. Mais peu importe. Je vais attendre qu’il soit le candidat de la droite pour voir si cette mesure va prospérer. Il est un lecteur attentif de la Constitution, il sait donc que techniquement (l'internement des fichés S, ndlr), ce n’est pas possible, en tout cas pas le 18 juin.

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"C’est une proposition pour faire parler car il est en perte de vitesse aujourd’hui", fustige encore Jean-Jacques Urvoas. Une critique partagée même au sein de LR, Bruno Le Maire s'étant dit "affligé" par ces propositions.

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  • Jean-François Copé


#TBT 2012

La question anime Les Républicains : les électeurs de gauche vont-ils venir en masse voter (pour Alain Juppé) à la primaire de la droite ? Nicolas Sarkozy et son camp dénonce cette possibilité, son coordinateur de campagne Gérald Darmanin allant même jusqu'à avertir les éventuels sympathisants de gauche que le parti aura leurs coordonnées après l'élection. Jean-François Copé, lui, s'en moque et considère que la logique ne consiste pas à appeler un camp ou un autre à venir voter mais à s'adresser à tous ceux qui veulent l'alternance.

Surtout, le député-maire de Meaux craint que ce discours de la Sarkozie ne soit une manière de contester le résultat final en cas de défaite à la primaire de l'ancien chef de l'État. Il dit :

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C'est un tout petit peu tard maintenant pour changer les règles du jeu. Tout à coup, tout le monde se réveille en fonction des derniers sondages pour savoir ce qui avantage qui. Je veux dire juste une chose : il ne s'agit pas que ça serve de prétexte pour contester le résultat final. J'espère que ça ne sera pas ça parce qu'alors ça serait pire que tout.

 

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Et Jean-François Copé d'expliquer qu'il a lui-même connu ça en 2012, lors de l'élection pour la présidence de l'UMP, point d'orgue de la guerre ouverte entre copéistes et fillonistes. "En 2012, tout à coup, du jour au lendemain, c'était tellement inimaginable que je puisse avoir gagné face à François Fillon qu'on est allé expliquer que j'avais triché. C'était totalement faux mais c'était une sorte de réflexe de mauvaise joueur", assène-t-il avant d'avertir :

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J'espère qu'on ne va pas recommencer comme ça cette fois-ci. Il y aura forcément un gagnant parmi les candidats et il appartiendra à tout le monde de se retrouver derrière lui. 

 

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#Explication de texte

Cité par Le Monde le 29 septembre, Jean-François Copé avait violemment attaqué Nicolas Sarkozy. "Vous, quand vous dépassez de 15 km/h la limitation de vitesse, vous êtes renvoyé devant le tribunal. Lui, il voudrait que vous l’élisiez pour ne pas aller au tribunal !", avait balancé le député-maire de Meaux.

Ce dimanche, Jean-François Copé se fait beaucoup moins violent, considérant que "cette phrase est un peu extrapolée". Il dit :

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La vraie phrase, la vraie idée que je défends, est la suivante : c'est celle de la vulnérabilité.

 

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Et Jean-François Copé d'expliquer que s'il avait été mis en examen, il n'aurait pas été candidat, pour ne pas offrir aux adversaires politiques de LR un terrain d'attaque plutôt aisé. "Je vois bien le risque de vulnérabilité dès lors qu'on est candidat et mis en cause par la justice face à madame Le Pen et monsieur Hollande qui n'attendent que ça", dit-il, expliquant qu'il ne s'agit pas là d'un argument personnel contre Nicolas Sarkozy mais d'un argument "de fond". 

