Malek Boutih imagine Manuel Valls refusant de démissionner en cas de victoire de Marine Le Pen en 2017

Publié à 16h23, le 30 octobre 2015 , Modifié à 16h25, le 30 octobre 2015

Malek Boutih imagine Manuel Valls refusant de démissionner en cas de victoire de Marine Le Pen en 2017
Malek Boutih © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

POLITIQUE-FICTION - Présidentielle 2017, soir du second tour : Marine Le Pen est élue présidente de la République. On attend la démission de Manuel Valls et de son gouvernement, ainsi que la nomination d'un nouveau locataire à Matignon. Contre toute attente, Manuel Valls refuse de quitter son poste pour se poser en "dernier rempart de la République". C'est le scénario *un peu* fou-fou imaginé par le député socialiste Malek Boutih.

Depuis quelque temps, ce dernier évoque beaucoup ce sujet. Le 25 octobre, il a même pronostiqué la victoire de la présidente du FN à la prochaine présidentielle. Et, auprès du Point jeudi 29 octobre, il imagine ce blocage primo-ministériel à l'arrivée de l'extrême droite à l'Élysée :

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Si Manuel Valls est alors Premier ministre, il n'est pas obligé de démissionner. Rien dans la Constitution ne le lui impose. Il ne s'agit que d'un usage républicain.

 

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Ce qui est vrai quoiqu'inédit. Dans une série d'été consacrée à la politique-fiction, justement, l'émission Mediapolis sur Europe 1 avait déjà imaginé cette situation précise. Éditorialiste et expert ès droit constitutionnel, Olivier Duhamel expliquait alors :

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La Ve République, c'est aussi un régime parlementaire. Dans les régimes parlementaires, le gouvernement n'est responsable que devant l'Assemblée. La démission d'après présidentielle n'a été que du bon vouloir de Barre en 1981, de Chirac en 1988, de Jospin en 2002, de Villepin en 2007 et de Fillon pour le dernier en date.



Autrement dit, seule l'Assemblée a le pouvoir de renverser le Premier ministre en votant une censure et Valls a le droit, aussi surprenant que ça puisse paraître, de ne pas démissionner.

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Une situation qui contrevient donc aux usages républicains, mais tout à fait légale. Cela entraînerait évidemment un sérieux blocage et une impossibilité de gouverner pour le (la) président(e) pourtant élu(e) au suffrage universel.

Et Malek Boutih de dérouler l'objectif de cette éventuelle démarche :

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Dans ce cas, Valls à Matignon sera le dernier rempart de la République. Il aura un mois, entre la présidentielle et les législatives, pour refonder la vie politique.

 

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Pas sûr que cela soit le meilleur moyen de "faire kiffer la République", comme l'ambitionne pourtant Malek Boutih lui-même.

Poursuivons le film d'anticipation. Face à cette résistance inattendue de Manuel Valls, Marine Le Pen pourrait aussi invoquer l'article 16 de la Constitution qui lui accorderait les pleins pouvoirs. Dans la situation imaginée par Mediapolis, elle s'y refusait, faisant le choix d'attendre les législatives censées dégager une majorité présidentielle au Palais Bourbon. Dans ce cas, les députés frontistes déposeraient une motion de censure contre le gouvernement qui, si elle était adoptée, provoquerait la démission de ce dernier.

Et Marine Le Pen pourrait ensuite nommer son Premier ministre, chargé de former une nouvelle équipe gouvernementale.

Politique-fiction, on vous dit.



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