Sapin et Touraine ne s'opposent pas à ce qu'un socialiste vote Macron (plutôt que Hamon) à la présidentielle

Publié à 11h43, le 31 janvier 2017 , Modifié à 12h11, le 31 janvier 2017

Sapin et Touraine ne s'opposent pas à ce qu'un socialiste vote Macron (plutôt que Hamon) à la présidentielle
© montage captures d'écran

En pleine primaire de gauche, Jean-Marc Ayrault avait fait sensation en n'excluant pas un possible retrait du candidat socialiste en faveur de Macron. Une question de "dynamique" selon lui. Quelques heures après la désignation du candidat du PS à la présidentielle, Benoît Hamon, un ministre fait déjà des signes en direction d’Emmanuel Macron : il s’agit de Jean-Marie Le Guen. Le secrétaire d’Etat chargé du Développement et de la Francophonie, qui a toujours été l’un des plus critiques de la ligne Hamon et des frondeurs en général, estime qu’il est possible d’être socialiste et de voter Macron.

D’autres ministres s’expriment ce 31 janvier. Ils reconnaissent la victoire de Benoît Hamon mais ne condamnent pas les propos de leur camarade du gouvernement. Ils se donnent une sorte de période d'observation. Interrogé sur France inter sur la position de Jean-Marie Le Guen (et des Réformateurs), Michel Sapin (soutien de Manuel Valls à la primaire) explique :     

"

Chacun fera les choix qu’il voudra. Je pense que le mieux c’est quand même d’attendre un peu et de laisser à chacun la chance d’exprimer ce qu’il a envie d’exprimer, d’avoir le geste qu’il a envie d’avoir et d‘avoir la capacité de rassemblement qui est possible.



Il y a des dynamiques, il faut observer les dynamiques, observer la manière dont chacun se conduit, il faut observer les capacités de rassemblement avant de porter un jugement mais je vous rassure, les rassure, la fenêtre d‘opportunité n’est pas très grande. Nous avons devant nous 15 jours, 3 semaines pour permettre à Benoît Hamon de faire les gestes en toute sincérité, dans le respect de ce qu’il est, pour faire les gestes qui permettront le rassemblement et la dynamique.

"

Benoît Hamon a donc 15 jours pour faire ses preuves. Marisol Touraine, sur RTL explique de son côté : 

"

Moi je vous l'ai dit, j'écoute et j'observe ce que disent tous les candidats progressistes et là encore, c'est la capacité de rassemblement. Il y a des socialistes autour d'Emmanuel Macron. Il n'y a pas que des socialistes, mais il y a des socialistes, c'est ce qu'il faut clarifier. Il faut se donner les moyens de battre le candidat de la droite et la candidate de l'extrême droite. [...] Sans doute sera-t-il utile que les candidats se parlent.

"

Même si elle désigne Benoît Hamon comme "le candidat incontestable du Parti socialiste", entre les deux candidats "progressistes" le choix semble donc, selon la ministre de la Santé, possible. Pourtant les choses sont claires (et répétées par Jean-Christophe Cambadélis) : un membre du PS ne peut pas soutenir un autre candidat que celui du PS à la présidentielle.

On notera que concernant une possible victoire de Hamon à la présidentielle, le ministre de l'Économie Michel Sapin estime qu'il y a une condition nécessaire. Il met en garde : 

"

Oui, si Benoît Hamon n’est pas fier – de manière argumentée - de ce qui a été fait, il y aura une difficulté. Cette difficulté mènera à l’échec.

"

Marisol Touraine fait le même constat : "Si Hamon ne change pas de ligne, il ne rassemblera pas". Comme Bernard Cazeneuve, les deux ministres estiment donc que pour réussir, Benoît Hamon doit assumer le bilan de François Hollande. Mais l'ancien ministre de l'Éducation nationale ayant été désigné après une campagne très critique vis-à-vis du quinquennat, l’équation pour la fameuse dynamique s’annonce compliquée…  

 

 

 

Du rab sur le Lab

PlusPlus