  • Arnaud Montebourg

#La possibilité d’un dialogue

Entre la social-démocratie façon François Hollande et Manuel Valls et la gauche plus radicale façon Jean-Luc Mélenchon, le divorce semble consommé depuis belle lurette. Au point que le Premier ministre a évoqué "deux gauches irréconciliables". Et même si jean-Luc Mélenchon a refusé de participer à une primaire où il serait obligé de soutenir François Hollande en cas de victoire de ce dernier, Arnaud Montebourg ne lui jette aucune pierre. "J’ai beaucoup d’estime pour Jean-Luc Mélenchon", dit le candidat du "projet France" à la primaire du PS. Et d’ajouter :

 

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Il a choisi la radicalité, j’ai choisi la responsabilité et le rassemblement. Peut-être qu'il y a des éléments qui se recoupent, j'en suis même certain. Mais il y a aussi des éléments qui divergent.

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Une manière de justifier sa participation à la primaire du PS, à l’inverse du candidat du Parti de gauche à la présidentielle. Un candidat du Parti de gauche avec lequel Arnaud Montebourg "parle" et avec lequel il estime que "le dialogue est possible". Une perche lancée à l’égard de son ancien camarade socialiste ? "Ça fait partie des gens avec qui le dialogue est possible", répond-il donc sobrement.

#Deux euros de trop

Les électeurs de gauche doivent-ils participer à la primaire de la droite ? Le débat se pose aussi bien à droite qu’à gauche. Arnaud Montebourg, lui, a une idée bien arrêtée sur le sujet. "Je suis surpris d’entendre certains électeurs de gauche qui se déclarent désireux d’aller voter pour Alain Juppé", commence-t-il avant de dénoncer la forte proximité des programmes d’Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy :

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Je leur propose de lire le programme de monsieur Juppé, programme siamois de celui de monsieur Sarkozy.

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Surtout, Arnaud Montebourg ne veut pas que des électeurs de gauche payent les deux euros par tour nécessaires pour participer à cette primaire de la droite. De l’argent jeté par la fenêtre en somme, selon lui, puisque ces électeurs, en plus de renflouer les caisses du parti de droite, payeraient "cash" "leur déception" :

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Les électeurs de gauche qui vont aller voter pour monsieur Juppé pour ce programme-là, ils vont devoir payer deux euros pour le parti Les Républicains. Ils vont payer par avance leur déception, ils vont la payer cash.

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  • Jean-Luc Mélenchon

#Révolutionnaire pacifique

Jean-Luc Mélenchon se présente comme un candidat “révolutionnaire”. Mais ne croyez pas qu’il veut prendre le pouvoir par les armes. Le candidat de "la France insoumise" à l’élection présidentielle de 2017 veut "une révolution pacifique et démocratique" car les révolutions violentes : 1. n’en sont pas. 2. ne marchent pas. Il théorise ainsi sa vision révolutionnaire :

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Je ne crois qu’à ça (la révolution pacifique, ndlr). Je crois que les autres n’en sont pas. Les autres stratégies qui incluent la violence ou la violence armée sont toujours des échecs. Ce n’est pas que j’inclinerais une espèce de douceur naturelle. Ce n’est pas le sujet. C’est que ça ne marche jamais. Les premiers morts sont les nôtres. Nous ne sommes jamais armés comme il le faut et autant qu’il le faudrait.

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Il poursuit, réaffirmant qu’il ne "prône aucune violence" :

 

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C’est réaliste et j’en décris la méthode. Je crois en la révolution citoyenne. Je propose une stratégie révolutionnaire pacifique et démocratique. C’est-à-dire la convocation d’une assemblée constituante qui permette au peuple de définir lui-même les règles du jeu de l’organisation politique.

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#Corruption

Décidément, le mouvement qui veut qu’une partie de l’électorat de gauche se déplace pour voter à la primaire de la droite déplaît. Elle déplaît à Nicolas Sarkozy, elle déplaît à Jean-Christophe Cambadélis pour qui ce serait un peu faire le jeu du FN, elle déplaît également à Jean-Luc Mélenchon. L’ex candidat à la présidentielle de 2012 fustige donc ces électeurs qui sont devenus "plus cyniques que les candidats". Il condamne donc cette tendance et évoque "une corruption générale de l’esprit et de la morale civique" :

 

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Les électeurs deviennent plus cyniques que les candidats. Voilà qu’on apprend qu’il y a des gens de gauche qui, parait-il, vont aller voter à la primaire de droite pour choisir le candidat de droite après avoir signé un papier où ils se déclarent de droite et du centre alors qu’ils n’en pensent pas un mot et qu’ils ne sont pas de ce côté-là. Il y a une corruption générale de l’esprit et de la morale civique que je condamne.

