Le plaidoyer anti "politique-fiction" de Marylise Lebranchu

Publié à 10h04, le 21 avril 2016 , Modifié à 10h06, le 21 avril 2016

Le plaidoyer anti "politique-fiction" de Marylise Lebranchu
Marylise Lebranchu © Montage Le Lab via Public Sénat

RÉALITÉ > FICTION - François Hollande sera-t-il empêché ? Et s'il démissionnait pour se représenter illico ? Emmanuel Macron veut-il devenir calife à la place du calife ? Y a-t-il un "baron noir" ou un Franck Underwood dans la salle ? Autant de questions (mais ce ne sont pas les seules) qui agitent *un tout petit peu* les médias et la classe politique ces derniers temps. Mais pas Marylise Lebranchu.

La députée PS du Finistère et ancienne ministre de la Fonction publique aimerait beaucoup qu'on se focalise sur la réalité et non la fiction, qu'on passe du conditionnel à l'indicatif. Sur Public Sénat et Sud Radio, jeudi 21 avril, Marylise Lebranchu fait donc un gros plaidoyer contre cette tentation de la "politique-fiction", dont elle reconnaît volontiers qu'elle est "alimentée" par les politiques eux-mêmes, et non par les seuls journalistes.

Interrogée sur le cas de François Hollande (à savoir s'il pourra, ou non, prétendre à sa réélection en 2017), elle évacue le sujet et déroule son argumentaire pro politique du réel :

- Marylise Lebranchu : Moi, c'est pas mon sujet. Alors là, je suis parfaitement pas langue de bois : moi je suis inquiète pour mon pays. Qu'on passe le matin, le midi, l'après-midi, le soir, à se demander si la personne qui est président de tous les Français - y compris de vous-même... [elle ne finit pas sa phrase]. Cette personne est président des Français, elle est la France à l'étranger, elle est la France en Europe.



- Journaliste : Mais c'est important de savoir ce qu"il va faire...



- Marylise Lebranchu : Eh bien c'est important de savoir ce qu'il fait et pas ce qu'il va faire. Parce que la politique-fiction en disant 'on verra dans un an', 'on verra dans deux ans'... Sauf que y'a des choses qui se règlent quasiment quotidiennement.



- Journaliste : Une politique fiction alimentée par les politiques quand même, souvent.



- Marylise Lebranchu : Alimentée par les politiques, je vous l'accorde. Il serait peut-être temps qu'on change de génération de politiques et qu'on se modernise. Parce que les jeunes politiques sont souvent archaïques dans leurs comportements, aussi, de starisation. Tout le monde, toute la classe politique - je me mets pas à part parce qu'on est tous pareils - on fait attention à son image, on fait attention à ce qu'on va dire, pas dire, la façon de sortir un peu de la masse. Moi, je pense que les politiques ont aussi à se regarder sur pourquoi on en est à la politique-fiction tout le temps, c'est peut-être parce qu'on l'alimente. Moi, je pense que l'action aujourd'hui, demain matin, du président de la République est essentielle pour la France et pour les Français, et pas forcément ce qui va être décidé pour 2017.

Mais l'avenir incertain du chef de l'État n'est pas le seul sujet de spéculations journalistico-politiques. Il y a aussi, par exemple, les ambitions d'Emmanuel Macron. Que cherche vraiment le ministre de l'Économie avec son mouvement "En Marche" qui, de son propre aveu, travaille à un "projet présidentiel" ? Là encore, ça n'intéresse pas trop Marylise Lebranchu, qui reprend le fil de sa pensée :

 

Moi, je crois qu'un politique doit être dans la responsabilité de ce qu'il a à faire au jour le jour. [...] Ce qui m'embête, c'est qu'on n'est jamais dans ce qui va se passer, on est dans ce qui pourrait se passer 'si', etc., 'dans quelques mois'... Les Français que je rencontre, moi, ne supportent plus ce petit jeu-là.

Du rab sur le Lab

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