Les petits couacs et grandes divergences du congrès du PS à Poitiers

Publié à 15h13, le 07 juin 2015 , Modifié à 15h13, le 07 juin 2015

Les petits couacs et grandes divergences du congrès du PS à Poitiers
L'important, paraît-il, c'est la rose © JEAN PIERRE MULLER / AFP

ON FAIT LE BILAN, CALMEMENT - Ça y est, après trois jours, le 77e congrès du PS s’est achevé à Poitiers avec le discours d’intronisation de Jean-Christophe Cambadélis, élu Premier secrétaire par les militants après la victoire de sa motion A. Et si l’objectif, une semaine après le congrès de Les Républicains, était de montrer une grande famille socialiste soudée et rassemblée, la mission n’est pas totalement remplie. Car derrière les images d’unité, quelques frictions sont venues perturber l’événement. Retour sur ces petits couacs et grandes divergences qui ont émaillé cette grand-messe socialiste.

 

  • Deux lignes au PS

C’était le mantra de Christian Paul tout au long de ce congrès : démontrer qu’il existe désormais deux lignes bien distinctes au sein du PS entre une aile socio-libérale (démocrate pour certains) et une aile gauche qui se pose en garante des promesses de campagne du candidat Hollande. Une fracture entre la motion A et la motion B en somme. Résultat de ces divergences de fond, les signataires de la motion B de Christian Paul et des frondeurs n’ont signé aucun des documents "communs" du congrès. A savoir une résolution sur l’Europe, vendredi 5 juin, puis l’adresse aux Français que voulait pondre Jean-Christophe Cambadélis dans le plus pur style hollandais de la synthèse.

 

  • Pas de photo de famille

De ces divergences de fond est ressorti un couac en termes d’image. Certes, Manuel Valls n’a pas été hué lors de son discours du samedi 6 juin. Mais après le discours de clôture du congrès intronisant "Camba" comme Premier secrétaire, ce dimanche 7 juin, le PS n’a pu montrer l’image du rassemblement qu’il voulait : la photo d’une famille réunie sur la scène du Parc des Expos de Poitiers. Et comme le relaye le journaliste de FranceTv Info Mathieu Dehlinger, le frondeur Laurent Baumel explique l’absence des frondeurs sur la photo finale de famille :

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Je ne voulais pas participer à une opération de communication politique.

 

"

"Ça ne veut pas dire qu’on ne fait pas partie de la famille", confie un autre à la journaliste d’iTÉLÉ Camille Langlade.

 

  • Un ministre hué

Si Manuel Valls a évité les sifflets, ce n’est pas le cas d’une figure de l’aile droite du PS, le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, parfois surnommé par les frondeurs "ministre des tensions avec le Parlement". C’est le seul membre du gouvernement qui a ainsi dû essuyer quelques hués lors de son passage à la tribune, samedi après-midi, par les soutiens de la motion B.

 

  • Un frondeur hué 

Ce dimanche, pour la dernière matinée du congrès, c’est le député Laurent Baumel qui a connu pareille mésaventure. Durant un discours plutôt offensif contre la ligne politique prônée par la motion majoritaire, portée par Jean-Christophe Cambadélis et soutenu par une grande partie du gouvernement, la salle s’est manifestée contre lui, au moment où Manuel Valls, avec un sens aigu du timing, en profitait pour faire un "off" avec les journalistes.

 

  • L’escapade de Valls

La rumeur avait commencé à monter, samedi matin. Avant d’être confirmée par Matignon. Manuel Valls, Premier ministre et de fait patron de la majorité, qui avait annoncé qu’il serait présent les trois jours à Poitiers, s’est finalement esquivé le temps d’une soirée pour aller, en tant que chef du gouvernement, à Berlin pour assister à la finale de la Ligue des champions entre son club de cœur, le FC Barcelone (vainqueur au final 3-1) et la Juventus de Turin. Une escapade qui ne passe pas à droite. Et pas si bien que ça non plus à gauche.

 

  • L’épine Montebourg dans le pied du PS

Tous voulaient un congrès "serein et apaisé". Malgré l’opposition des frondeurs. C’était le cas jusqu’à ce dimanche 7 juin et la violente tribune signée Arnaud Montebourg et Mathieu Pigasse dans le JDD, fustigeant la politique économique couple exécutif Hollande-Valls.

 

  • La grève des bus

Le congrès du PS a été l’occasion, pour les chauffeurs de bus de Poitiers de faire entendre leur mécontentement. Ainsi se sont-ils mis en grève, vendredi 5 juin, perturbant le trafic. Au grand dam des congressistes, même si des navettes avaient été affrétées spécialement pour l’occasion. 

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