Législatives : l’ancien patron du FN belge, multi-condamné, est suppléant d’un candidat des comités Jeanne

Publié à 16h21, le 30 mai 2017 , Modifié à 16h25, le 30 mai 2017

Législatives : l’ancien patron du FN belge, multi-condamné, est suppléant d’un candidat des comités Jeanne
© YURI KADOBNOV / AFP

Il n’est jamais trop tard pour se reconvertir. Daniel Féret en est le parfait exemple. À 72 ans, l’ancien médecin a été investi par les comités Jeanne de Jean-Marie Le Pen comme suppléant de Cyril Dieumegard dans la circonscription de Saint Barthélemy et Saint Martin (Collectivités d’Outre-mer). Mais Daniel Féret ne fait pas ses premiers pas en politique. Car avant cela, il a été député européen (de 1994 à 1999) et président autoproclamé "à vie" du Front national… belge.

Auprès du Lab, Lorrain de Saint Affrique, secrétaire général des comités Jeanne, confirme qu’il s’agit bien du même Daniel Féret. Cet intime de Jean-Marie Le Pen, qui a interrompu une vidéo de la Marseillaise pour nous répondre au téléphone, s’empresse de tuer la polémique : "Toutes les attaques dont il a fait l’objet n’ont mené qu’à des relaxes".

Sauf que Daniel Féret, qui a milité dans plusieurs mouvements d’extrême droite dans sa jeunesse (Restauration nationale, proche de l’OAS, puis Jeune europe, un mouvement néo-fasciste), a bien fait l’objet de plusieurs condamnations : en 1987 pour faux certificat médical, en 2006 pour incitation à la haine raciale et en 2008 pour fausses signatures de parrainage pour le dépôt des listes FN.

Ce qui ne pose aucun problème à Lorrain de Saint Affrique. Il balaie :

Il est le suppléant d’un candidat excellent, il est sous sa responsabilité. [...] On verra où ça mène.

Par ailleurs, "je sais pas du tout ce que c’est, 'incitation à la haine raciale'", poursuit-il. Il assure que "cette condamnation ne [lui] pose pas de problème".

De nouveau éligible depuis un an après sa condamnation de 2006, Daniel Féret a donc choisi les comités Jeanne pour revenir en politique. Ce qui ne semblait pas évident il y a encore un an et demi. Cité par Objectif Gard dans un article de septembre 2015, le médecin critiquait allègrement Jean-Marie Le Pen, qui lui avait d’ailleurs interdit d’utiliser son logo :

Jean-Marie Le Pen a besoin de courtisans. Sur l’Europe, on n’est pas du tout d’accord. C’est un impérialiste français. Je suis un nationaliste européen. Je suis pour une grande Europe qui s’étendrait jusqu’à la Russie.

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