Le revirement du revirement : le gouvernement maintient finalement sa proposition de déchéance de la nationalité

Publié à 11h49, le 23 décembre 2015 , Modifié à 12h08, le 23 décembre 2015

Le revirement du revirement : le gouvernement maintient finalement sa proposition de déchéance de la nationalité
François Hollande renonçant à son renoncement. © AFP.

SURPRISE DU CHEF - Depuis quelques jours, l’exécutif semblait préparer l’opinion à un revirement sur la déchéance de nationalité, proposée par François Hollande lors de son allocution post-attentats au Congrès de Versailles. Un recul déjà salué à gauche et très décrié à droite (qui avait pourtant reculé sur le même sujet en 2011).

Et patatras, surprise du chef, le revirement du revirement. Ce mercredi 23 décembre, la déchéance de la nationalité des binationaux nés Français, lors qu'ils ont été condamnés définitivement pour terrorisme, réforme simplement "symbolique" et hautement explosive pour la majorité, figure finalement bel et bien dans le texte de réforme constitutionnelle présentée par François Hollande et Manuel Valls en conseil des ministres, comme le confirme des sources gouvernementales à l'AFP.

 

S'exprimant à la sortie du conseil des ministres, Manuel Valls a confirmé cette décision :

 

Le gouvernement a décidé de soumette au Parlement l'extension de la déchéance de nationalité à tous les binationaux

 

Et le Premier ministre de préciser : "Le gouvernement et le président de la République ont décidé de suivre en conscience l'avis du Conseil d'État point par point sur le sujet."

Maintenir cette proposition devrait permettre à la droite de voter la réforme constitutionnelle. Mais quid de la gauche, plus que gênée aux entournures sur cette question ?

Christiane Taubira, ministre de la Justice, avait pourtant expliqué son opposition à la déchéance de nationalité et même annoncé le recul du gouvernement sur le sujet, mardi, à un média algérien. Quelques jours plus tôt, c'est Manuel Valls en personne qui préparait ce renoncement.

Une décision qui va faire criser au sein même de la majorité socialiste, et pas uniquement à la gauche du gouvernement. Mais un joli cadeau de Noël empoisonné fait à l'opposition, dont le principal angle d'attaque contre la révision de la Constitution tombe à l'eau. 

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