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  • Nathalie Kosciusko-Morizet

#Vive l'ISF

Le projet fiscal de  NKM est pour le moins ambitieux, la candidate à la primaire envisageant notamment la mise en place d'un revenu universel de 470 euros versé chaque mois, à tous les Français en contrepartie d'une suppression des niches fiscales, une hausse de la CSG, une généralisation de l'impôt sur le revenu avec la mise en place d'une flat tax d'environ 20%, etc. La députée de l'Essonne base son projet sur une idée de "cohésion sociale". "Chacun a le sentiment que l'autre gagne plus que lui. Chacun a le sentiment qu'il paye plus que ce qu'il reçoit. Chacun a le sentiment, finalement, qu'il se fait avoir", dit-elle.

La "cohésion", certes, mais pas au sein du parti Les Républicains puisque, contrairement aux autres candidats à la primaire, NKM refuse de supprimer l'impôt sur la fortune. Elle lance :

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Cette promesse qui est celle de la droite depuis longtemps [de supprimer l'ISF, NDLR], jamais ou très peu tenue, elle n'est pas très peu tenue pour rien parce que l'ISF, c'est très symbolique. On ne le supprime pas comme ça et je préfère, moi, le réformer pour en faire une obligation d'investissement mais je trouve normal que, sur les hauts revenus, il y ait quelque chose de différent, quelque chose de plus qui soit de l'ordre de l'obligation d'investissement.

 

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  • Wallerand de Saint Just

#Être un trésorier, c'est pas si facile

Wallerand de Saint Just, en tant que trésorier du Front national, est forcément au cœur de l'affaire qui touche le parti présidé par Marine Le Pen. Le 6 octobre, le FN et deux de ses dirigeants, Wallerand de Saint Just donc, et un de ses vice-présidents Jean-François Jalkh, ont été renvoyés en correctionnelle dans l'enquête sur des soupçons d'enrichissement frauduleux du parti lors des campagnes législatives et présidentielle de 2012.

Su iTÉLÉ, reprenant les mots lancés par la journaliste Audrey Pulvar, Wallerand de Saint Just assure garder la tête haute et les mains propres dans cette affaire. Il ajoute :

 

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La vie en société, la société française est devenue extrêmement compliquée. La vie dans les partis politiques, des candidats, est devenue elle-aussi, extrêmement compliquée. Trésorier d'un parti, c'est un métier dangereux. J'ai 40 ans d'expérience d'avocat. Les juges veulent faire juger cette affaire. On pourra s'expliquer publiquement. 

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#Pas votre affaire

La demande a été formulée par plusieurs maire de droite et du FN,comme le rappelle le JDD ce dimanche 9 octobre, mais Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, s'y oppose : non, il ne transmettra pas aux maires les noms des fichés S de leurs communes. Une position que valide Wallerand de Saint Just. Il dit :

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Certains maires demandent une trop grande responsabilité. Il faut qu'ils fassent attention à leurs demandes car ce ne sont pas du tout des mesures de police administratives que fait généralement un maire. Ce sont des mesures de police extrêmement pointues, extrêmement difficiles à gérer.

 

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Et le trésorier du FN d'estimer que "ces fiches S ce sont des fiches de police qui alimentent un fichier de police préventif, de recherche, qui permet à la police de faire son travail". "Est-ce que les maires doivent être mis dans le circuit, dans la confidence ? Ils devraient, ces maires, regarder à deux fois avant de le demander", ajoute-t-il.

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