"Liberté d’importuner" : Marlène Schiappa dénonce le "discours dangereux" des signataires de la tribune dans Le Monde

Publié à 13h52, le 10 janvier 2018 , Modifié à 13h52, le 10 janvier 2018

"Liberté d’importuner" : Marlène Schiappa dénonce le "discours dangereux" des signataires de la tribune dans Le Monde
Marlène Schiappa. © Bertrand GUAY / AFP

Une tribune cosignée notamment par Catherine Deneuve, Catherine Millet et Sophie de Menthon publiée dans Le Monde mardi 9 janvier et revendiquant la "liberté des hommes d’importuner", fait débat.

Interrogée sur France Culture, mercredi, Marlène Schiappa refuse de signer ce texte, pas plus que la contre-tribune rédigée par la militante féministe Caroline de Haas. La secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes ne condamne pas frontalement la tribune, pointant d’abord "des réflexions qui ne sont pas inintéressantes, qui sont pas nouvelles non plus - la question de savoir si on doit se sentir victime et être traumatisée après un viol", qui a été "réglée dans [le manifeste féministe] Baise moi de Virginie Despentes en 1993", estime-t-elle.

Cependant, Marlène Schiappa s’inquiète du "discours dangereux" tenu sur les frotteurs du métro :

Dans cette tribune, il y a aussi des choses qui sont profondément choquantes, voire fausses. Par exemple, dire qu’éventuellement, dans certains cas, une agression sexuelle peut être 'considérée comme un délit', ce qui est dit dans cette tribune, ce n’est pas vrai. Je suis désolée, il faut dire le droit, et moi en tant que membre du gouvernement, je suis là pour rappeler ce qu’est le droit. Nous avons déjà énormément de mal à faire comprendre aux jeunes filles que, se frotter contre elles, frotter un sexe d’homme contre une femme dans le métro sans son opinion, c’est une agression sexuelle, ça vaut jusqu’à trois ans de prison et 75.000 euros d’amende. On a du mal à dire aux jeunes filles qu’elles n’ont pas à éprouver de la honte, qu’elles ne sont pas coupables de cela. C’est dangereux que de tenir ce discours.

Une femme "peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement", écrivent les signataires de la tribune dans Le Monde.

Marlène Schiappa conclut :

Enfin, il y a des choses qui relèvent du fantasme. Dire, comme dans cette tribune, qu’il y a des hommes qui auraient été renvoyés en France pour avoir touché le genou d’une femme, c’est faux, ou alors qu’on me le présente.

Si Marlène Schiappa souhaite s'adonner à davantage de fact-checking, elle peut écouter Nadine Morano ou Sébastien Chenu sur ce thème.





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