Les politiques défendent Didier Deschamps, accusé par Karim Benzema d'avoir "cédé à la pression d'une partie raciste de la France"

Publié à 09h06, le 01 juin 2016 , Modifié à 16h52, le 01 juin 2016

Les politiques défendent Didier Deschamps, accusé par Karim Benzema d'avoir "cédé à la pression d'une partie raciste de la France"
© Montage via AFP

#FOOTPOLITIQUE – En France, on a coutume de dire qu'il y a 65 millions de sélectionneurs. D'après Karim Benzema, il y a aussi beaucoup de racistes. Et c'est d'ailleurs de leur faute à eux si Dider Deschamps, le seul et unique sélectionneur de l'Équipe de France, a décidé de ne pas retenir l'attaquant du Real Madrid. Dans une interview au journal espagnol Marca, le Lyonnais explique que, selon lui, Didier Deschamps a "cédé à la pression d’une partie raciste de la France".

Ce mercredi 1er juin, de nombreux politiques viennent au secours de Didier Deschamps, au premier rang desquels on trouve Thierry Braillard. Sur iTÉLÉ, le secrétaire d'État aux Sports dénonce des "propos injustifiés" et donc "injustifiables" de la part de l'ancien attaquant de l'équipe de France. Il ajoute :

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Il n'y a aucune considération de quelconque racisme dans la sélection. Je crois que tout le monde peut le voir, tous ceux qui connaissent le foot peuvent l'apprécier.

 

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Et Thierry Braillard de prendre l'exemple de Kingsley Coman pour illustrer "cette faculté fabuleuse qu'a ce pays d'intégration". "Il a des origines ultra-marines et il peut montrer aujourd'hui que c'est un des meilleurs jeunes joueurs au monde, et il est sélectionné", avance-t-il. Il n'est pas le seul à s'insurger de la sorte. Invitée de France Info, Nathalie Kosciusko-Morizet s'emporte largement contre l'attaquant madrilène, parlant elle-aussi de propos "inacceptables".

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C'est pire que ça. Mauvais joueur, c'est pas assez. C'est inacceptable parce que la question de la discrimination, la question du racisme, sont des sujets sérieux et n'ont pas à être instrumentalisés dans un conflit personnel. On voit bien ce qu'il se passe : il est mécontent alors il cherche les arguments et il trouve les pires. Et puis c'est pire que ça parce que c'est l'image de la France, c'est l'image de l'équipe de France qui sont en cause. L'équipe de France, franchement, il n'y a qu'à la regarder, le sélectionneur et la fédération ne sont pas susceptibles d'être accusés de racisme. C'est quand même très médiocre.

 

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François Filllon dit peu ou prou la même chose. Sur RTL, l'ancien Premier ministre s'insurge. "Je trouve ça insupportable. Le sélectionneur est souverain dans ses choix", estime-t-il. "Le fait de ramener en permanence les problèmes du pays  à des questions de race, de religion, de communauté, n’est pas un signe de bonne santé", ajoute-t-il.

Invité d'Europe1, Jean-Pierre Raffarin fustige quant à lui "une réaction de dépit", "une réaction d'immaturité de la part de ce grand joueur".

Egalement sur Europe 1, Le député PS Benoît Hamon prend la défense de Didier Deschamps et de la FFF, qu'il dédouane de tout racisme. Mais pas la France.  L'ancien ministre de l'Éducation nationale estime en effet que "nous sommes dans un pays où le racisme augmente". Il ajoute :

 

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Nous sommes dans un pays où beaucoup de Français quand ils disaient 'Benzema doit-il être sélectionné ?' répondaient 'non' parce qu'il avait une tête d'Arabe et que ça faisait plaisir à beaucoup de Français qu'il ne soit pas sélectionné pour ça. […] Oui il y a un sale climat dans ce pays sur ces questions-là.

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Plusieurs élus FN réagissent également, comme Louis Aliot qui voit dans les mots de Karim Benzema le résultat de "l'antiracisme, de la police de pensée et des mots".

Wallerand de Saint Just s'indigne quant à lui des accusations de racisme portée contre la France alors que, pense-t-il, il s'agit du "pays le moins raciste du monde"

Les mots de Karim Benzema font écho à ceux d'Eric Cantona dans The Guardian, fin mai, qui s'interrogeait sous le même prisme de l'absence de Karim Benzema et d'Hatem Ben Arfa dans la liste des 23 Bleus pour l'Euro.

Lundi 30 mai, Jamel Debbouze a pour sa part estimé que les deux anciens Lyonnais ne joueraient pas l'Euro à cause de "la situation sociale de la France aujourd'hui".  

Dans l'affaire dite de la sextape, Karim Benzema est mis en examen pour "complicité de tentative de chantage" sur son coéquipier des Bleus Mathieu Valbuena et "participation à une association de malfaiteurs". Des infractions passibles de cinq ans d'emprisonnement.

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