Les ténors de droite s’en prennent à Najat Vallaud-Belkacem qui "ose invectiver" le pape François

Publié à 17h59, le 03 octobre 2016 , Modifié à 18h00, le 03 octobre 2016

Les ténors de droite s’en prennent à Najat Vallaud-Belkacem qui "ose invectiver" le pape François
Éric Ciotti et François Fillon. © Montage Le Lab via AFP

TOUCHE PAS À MON PAPE - Najat Vallaud-Belkacem a regretté que le pape François ait accusé les manuels scolaires français de propager "la théorie du genre". La ministre de l’Éducation nationale, qui doit avoir un minimum de connaissances sur le sujet, a estimé ce lundi 3 octobre que le souverain pontife avait été "victime" d’une "désinformation massive des intégristes".

Un crime de lèse-papauté aux yeux de nombreux ténors de la droite qui y sont allés de leur tweet d’indignation tout au long de la journée. Éric Ciotti, porte-parole de Nicolas Sarkozy, a estimé que "NVB" avait répondu avec "mépris et suffisance" aux "inquiétudes" du pape :

"Touche pas à mon pape", a réagi le député européen Renaud Muselier, tandis que les parlementaires Pierre Charon et Claude Goasguen, soutiens de l’ex-chef de l’État, se sont demandé comment Najat Vallaud-Belkacem avait "os[é]" s’en prendre au pape :

Le coordinateur de la campagne du même Sarkozy, Gérald Darmanin, a lui ironisé sur les propos de la ministre de l’Éducation nationale, selon laquelle il faudrait "écouter" le pape quand il "parle des migrants", mais le faire taire "quand il dénonce la théorie du genre" :

Mais "NVB" n’a pas été invectivée que par les soutiens de Nicolas Sarkozy. François Fillon s’est aussi indigné qu’"une ministre de l’Éducation [...] donne des conseils au pape" :

De son côté, Nathalie Kosciusko-Morizet a, encore une fois, fait bande à part de sa famille politique. "J’ai l’impression qu’il est allé un peu vite", a jugé la candidate à la primaire, assurant qu’elle-même n’avait "jamais rien trouvé qui ressemble à la théorie du genre". De même, l’eurodéputée Nadine Morano a dit qu’elle "ne [voyait] pas à quel livre il [faisait] référence".

Dimanche, le pape François a raconté une anecdote rapportée par un père de famille français, effaré que son fils de 10 ans envisage de devenir une fille. Selon le pape, ce père de famille catholique a raconté s'être rendu compte que dans les livres des collèges, la 'théorie du genre' était enseignée.

Cela fait plusieurs années que la droite combat la théorie du genre. En 2013, le député Bernard Debré s’en était pris violemment aux "ABCD de l’égalité", un programme visant à lutter contre les stéréotypes de genre à l’école primaire. Le député UMP s’était dit effrayé par la "déconstruction sexuelle" des enfants. En 2011, 80 députés UMP avaient demandé au ministère de l’Éducation nationale de retirer au plus vite les manuels scolaires évoquant la théorie du genre. 

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