L'Élysée désavoue l'ami de Hollande selon qui il "va probablement soutenir Macron"

Publié à 09h17, le 15 janvier 2017 , Modifié à 20h16, le 15 janvier 2017

L'Élysée désavoue l'ami de Hollande selon qui il "va probablement soutenir Macron"
Silencieux jusqu'ici, Hollande soutiendra-t-il Macron pour la présidentielle ? © AFP

NOT IN OUR NAME - C'est évidemment la phrase du week-end. Dans Le JDD dimanche 15 janvier, un ami intime de François Hollande, l'avocat Dominique Villemot, flingue la primaire organisée par le PS et vante la campagne de celui qu'il soutient à titre personnel : Emmanuel Macron. Surtout, il assure que le chef de l'État lui-même, s'il ne prendra pas position dans cette affaire avant un moment, s'apprêterait lui aussi à adouber son ancien ministre de l'Économie.

Dominique Villemot explique ainsi :

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Pour l'heure, le Président pointe le doigt sur les dangers des programmes de Fillon et de Le Pen, et ne soutient personne dans cette primaire. Il se prononcera fin février ou début mars. Mais François Hollande va probablement soutenir Macron.

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"Je ne vois pas quel autre candidat il pourrait soutenir", enfonce ce proche du Président qui accuse le PS de ne pas avoir vraiment "aidé" Hollande, jusqu'à ce que ce dernier renonce à se présenter à sa réélection (ce dont il nourrit publiquement des regrets aujourd'hui). Ou comment plaider pour que le chef de l'État, ancien patron du PS, préfère au candidat désigné par son parti celui qu'il a lancé en politique puis l'a quitté pour jouer sa carte personnelle (tout en restant bien à l'écart de Soflérino). On imagine l'état du Parti socialiste après une telle décision. 

Des propos largement repris dans la presse et qui ont d'autant plus de force que François Hollande est resté muet sur les divers candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire. Son ancien Premier ministre Manuel Valls mais aussi Vincent Peillon y concourent pourtant, tous deux revendiquant la défense du bilan du quinquennat, condition nécessaire (mais peut-être pas suffisante...) à un soutien présidentiel.

Et il fallait s'y attendre : ces déclarations reçoivent un accueil plutôt frisquet du côté de l'Élysée. Auprès du Lab, la présidence rejette sans surprise toute responsabilité dans cette sortie de Dominique Villemot. "Il est seul responsable de ses propos", dit-on, ajoutant :

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Il ne parle pas avec l'aval de l'Élysée, il n'est pas le porte-parole de la présidence et nous ne sommes pas en contact avec lui.

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Répétant que Dominique Villemot "n'est mandaté par personne pour s'exprimer", le Château s'étrangle de voir qu'"il tente de faire croire le contraire" et "raconte n'importe quoi" au passage.

[Edit 11h25]

Auprès d'Europe 1 dans la matinée, Dominique Villemot tient d'ailleurs à "démentir ce qui est écrit dans Le JDD". Il affirme :

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Contrairement à ce que laisse entendre 'Le JDD', le Président ne m'a jamais dit qu'il soutiendrait Emmanuel Macron. Je démens donc formellement ce qui y est écrit. 

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Suite à quoi Le JDD a rapidement réagi, par un article contestant ce démenti. L'hebdomadaire révèle également ce SMS que leur a envoyé Dominique Villemot dans la matinée : "Le Président me demande de faire un démenti." C'est donc François Hollande lui-même qui est intervenu pour calmer le jeu. 

Le JDD écrit par ailleurs :

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Le 'démenti' de Dominique Villemot n’a pas lieu d’être. Le service politique du JDD a eu plusieurs conversations avec lui vendredi et samedi. Il a pu relire ses propos et a validé par téléphone, samedi en début de soirée, le texte intégral que nous avons publié.



Nous n’avons aucunement laissé entendre qu’il s’exprimait au nom de François Hollande mais nous avons souligné sa proximité notoire avec le chef de l’Etat, qu’il a d’ailleurs revendiquée devant nous.



Le JDD maintient l’intégralité de ses informations et certifie à ses lecteurs que les propos que nous avons attribués à monsieur Villemot sont conformes à ceux qu’il a tenus et accepté de rendre publics. Nous comprenons qu’ils puissent susciter de l’émoi à l’Elysée et dans l’entourage de François Hollande, mais nous ne pouvons accepter pour autant que le sérieux du travail de nos journalistes soit mis en cause.

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