Les 5 références de Hollande à Sarkozy durant son interview sur RTL

Publié à 10h51, le 19 octobre 2015 , Modifié à 13h11, le 19 octobre 2015

Les 5 références de Hollande à Sarkozy durant son interview sur RTL
François Hollande sur RTL le 19 octobre 2015. © RTL

"Je me souviens d'un de mes prédécesseurs... " - Lors de son interview sur RTL ce 19 octobre, François Hollande n'était pas tout à fait seul dans le studio. Il était venu avec un autre homme politique, présent en creux tout au long de l'interview : Nicolas Sarkozy.

Si le président de la République n'a jamais nommé directement son prédécesseur, il a fait référence à Nicolas Sarkozy ou à son bilan à cinq reprises durant l'entretien. Toujours pour le dézinguer.

 

#Casse toi pauv' con

Cette référence-là est facile. Interrogé sur ce syndicaliste CGT qui a refusé de lui serrer la main le 13 octobre lors de la visite d'un chantier à Saint-Nazaire, François Hollande dresse un parallèle entre son comportement - il n'a rien dit - et celui de Nicolas Sarkozy - auteur du désormais célèbre "casse toi pauv' con" :

 

Je considérais que j’étais dans une grande entreprise où j’ai été reçu par l’ensemble des salariés avec plus que de la politesse, de la chaleur. Un syndicaliste vient me parler d’une autre entreprise, Air France. Il préfère ne pas me serrer la main.



Je vais m’en aller ? Je vais prononcer une phrase - vous savez il y en a eu - qui pourrait être regardée comme vulgaire ou grossière ? Surement pas.



Moi, je le regarde en face. Il veut me parler, qu’il me parle. Il ne veut pas me serrer la main, tant pis pour lui.

 

 

#Patrons voyous

Autre référence, quasiment dans la foulée, à une expression de Nicolas Sarkozy, prononcée sur TF1 dans l'émission Paroles de candidat en mars 2012. Interrogé par un syndicaliste, le Président-candidat d'alors avait déclaré :

Le patron voyou doit être traité comme un voyou. (...) Quand on est voyou, c'est encore pire d'être un voyou du haut de l'échelle par rapport à un voyou du bas de l'échelle.

De son côté, interrogé sur la situation à Air France et sur l'attitude la direction qui veut supprimer 2.900 postes, François Hollande lance sur RTL ce 19 octobre :

 

Il peut y avoir des décisions brutales – on en a à l’esprit - commises par des patrons qui partent du jour au lendemain, fuient à l’étranger, ce n’était pas le cas d’Air France. Des patrons qui se comportent mal il y en a heureusement assez peu, mais ça peut arriver. Je me souviens d’ailleurs d’un de mes prédécesseurs qui avait parlé de "patrons voyous", j’ai pas utilisé cette expression.

 

 

#Réforme des retraites

Alors que le patronat et trois syndicats ont trouvé un accord de principe sur les retraites complémentaires, François Hollande est interrogé sur le décalage qui existe toujours entre les régimes spéciaux et les salariés du privé. La faute à qui ? A Sarkozy :

 

[S'adressant à François Lenglet qui lui pose la question] Vous venez de confirmer qu’une réforme, celle qui nous a été présentée il y a six ou sept ans, n’a pas donc porté ses fruits ? Vous me le confirmez ? Donc les régimes spéciaux, dont on nous avait dit qu’ils avaient été réformés, n’ont pas modifié les mécanismes.

François Hollande ajoute que le rapprochement entre régime général et régimes spéciaux doit se faire progressivement grâce à la réforme votée à ce sujet en 2014.

 

 

#Suppression des corps intermédiaires

C'est la marotte de Nicolas Sarkozy qui considère que les corps intermédiaires, comme les syndicats, sont un frein à l'action publique. A l'aune d'une nouvelle conférence sociale, François Hollande dénonce cette idée. Quand son intervieweur lui demande s'il ne faudrait pas discuter directement avec les salariés, comme le préconise le patron de Les Républicains, le chef de l'Etat répond :

 

Je ne parle pas ici de propositions d’un certain nombre de personnalités qui étaient au pouvoir et qui ne se sont pas lancées dans ce type d’aventure. Quand il n’y a plus de représentants nulle part, vous discutez avec qui ? (…) Nous avons besoin d’un corps syndical identifié, ce qu’on appelle les corps intermédiaire.

Et d'ajouter que seuls "les plus démagogues" préconisent de supprimer les organisations syndicales.

 

 

#Effectifs de police

"Je ne vais pas revenir sur le passé..." Encore un bien bel exemple de prétérition de la part de François Hollande dans la dernière partie de l'émission. Interrogé par un auditeur sur les moyens accordés aux forces de police, il revient sur la baisse des effectifs décidée en 2010. Il généralise à l'ensemble du mandat de Nicolas Sarkozy - toujours sans le citer - où "les actes ne suivaient pas le discours" :

 

Je vais pas revenir sur le passé, des crédits ont été supprimés pour la police et on en voit des conséquences ces années où, de 2007 à 2012, il était tenu un discours et où les actes ne suivaient pas. Nous sommes en face aujourd’hui de délinquants qui ont des armes, les utilisent et deviennent des criminels. (…) Nous avons décidé avec Manuel Valls et Bernard Cazeneuve de lutter contre les trafics d’armes.  (…) Et de doter la police de nouveaux moyens.

 

Bilan des courses : cinq rappels de Sarkozy en une heure, soit un Sarkozy toutes les 12 minutes.

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