Législatives : Gérard Collomb craint que l'affaire Ferrand n'ait le même effet que la TVA sociale de Borloo en 2007

Publié à 07h03, le 31 mai 2017 , Modifié à 08h06, le 31 mai 2017

Législatives : Gérard Collomb craint que l'affaire Ferrand n'ait le même effet que la TVA sociale de Borloo en 2007
Gérard Collomb © PHILIPPE DESMAZES / AFP

BRÈVE DE CAMPAGNE - L'épisode est réputé avoir coûté de nombreux sièges à la droite aux élections législatives de 2007. Sur France 2 en plein entre-deux-tours de ce scrutin qui suivait la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, le socialiste Laurent Fabius avait poussé le nouveau ministre de l'Économie, Jean-Louis Borloo, à évoquer une hausse de la TVA après l'élection de la nouvelle Assemblée nationale. La sujet avait occupé ensuite toute la campagne, savamment utilisé par le PS. Et si l'UMP avait tout de même obtenu la majorité, de nombreux cadres du parti du chef de l'État avaient pointé les dommages dans l'opinion causés par Borloo, qui avait d'ailleurs été exfiltré vers le ministère de l'Écologie trois jours après le second tour... Et si, 10 ans après, l'affaire Ferrand avait le même effet ? C'est ce que craint Gérard Collomb.

Cité par Le Canard Enchaîné mercredi 31 mai, le ministre de l'Intérieur peste contre les "retours de terrain très mauvais" devant les révélations qui se succèdent au sujet de son collègue Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires. Le premier flic de France, ami intime d'Emmanuel Macron, pense même que son maintien au gouvernement, encore entériné mardi soir au JT par le Premier ministre Édouard Philipe, pourrait coûter cher à La République en marche les 11 et 18 juin prochains. Le Canard écrit ainsi :

Collomb, qui affirme que des dizaines de circonscriptions vont se jouer à 1 ou 2 points près, parle même du risque d'un effet équivalent à celui de la 'TVA sociale de Borloo'.

 

Or, si Jean-Louis Borloo fait souvent l'objet de compliments et qu'être comparé à lui est plutôt jugé élogieux, cette histoire de TVA sociale est peut-être le seul cas dans lequel aucun responsable politique n'aimerait être mis sur le même plan que lui.

Gérard Collomb ne fait ici que reprendre une idée largement répandue : en défendant coûte que coûte et dès les débuts du quinquennat un ministre empêtré dans les soupçons de conflit d'intérêts et de "mélange des genres", Emmanuel Macron et Édouard Philippe se tirent une balle dans le pied et mettent leurs candidats en danger sur le terrain. D'autant plus qu'ils se sont présentés en champion de la moralisation de la vie politique, avec une première grande loi à ce sujet dont la présentation, qui devait intervenir avant les législatives, a finalement été repoussée à l'entre-deux-tours.

Il semblerait en tout cas que tout le gouvernement ne soit pas à l'unisson pour défendre leur collègue, ce très proche du chef de l'État qui a aussi été le premier secrétaire général d'En marche !...

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