L'honnêteté d'Emmanuel Macron l'oblige à vous dire qu'il démissionne du gouvernement

Publié à 17h14, le 30 août 2016 , Modifié à 17h18, le 30 août 2016

L'honnêteté d'Emmanuel Macron l'oblige à vous dire qu'il démissionne du gouvernement
Emmanuel Macron au Puy du Fou © LOIC VENANCE / AFP

Et voilà. Comme annoncé un grand nombre de fois depuis qu'il est en poste, Emmanuel Macron a présenté sa démission du gouvernement ce mardi 30 août. Pressenti depuis des mois, son départ de Bercy avait été prédit un peu plus tôt dans la journée par Les Échos. D'après le quotidien, sa lettre de démission était prête depuis cet été. L'ancien conseiller de François Hollande attendait juste le bon moment pour rendre sa décision publique.

C'est donc aujourd'hui qu'Emmanuel Macron a décidé de claquer la porte du gouvernement. Hasard du calendrier – ou pas – cette annonce survient au lendemain du meeting de Manuel Valls à Colomiers pour défendre l'action du gouvernement (et où il a été notamment question des seins de Marianne). Peu après 17h, l'Élysée a confirmé avoir accepté la démission du ministre de l'Économie. Il a démissionné "pour se consacrer entièrement à son mouvement politique", précise la présidence de la République.

D'après le journaliste de RTL Benjamin Sportouch, Emmanuel Macron et François Hollande se sont téléphonés dans la matinée, mardi. Les deux hommes se sont rencontrés à 15h, juste avant l'officialisation de la démission du ministre.

Selon Le Point, le ministre avait réuni auparavant les membres de son cabinet pour leur annoncer son départ. Selon BMFTV, il a également envoyé un SMS à ses soutiens parlementaires. On peut lire : 

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Je souhaite t’annoncer personnellement mon départ du gouvernement. Le moment est venu pour moi de poursuivre et d’amplifier en tout cohérence et de manière apaisée la dynamique lancée ces derniers mois.

"

Quelle suite désormais pour Emmanuel Macron ? Puisqu'on lui prête des intentions élyséennes, le désormais ex-ministre de l'Économie pourrait bien se présenter à l'élection présidentielle. Sa participation à la primaire de la gauche semble en revanche exclue. L'intéressé a déjà fait savoir, sans rire, que c'était une question qui ne l'intéressait pas. "Ce qui participe du découragement vis-à-vis de la politique, c'est qu'on ne parle plus que de personnes, de calendrier et de tactique, et qu'on ne parle plus du projet pour le pays ni des Français. Je vais concentrer mon énergie sur ces orphelins du débat politique", avait-il dit à La Voix du Nord.

En juin dernier, Emmanuel Macron avait dit qu'il se donnait 3, 4 mois pour voir si son offre politique, En marche !, prenait. "Si ça prend et [si] ça correspond à ce dont le pays a besoin, alors les choses peuvent advenir", avait-il déclaré.

Le 12 juillet, à en meeting à La Mutualité, il avait avancé de nouveaux pions. "L'élection présidentielle de 2017, ce n'est pas un vote contre, c'est l'occasion d'avancer. C'est cela notre bataille pour les prochains mois. Et dans cette bataille nous allons donner toutes nos forces, nous allons prendre tous les risques, et je les prendrai avec vous", avait-il promis, se positionnant comme anti-système - ce qui n'avait pas manqué d'énerver le Premier ministre.

Fin juillet, il avait annoncé la fin de la "grande marche" et le début de la rédaction de son programme pour "le pays". "En montrant que notre première démarche politique, c'était d'aller écouter le pays, d'aller écouter les autres, nous avons gagné le droit d'être entendus, de prendre la parole pour expliquer et proposer", avait déclaré celui qui était encore ministre.

Dans Les Échos le 26 août, Emmanuel Macron avait délivré un festival de langue de bois concernant son avenir, assurant qu'il prendrait ses "responsabilités", qu'il voulait travailler "au service de [son] pays" et qu'il allait "construire et faire avancer cette offre progressiste, pour qu'elle gagne en mai 2017". Mais d'annonce officielle il n'était pas encore question. L'heure n'était pas encore à cela. Elle l'est désormais.

[BONUS TRACK 1] Super Sapin

Il en avait rêvé lors du dernier remaniement, il l’aura pour la fin du quinquennat (sauf nouvelle surprise). L’Elysée annonce ce mardi, dans la foulée de la confirmation de la démission d’Emmanuel Macron, que Michel Sapin sera le grand manitou de Bercy. Déjà ministre des Finances, ce proche de François Hollande récupère le portefeuille d’Emmanuel Macron pour devenir "ministre de l’Economie et des Finances".

[BONUS TRACK 2] L’autre démission

Parallèlement à la démission d’Emmanuel Macron, la présidence de la République annonce une autre démission, celle de George Pau-Langevin pour "raisons personnelles". Ericka Bareigts lui succède à l'Outre-mer (Elysée)

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