L'étrange sortie d'Arnaud Montebourg sur la participation d'une femme à la primaire de la BAP

Publié à 10h04, le 05 décembre 2016 , Modifié à 13h19, le 05 décembre 2016

L'étrange sortie d'Arnaud Montebourg sur la participation d'une femme à la primaire de la BAP
Arnaud Montebourg à la Fête de la rose en 2014 © JEFF PACHOUD / AFP

Y aura-t-il une femme à la primaire ? La question, qui avait déjà agité la droite lors de la recherche de parrainages de Nathalie Kosciusko-Morizet, se pose donc désormais du côté de la gauche de gouvernement. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sont déjà candidats à la primaire de la Belle alliance populaire ; Manuel Valls devrait prochainement l'être. Quant à Marie-Noëlle Lienemann, candidate elle aussi, elle souhaite la mise en place d'une candidature unique de l'aile gauche face au futur ex-Premier ministre. La présence d'une femme à la primaire de la BAP est donc plus qu'hypothétique.

Invité de Sud Radio – Public Sénat ce lundi 5 décembre, Arnaud Montebourg semble le regretter. Le chantre du made in France concède que l'absence de représentante de la gent féminine serait regrettable et ferait passer la gauche pour rétrograde. Il l'exprime cependant au gré d'une formule pour le moins alambiquée, d'abord en moquant l'éventuelle candidature de Marie-Noëlle Lienemann. "Je note qu'elles [les femmes, NDLR] ne gagnent pas toujours", lance-t-il avant d'ajouter manière plus générale :

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Je pense que c'est mieux quand il y a une ou plusieurs femmes. Cela change d'abord l'atmosphère.

 

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Ah ces femmes qui modifient "l'atmosphère" d'une primaire... Arnaud Montebourg ne dit pas en quoi une candidature féminine modifierait l'affrontement pour l'obtention de l'investiture de la Belle Alliance Populaire. En revanche, il sous-entend qu'une telle candidature serait probablement – et avant tout – une candidature de témoignage. Il dit :

 

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Nous en avons eu deux [femmes, NDLR] à la dernière primaire. Ni l'une ni l'autre ne l'ont emporté.

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On aura compris, puisqu'il le répète de nombreuses fois : Arnaud Montebourg ne croit pas beaucoup aux chances d'une femme, quelle qu'elle soit, pour gagner la primaire. L'ancien ministre du Redressement productif évoque également la primaire PS en 2011, scrutin auquel s'étaient présentées Ségolène Royal et Martine Aubry. La première, ancienne candidate du PS à la présidentielle de 2007, avait été éliminée dès le premier tour. Quant à la seconde, elle avait perdu en finale face à François Hollande.

Arnaud Montebourg est bien informé sur ce sujet : candidat lui aussi en 2011, il avait apporté son soutien à François Hollande plutôt qu'à Martine Aubry pour le second tour alors même que son programme et son orientation politique le rapprochaient plutôt de la maire de Lille que de l'ancien maire de Tulle. Si une femme ne l'a pas emporté en 2011 à la primaire PS, c'est donc, notamment, à cause d'Arnaud Montebourg.

Aujourd'hui, ce dernier regrette ce choix. "J'ai commis une erreur en 2012 [2011 en fait, NDLR] lorsque j'ai eu un choix difficile à faire entre Martine Aubry et François Hollande. J'ai reconnu cette erreur. C'était une erreur d'appréciation. Beaucoup de Français, des millions de Français ont commis cette erreur d'appréciation", lâche-t-il. 

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