Les SMS très énervés de Jean-Christophe Cambadélis à des cadres PS après la démission d'Emmanuel Macron

Publié à 16h08, le 31 août 2016 , Modifié à 16h32, le 31 août 2016

Les SMS très énervés de Jean-Christophe Cambadélis à des cadres PS après la démission d'Emmanuel Macron
Jean-Christophe Cambadélis © MARTIN BUREAU / AFP

La démission d'Emmanuel Macron du gouvernement, mardi 30 août, a profondément énervé Jean-Christophe Cambadélis. Publiquement, le premier secrétaire du Parti socialiste avait laissé éclater sa colère avant même l'annonce officielle du départ du ministre de l'Économie. "La démission de Macron : un kinder surprise pour convenance personnelle au moment où la France se redresse et la droite se dresse" avait-il écrit sur Twitter, dans l'après-midi.

En privé également, l'élu socialiste a fait part de son fort ressentiment. Selon les informations du Lab, Jean-Christophe Cambadélis a envoyé deux SMS au ton plutôt virulent à des cadres du PS, dont plusieurs membres du secrétariat national du parti.  

Dans le premier texto, le premier secrétaire du PS s'insurge très violemment contre la démission d'Emmanuel Macron du gouvernement, un départ, juge-t-il, pour "convenance personnelle". Le chef des socialistes dézingue littéralement l'ancien ministre, accusé de n'agir que pour satisfaire son ambition personnelle. Des propos qui s'apparentent à des éléments de langage à destination des cadres parlant dans les médias au nom du PS

Voici ce qu'on peut lire :

"

Bonjour,



Emmanuel Macron a quitté le gouvernement pour convenance personnelle. Il le fait sans désaccord politique, juste pour créer son propre parti pour se présenter à l'élection présidentielle. Il le fait au moment où le pays a besoin de l'investissement de ceux qui ont la charge de redresser la France. Il le fait avec une déloyauté extrême vis-à-vis du président de la République qui lui avait donné sa confiance. Il le fait enfin en participant à la décomposition politique à l'œuvre. Voilà pourquoi le discours pour la presse : déloyal, malhonnête et sans perspective.



Car cette démarche bonapartiste, une de plus contre tous les corps intermédiaires, n'a pas d'espace politique. C'est la vieille politique des élites qui veulent dissoudre le peuple qui ne comprend pas les enjeux. Macron veut empêcher le Président de se présenter. Collomb [sénateur-maire de Lyon et soutien affiché de Macron, NDLR] veut le faire par une substitution sondagière. Macron veut une destruction du PS au profit d'une union nationale autour de lui. Il vient de renforcer notre conviction collective. Le Président doit être candidat et il sera candidat quoi qu'il en coûte. […]

"

Le second SMS rappelle quant à lui les règles en vigueur au sein du Parti socialiste. Et les principes sont clairs : les élus PS qui soutiendraient Emmanuel Macron dans le cadre d'une candidature à la présidentielle (sans évidemment passer par la case primaire) seront exclus du parti.

Voici le contenu de ce second texto :

"

Le PS aura son candidat via les primaires. La jurisprudence Iborra est claire. Nul ne peut soutenir un candidat contre celui du PS sans s'exposer à une exclusion. Donc chacun sera prévenu. Macron a décidé de créer un nouveau parti comme hier Larrouturou l'avait [fait] sur notre gauche. Ce parti n'a non seulement pas vocation à être dans la Belle Alliance Populaire mais il refuse de se situer à gauche voir cherche à dissoudre celle-ci dans la droite. Dans ces conditions, la double appartenance n'est pas possible. Tous ceux qui la pratiqueraient seront placés devant un choix. Tous ceux qui s'en réclameraient s'exposeraient à une candidature socialiste.

 

"

Jean-Christophe Cambadélis fait ici référence à Monique Iborra. En juillet dernier, la députée de Haute-Garonne s'était vue signifier son exclusion du parti. La raison ? Lors des dernières élections régionales, elle avait soutenu le maire divers gauche de Montpellier Philippe Saurel contre la candidate officielle du PS en Occitanie, Carole Delga.

Les soutiens d'Emmanuel Macron sont donc prévenus. Gérard Collomb (sénateur-maire de Lyon), Pascal Terrasse (député de l'Ardèche), Richard Ferrand (député du Finistère), Arnaud Leroy (député des Français de l'étranger) et François Patriat (sénateur de Côte-d'Or), pour ne citer que les plus éminents, pourraient bien être mis à la porte de Solférino - et ne pas être, pour certains, investis pour les législatives.

Du rab sur le Lab

PlusPlus