L’intox de Nicolas Sarkozy sur le prétendu engagement de François Bayrou à "respecter la règle de la primaire"

Publié à 09h54, le 20 octobre 2016 , Modifié à 12h53, le 20 octobre 2016

L’intox de Nicolas Sarkozy sur le prétendu engagement de François Bayrou à "respecter la règle de la primaire"
© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Nicolas Sarkozy en veut énormément à François Bayrou, qu’il tient responsable de sa défaite en 2012, l’ancien candidat MoDem à la présidentielle ayant voté pour François Hollande au second tour. De son côté, le maire de Pau est passé en mode "tout sauf Sarkozy". Soutien d’Alain Juppé à la primaire, il rappelle régulièrement qu’il "prendra ses responsabilités" si le maire de Bordeaux est battu le 27 novembre. En plus clair : il sera candidat à la présidentielle contre Nicolas Sarkozy.

Ce qui, évidemment, ne plaît pas du tout à l’ancien chef de l’État. Déjà très remonté contre les électeurs de la gauche qui pourraient venir voter à la primaire de la droite, il fustige la démarche de François Bayrou. Ce 20 octobre sur Europe 1, le candidat à la primaire demande au patron du MoDem, ainsi qu’au président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde de "respecter la règle de la primaire" des Républicains et d'en soutenir le vainqueur même si leur favori, Alain Juppé, était battu :

"

Je n'aime pas les gens qui participent à une compétition et qui en contestent les règles. Et je dis simplement à monsieur Bayrou et à monsieur Lagarde que si on soutient un candidat à la primaire, on s'engage à respecter la règle de la primaire. Et si jamais ce n'était pas le candidat qu'ils soutenaient qui gagnait, eh bien ils devraient respecter la règle de la primaire. C'est ça, la loyauté. Et puis la règle, c'est surtout de ne pas se servir, pour sortir du socialisme, de celui qui nous y a fait entrer.

"

Jean-Christophe Lagarde a indiqué qu'il ne soutiendrait "pas automatiquement" le vainqueur de la primaire, et a jugé que dans sa campagne, Nicolas Sarkozy "se tromp(ait) sur l'identité".

Mais l’argument avancé par Nicolas Sarkozy n'est pas valable.

Car que dit la charte de la primaire ? "Les candidats à la primaire signent la présente Charte et s’engagent à la respecter. Ils s’engagent, par la présente Charte, à soutenir publiquement le candidat à la présidence de la République désigné à l’issue de la primaire et à prendre part à sa campagne."

Cela vaut donc pour les sept candidats. Les élus parrains et électeurs, eux, attestent qu'ils "partageant les valeurs républicaines de la droite et du centre et s’engagent pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France".

François Bayrou n’est ni candidat, ni parrain du maire de Bordeaux, ni (futur) électeur les 20 et 27 novembre. Il ne signera donc pas la charte. En ce sens, il fait donc bien ce qu’il veut et peut donc se présenter à la présidentielle en cas de victoire de l’ancien Président. Autrement dit, il ne peut pas violer les règles d’une primaire… à laquelle il ne participe pas. Le maire de Pau, qui mise sur un rejet des deux derniers chefs de l’État, est d’ailleurs persuadé d’avoir un "coup à jouer" en 2017.

Au Lab, Jean-Christophe Lagarde, qui a apporté son soutien à Alain Juppé sans le parrainer, explique qu'il ira voter à la primaire. En revanche, le député UDI ne s'"engage pas à voter pour le vainqueur". "Nicolas Sarkozy est en train d’inventer une règle qui n’est écrite nulle part dans la primaire", dénonce-t-il, à savoir que chaque électeur devrait voter pour le vainqueur à la présidentielle. "Je reste totalement libre de mon choix", explique-t-il

[EDIT 11h50] Ajout déclarations Jean-Christophe Lagarde qui, contrairement à ce que nous avions affirmé, n'a pas parrainé Alain Juppé à la primaire.

Du rab sur le Lab

PlusPlus