Loi Macron: Colette Capdevielle défend "les ploucs de provinces" qui vont dans les "jardineries et supermarchés" le dimanche

Publié à 11h42, le 15 février 2015 , Modifié à 16h42, le 15 février 2015

Loi Macron: Colette Capdevielle défend "les ploucs de provinces" qui vont dans les "jardineries et supermarchés" le dimanche
Montage le Lab via capture d'écran LCP

PROVINCE VERSUS PARIS - Les députés ont voté, dans la nuit du 14 au 15 février, l'ouverture possible des commerces jusqu'à 12 dimanches par an, malgré les remous provoqués par la loi dans la majorité. D'ailleurs, le ministre Macron a été obligé de répondre frontalement à plusieurs reprises, que cela soit face aux frondeurs PS ou aux membres de l'opposition. Pourtant, certains membres de la majorité, comme Colette Capdevielle, députée des Pyrénées-Atlantiques sont favorables à cette extension du nombre de dimanches travaillés. Par contre, elle n'a pas du tout aimé les discussions autour du texte, comme l'a relevé Slate

Non, elle n'a pas aimé qu'on lui dicte son calendrier et qu'on lui décrive à quoi doit ressembler son dimanche. Voici ce qu'elle déclare :

Je suis un petit peu fatiguée que l’on vienne me dire aujourd'hui ce que doit être mon dimanche. D'un côté, hier, on me parle de spiritualité le dimanche ; d'un autre, on me dit, et je le lis dans des amendements : "Le dimanche devrait être destiné à la vie associative, culturelle, familiale, politique et sportive". On va bientôt me dire et m'écrire dans des amendements ce que doit être mon lundi, mon mardi, et qu’en est-il de mon mercredi après-midi ? Et de mon jeudi matin ? Que faut-il que je fasse ?

Mais, ce qui énerve surtout la députée, c'est ce débat "germanopratin, très parisien". D'ailleurs, elle plaide pour que les "ploucs de province" puissent également être concernés par la loi. Voici ce qu'elle a dit :

Je suis un petit peu fatiguée également que l’on vienne me dire, et je l’ai entendu hier dans ce débat très germanopratin, très parisien, qu'aller au marché –bio, bien sûr– le dimanche, c'est tout à fait convenable, qu'aller au restaurant et au musée, c'est très bien ; on va même nous proposer et nous dire que ce serait formidable d’ouvrir les bibliothèques. Par contre, ces provinciaux et ces ploucs de province, eux, ils vont dans les jardineries et les supermarchés, et ce ne serait pas bien. Franchement, je le dis, j'en ai assez, véritablement assez d'entendre cela.

Mais en l'espace de trois ans, la députée a changé d'avis sur l'ouverture dominicale. En 2012, elle posait effectivement une question à l'Assemblée sur ce thème en s'affichant plutôt contre cette résolution. Voici ce qu'elle déclarait à l'époque : 

Cette généralisation du travail dominical revient à banaliser ce jour et à faire passer la logique du commerce avant la dimension conviviale, familiale, sociale et spirituelle de l'existence. Alors que l'individualisme des comportements est de plus en plus prégnant, que l'atomisation de la société française s'accentue, une telle mesure porte gravement atteinte aux fondamentaux du « vivre ensemble » dont nous avons tous besoin. Elle [NDLR: Colette Capdevielle] lui demande s'il envisage de limiter les ouvertures dominicales des grandes surfaces commerciales (hors commerce alimentaire).

Une intervention isolée par LCP, à voir ci-dessous :



[EDIT 16h27]

Ajout de la question de Colette Capdevielle en 2012. 

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