Les chanceux et les oubliés du discours de Manuel Valls au congrès du PS à Poitiers

Publié à 14h10, le 06 juin 2015 , Modifié à 16h37, le 06 juin 2015

Les chanceux et les oubliés du discours de Manuel Valls au congrès du PS à Poitiers
© MEHDI FEDOUACH / AFP

NAME DROPPING - Il y avait, avec François Hollande, le président des bisous. Il y a, avec Manuel Valls, le Premier ministre des câlins.

Lors de son attendu discours au congrès du PS à Poitiers, ce samedi 6 juin, Manuel Valls a joué la carte de l’unité et du rassemblement. Avec une bonne grosse dose de name dropping de nombre de ses ministres qui ont ainsi eu droit à leur hommage primo-ministériel accompagné des applaudissements nourris de la salle plénière du Parc des Expositions de Poitiers. Le Parti socialiste se divise donc, dans les yeux de Manuel Valls, en deux catégories : les chanceux et les oubliés.

 

  • Les chanceux

Après avoir salué l’ensemble des élus présents au premier rang devant la tribune, claquant même la bise à la frondeuse Marie-Noëlle Lienemann, Manuel Valls a clos la matinée de discours de ce samedi à Poitiers pour le congrès du PS. Le discours le plus attendu avec celui, dimanche 7 juin, de l’adoubé Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis.

Après un début de discours à mi-chemin entre le bilan de son action primo-ministérielle et un cours de géopolitique, Manuel Valls a commencé par saluer et faire applaudir l’action de Laurent Fabius et de Jean-Yves Le Drian en matière de terrorisme. Le tout après avoir cité François Mitterrand pour justifier la légitimité de la gauche au pouvoir.

Puis vint le tour d’un hommage inattendu à son prédécesseur à Matignon, faisant applaudir "le gouvernement de Jean-Marc Ayrault". Entre temps, c’est François Hollande, qu’il n’appelle que "le président de la République" ou "François", qui a eu droit à une standing ovation de la part des militants socialistes jusque-là endormis par un début de congrès mou du genou.

Parlant ensuite de l’importance de la transition écologique, Manuel Valls a fait applaudir Ségolène Royal, qui bien qu’éloigné des joutes du parti, reste, semble-t-il, populaire parmi les socialistes présents dans la capitale poitevine. Dans sa région d’élection.

Ancien ministre de l’Intérieur, Manuel Valls n’a pas oublié non plus celui qui a pris la relève place Beauvau, Bernard Cazeneuve, qu’il a salué pour avoir expulsé de France le père de Mohamed Merah.

Faisant l’inventaire des fiertés qu’il retire de ce quinquennat, le Premier ministre a ensuite cité Christiane Taubira, pour le mariage homosexuel, puis Vincent Peillon – "Soyons faire d’avoir réformé l’école avec Vincent Peillon" , pour avoir lancé la loi sur la refondation de l’école, suivi par Najat Vallaud-Belkacem, "un des talents de ce gouvernement", et sa réforme du collège. Ce qui profondément amusé l'intéressée : 



Enfin, dans une longue conclusion sur le rassemblement et sa "loyauté sans faille au président de la République", il a égrené les piliers de la majorité, saluant "le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone", les présidents des groupes parlementaires "Bruno Le Roux et Didier Guillaume", "nos parlementaires, nos élus, nos responsables fédéraux". Et enfin, le rassemblement derrière le nouvellement élu patron de Solférino Jean-Christophe Cambadélis, donnant du "mon cher Jean-Christophe".

 

  • Les oubliés

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Ou presque. Plusieurs noms n’ont pas été prononcés par Manuel Valls dans ce discours qui se voulait rassembleur des socialistes. Membre de son gouvernement et prédécesseur de Jean-Christophe Cambadélis comme patron du PS, Harlem Désir n’a pas eu droit à un petit mot du Premier ministre. Idem pour les anciens ministres frondeurs et alliés d’un temps, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg.

Emmanuel Macron, dans l’œil du cyclone des socialistes qui ne semblent pas le considérer comme un des leurs, n’a pas non plus eu droit à son petit couplet laudateur. Trop risqué face à une salle où les supporteurs de la motion B de Christian Paul et des frondeurs étaient nombreux.

Martine Aubry, qui a finalement rallié la motion gouvernementale de "Camba" n’a pas vu son nom sortir de la bouche de Manuel Valls. Qu’elle n’affectionne pas particulièrement, doux euphémisme.

D'après la journaliste du Point  Charlotte Chaffanjon, ne pas citer Emmanuel Macron est "un oubli", a reconnu après coup Manuel Valls.

En revanche, c'est tout à fait normal en ce qui concerne Martine aubry car "elle n'est pas membre du gouvernement". 

  • Après les câlins, la claque

Manuel Valls n’a pas distribué que des bons points et des câlins ce samedi à Poitiers. Comme Claude Bartolone notamment avant lui, le boss de la majorité a attaqué frontalement Nicolas Sarkozy l’accusant d’être "un problème" pour la France :

"

Par ses pratiques dans l’opposition, Nicolas Sarkozy est déjà un problème pour le pays.

 

"

Et d’ajouter :

 

"

Je ne veux pas que Nicolas Sarkozy fasse à nouveau ce qu’il a fait à notre pays quand il était au pouvoir. Je ne veux pas qu’il continue un peu plus d’ouvrir la porte à cet ennemi redoutable qu’est l’extrême droite

"

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