LREM doit "trancher" sur l'investiture d'un candidat qui avait qualifié l’homosexualité d’"abomination"

Publié à 18h45, le 31 mai 2017 , Modifié à 17h59, le 02 juin 2017

LREM doit "trancher" sur l'investiture d'un candidat qui avait qualifié l’homosexualité d’"abomination"
Olivier Sera © Capture d'écran de Twitter

La République en Marche (LREM) a elle aussi son lot de candidats aux législatives dont le profil est *borderline*. C’est le cas d’Olivier Serva, ancien candidat LREM de la 1ère circonscription de Guadeloupe et vice-président du conseil régional. Ce dernier avait qualifié l’homosexualité d’"abomination" en 2012.

Ce mercredi 31 mai, en fin d’après-midi, le nom d’Oliver Serva n’est plus visible dans la liste des candidats investis par le parti d’Emmanuel Macron. Contactée par Le Lab, LREM confirme que l’homme a bien été investi sous l’étiquette du parti et qu'il l'est toujours aujourd'hui. Mais la commission d'éthique du parti s'est saisie de cette affaire aujourd'hui et doit rapidement "trancher".  

C'est StreetPress ce mercredi 31 mai, qui a retrouvé ses propos homophobes datant de 2012. C’était lors d’un débat pour l’émission Buzz 1ère, sur l’une des chaînes régionales de France Télévision, outre-mer 1ère. Le thème de l’émission portait sur la loi sur le mariage pour tous. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Olivier Serva, déjà Président du mouvement politique local Eko Zabym, était clairement contre :

Être tolérant, ce n’est pas accepter l’intolérable. Pour le chrétien que je suis, quand je lis la Bible, il est écrit qu’un homme qui couche avec un homme ou une femme avec une femme, c’est une abomination.

Il avait ensuite répondu à une remarque d’une internaute, qui disait considérer l’homosexualité "comme un péché". Et la réponse d’Oliver Sera était la suivante :

Mais bien évidemment que c’est un péché ! La Bible le dit.

Rapidement, la théorie complotiste des "lobbys" homosexuels pointait le bout de son nez :

Il n’est pas question qu’en catimini, quelques lobbys parisiens influent sur des députés qui ont pris des engagements durant des campagnes électorales pour nous faire passer une loi que nous ne voulons pas.

Une vidéo de ces propos, créée par StreetPress, est à retrouver ci-dessous :

Contacté par franceinfo:, Olivier Serva a réagi à cette archive :

Ces propos sont sortis de leur contexte. Il y a cinq ans, nous étions en plein débat sur la loi pour le mariage pour tous. A l'époque, j'avais fait valoir mes convictions.

Il ajoute : "La loi est passée, je respecte le mariage pour tous". Pour finalement lâcher une phrase qui n’est pas sans rappeler celle de Nadine Morano parlant de son amie "plus noire qu’une arabe" :

Je n’ai jamais été homophobe, j’ai beaucoup d’amis homosexuels. Je respecte le choix de chacun.

Olivier Serva a tenu à faire une mise au point supplémentaire, mercredi soir. "Je peux comprendre que les propos que j'ai tenus en 2012 aient pu blesser et je m'en excuse", a-t-il déclaré à l'AFP. "Ce sont des propos que je regrette profondément et qui ne correspondent plus à mes convictions".

[Edit 21h34] Ajout déclarations Serva à l'AFP

[EDIT] 2 juin 

La République en marche a décidé vendredi 2 juin de maintenir son investiture à Olivier Serva. "Suite aux excuses présentées par Olivier Serva relatives aux propos qu'il avait tenus en 2012 - propos qu'il a regrettés et retirés dans un communiqué en date du 31 mai - son investiture a été maintenue" a indiqué, selon l'AFP, LREM. 

Du rab sur le Lab

PlusPlus