Le plaidoyer de Rachida Dati pour moins de "brutalité" et de "surenchère" dans le débat d'idées chez Les Républicains

Publié à 21h15, le 06 juillet 2015 , Modifié à 21h26, le 06 juillet 2015

Le plaidoyer de Rachida Dati pour moins de "brutalité" et de "surenchère" dans le débat d'idées chez Les Républicains
Rachida Dati © JOEL SAGET / AFP

NON-VIOLENCE - Rachida Dati revendique une certaine liberté de parole. Depuis plusieurs mois, l'ancienne ministre de la Justice joue sa petite partition, souvent à contre-courant des positions majoritaires au sein de son parti, Les Républicains. Souvent, aussi, en égratignant Nicolas Sarkozy. Mardi 7 juillet, elle appelle sa "famille politique" à arrêter la "surenchère", notamment sur les questions d'immigration.

Elle le fait - et ce n'est pas anodin - par le biais d'une longue interview à Libération (article payant). Et le ton est donné dès la première question, qui porte sur les "débats décomplexés et sans tabous" prônés à droite. Elle dit :

 

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Parler clairement ? D’accord. S’attaquer au politiquement correct ? Très bien. Mais cela ne doit pas être dans la brutalité. Je veux bien qu’on se dise décomplexé, mais cela n’autorise ni l’injure ni la stigmatisation. Car toute personne se sentant stigmatisée ou brutalisée devient sourde au dialogue et refuse tout débat.

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Elle rejette notamment les débats sur le droit du sol ou le menu unique dans les cantines scolaires ; considère que celui sur la laïcité et "la place des religions dans notre État laïc" doit avoir lieu mais que "le contexte national et international", "sensible", "génère des peurs" ; estime que la discussion sur le "communautarisme" devrait être plus "nuancée" et porter sur "le prosélytisme". Nicolas Sarkozy devrait apprécier.

Pour éviter le piège de la stigmatisation, l'eurodéputée développe :

 

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Je souhaite que ma famille politique trouve les mots pour s’adresser aux étrangers légalement installés en France depuis des décennies. Ceux qui participent au rayonnement de la France paient leurs impôts et participent à la vie locale, tout en ayant gardé leur nationalité d’origine. À entendre certains discours, l’étranger est nécessairement un musulman intégriste, un migrant clandestin, un délinquant ou un allocataire de l’aide médicale d’État.Des millions de personnes sont choquées par ces raccourcis racistes. On les renvoie aux frères Kouachi et à d’autres dingues qui assassinent. On leur dit : 'Vous avez vu ce qu’ont fait les vôtres.' On leur demande de défiler sous le slogan 'not in my name', pour bien être sûr qu’ils ne sont pas des leurs. Mais dans quelle société sommes-nous ?

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Et d'asséner que cette "surenchère" ne présente "même pas" d'avantage électoral face au FN :

 

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Regardez les sondages sur les régionales. Ils montrent que la surenchère ne nous profite même pas ! A ce petit jeu, le FN sera toujours 'meilleur'. Les Français n’attendent pas de nous que l’on soit une caisse de résonance de leurs angoisses.

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"Notre rôle, c’est d’être à l’écoute des angoisses des Français et de fixer un cap pour redonner espoir, conclut-elle. Pas de les maintenir dans leurs angoisses."





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