Luc Carvounas étrille Emmanuel Macron, "un collaborateur avec 260.000 clics" qui a "pris le pouvoir"

Publié à 10h28, le 16 juin 2017 , Modifié à 10h29, le 16 juin 2017

Luc Carvounas étrille Emmanuel Macron, "un collaborateur avec 260.000 clics" qui a "pris le pouvoir"
© Montage Le Lab via AFP

Les amateurs d’archives gênantes (ou croustillantes, c’est selon) ont pu s’en donner à coeur joie après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, lui que bon nombre de commentateurs et d’adversaires politiques présentaient comme une "bulle", un "phénomène". Celui qui n’était encore qu’un homme de l’ombre jusqu’en 2014 a été propulsé au sommet de l’État en moins de trois ans.

Et cela, beaucoup de barons de la droite et de la gauche ont encore du mal à le digérer un mois après l’accession au pouvoir de celui qui fut ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée puis ministre de l’Économie, et qui s’est confronté au suffrage universel pour la première fois lors de la présidentielle. Ainsi Luc Carvounas ne voit-il toujours en Emmanuel Macron qu’un "collaborateur avec 260.000 clics" qui a "pris le pouvoir". Sur franceinfo ce vendredi 16 juin, le candidat PS aux législatives dans le Val-de-Marne explique en vouloir à François Hollande ainsi qu’à sa génération qui n’ont "pas su empêcher" l’élection d’Emmanuel Macron et la déroute socialiste :

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Vis-à-vis de nos institutions, je critiquerais jamais un président de la République, parce que c’est le chef de l’État. Après, si la question c’est : est-ce que j’en veux à la génération de François Hollande, celle qui était déjà au pouvoir en 1981, celle qui est revenue au pouvoir en 1997, celle que j’ai accompagnée pour prendre le pouvoir en 2012, et cette même génération, dont madame Ségolène Royal [il est coupé]. Si Ségolène Royal appelle désormais à voter désormais pour la candidate ou le candidat En Marche ! contre Delphine Batho, je trouve ça pas très classe vis-à-vis d'un Parti socialiste qui vous a tout donné. [...]



Est-ce que j’en veux à François Hollande, l’homme, qui n’a pas su empêcher ce qui est en train de se passer ? Évidemment. On me disait que c’était un grand stratège. On me disait que tout le monde était extrêmement intelligent là haut à l’Élysée, à Matignon et à Solférino. Et un collaborateur avec 260.000 clics a pris le pouvoir.

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Le sénateur-maire d’Alfortville reprend à son compte la critique de Laurent Wauquiez qui évoquait un "hold-up" en cas de victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle. Luc Carvounas reprend un autre élément de langage de la droite sur les "députés internet". Cet ancien proche de Manuel Valls assure que le *phénomène Macron* est purement virtuel. Et avance pour cela un argument imparable : les candidats investis par La République en marche "sont peu retweetés".

 

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Pourquoi, s’il y a tellement d'appétence [pour une nouvelle aventure], ils sont même pas capables, avec leurs militants, de tenir les bureaux de vote dans nos villes ? Où ils sont, les gens de La République en marche ? Ils sont virtuels ou ils existent réellement ? [...] Moi, je juge sur les faits. Preuve est qu’ils sont incapables de tenir les bureaux de vote. Quand on regarde, puisque ce sont des militants 2.0, les candidats, ils sont peu retweetés !

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Alors là, difficile de répondre à une telle attaque... Sauf en soulignant le score national obtenu par LREM/MoDem lors du premier tour des législatives : 32,3%, contre… 7,4% pour le Parti socialiste qui a vu une centaine de ses députés sortants être éliminés. Pour autant, le score obtenu par le parti d’Emmanuel Macron n’est pas significatif pour Luc Carvounas puisqu’il ne représente que "13,8% des électeurs français".

Il craint que "dans l’hémicycle demain, il n’y [ait] pas expression politique du pluralisme des Français". "Et donc cela m’inquiète par rapport à ce qu’on a dit sur NKM, cette défiance, cette violence qu’il y a à l’égard du politique. Où tout cela va être canalisé si ça peut pas être canalisé dans le débat démocratique ?", s’interroge-t-il.

Enfin, Luc Carvounas livre un dernier pronostic en affirmant qu’Emmanuel Macron ne disposera pas d’une "base solide" à l’Assemblée nationale :

 

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Alors certes, il y a un électorat de droite traditionnel, il y a un électorat de gauche traditionnel socialiste qui est allé voter [ce] 'J’en ai marre, je tente autre chose'. Mais la réalité, elle est là. Est-ce qu’il y a une appétence pour LREM ? Moi, je vous dis que non et je le vis au quotidien. Ils peuvent demain – c’est la démocratie – gagner avec dix personnes en un mois et demi, est-ce que ça donne une base solide ? Je ne le pense pas. On a le droit de dire que je suis à côté de la plaque, mais je crois que c’est la réalité.

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À archiver.

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