Le porte-parole de LR dézingue Nuit debout et accuse Cazeneuve d’incarner le "laxisme d’Etat"

Publié à 16h17, le 19 avril 2016 , Modifié à 16h17, le 19 avril 2016

Le porte-parole de LR dézingue Nuit debout et accuse Cazeneuve d’incarner le "laxisme d’Etat"
Guillaume Peltier, porte-parole de LR © JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

Outre l’épisode Finkielkraut, la gauche est plutôt bienveillante envers Nuit debout. Pendant l’émission Dialogues citoyens, le 14 avril, François Hollande a trouvé "légitime" que des jeunes puissent s’exprimer, en disant à demi-mots qu’il préférait cela à un engagement au FN. A droite en revanche, hormis l’outsider Nathalie Kosciusko-Morizet, on ne trouve pas du tout son compte dans ce mouvement : ici, Jean-François Copé trouve Nuit debout "pathétique" ; là, Bruno Le Maire suggère aux jeunes de "s'engager en politique" plutôt "que de palabrer".

Bref, pas un jour ne se passe sans que la droite dénonce ces manifestations. Ce 19 avril, c’est au tour de Guillaume Peltier de dézinguer Nuit debout sur le plateau de Boursorama. Le porte-parole de LR développe une diatribe en deux parties.

Premier argument : on est en état d’urgence, et donc manifester tous les soirs devrait être interdit, selon lui. Guillaume Peltier en profite donc pour dénoncer le "laxisme" du gouvernement et en particulier de Bernard Cazeneuve :

 

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D’abord, le laxisme incroyable d’un gouvernement aux abonnés absents. Toute la journée, on nous rappelle à juste titre qu’on est en état d’urgence et on permet à quelques petites centaines de manifestants... Que de temps à autres, on permette de manière encadrée, de manière exceptionnelle, des grandes manifestations, ça c’est un droit fondamental. Mais là, c’est systématique, c’est tous les jours, c’est toutes les nuits. Il y a quand même des violences qui sont commises autour, chaque soir. Regardez les communiqués de la préfecture de police de Paris... [Il ne finit pas sa phrase] Un ministre de l’Intérieur qui incarne le laxisme d’Etat

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Deuxième argument avancé par Guillaume Peltier pour dézinguer Nuit debout : les jeunes, qu’il veut qu’on appelle "militants", ne représentent pas la jeunesse, mais "tout le contraire", selon lui. Il lance :

 

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C’est l’inverse de la jeunesse de France. La jeunesse de France, ce sont ces millions de gens qui se lèvent tôt le matin, qui ont fait le choix de l’apprentissage, de l’entreprise, de la création d’entreprise, de l’agriculture, qui ne manifestent jamais, qui n’expriment jamais leur colère et qui essaient tout simplement, à la hauteur de leur dignité individuelle et d’une aventure collective qu’est la France, de penser et d’édifier une France debout. [...]



Moi ce qui me choque dans cette infime partie de la jeunesse qui est profondément conservatrice, bourgeoise et parisienne, c’est quand j’entends le droit au salaire à vie, le droit à un logement automatique. Mais dans quel monde sont-ils nés ?! N’ont-ils toujours pas compris que c’est à force d’effort, de travail et de mérite qu’on finit par acquérir une dignité supplémentaire ? N’ont-ils toujours pas compris que la valeur du travail est une valeur d’épanouissement fondatrice et fondamentale de la dignité humaine. Et donc voilà, ce sont probablement quelques fils de bourgeois égarés. [C’est] un mai 68 microscopique avec 60 ans de retard.

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Guillaume Peltier, 39 ans, connaît bien la jeunesse… mais pas la même que celle, plutôt de gauche, qui participe au mouvement Nuit debout. Avant d’adhérer à l’UMP en 2009, il a été membre du Front national de la jeunesse, puis responsable des jeunes du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers.



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