Manuel Valls : "C'est au président de la République de traiter Macron"

Publié à 15h32, le 28 avril 2016 , Modifié à 17h09, le 28 avril 2016

Manuel Valls : "C'est au président de la République de traiter Macron"
Manuel Valls déclinant d'un geste sans équivoque toute responsabilité dans le comportement d'Emmanuel Macron © ALAIN JOCARD / AFP

DEAL WITH IT - Longtemps, Manuel Valls a pris à coeur de faire comprendre à Emmanuel Macron qui était le patron. Et puis bon. Il semblerait que François Hollande soit de plus en plus occupé à rappeler le ministre de l'Économie à l'ordre. Alors maintenant, le Premier ministre s'en lave un peu les mains.

En déplacement à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) depuis mercredi 27 avril, le chef du gouvernement a ainsi indiqué à la presse qu'Emmanuel Macron était désormais le problème de François Hollande. Et basta. D'après Le Monde ce jeudi, il a notamment déclaré :

 

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Emmanuel Macron n'a pas de permis de critiquer, mais c'est aussi au président de la République de le traiter

 

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Des propos rapportés dans des termes identiques par  Le Figaro : "C'est au président de la République de traiter Macron."

Car si Emmanuel "petit frère" Macron se permet de prendre son indépendance, c'est un peu de la faute de François Hollande, d'après lui. "Ce n'est pas Carlos Da Silva, Jean-Marie Le Guen ou Luc Carvounas [tous trois socialistes vallsistes, ndlr] qui l'ont coaché. Ce n'est pas moi qui l'ai convié à un séminaire à l'Elysée", a poursuivi un Manuel Valls visiblement désireux de laisser à chacun le soin de régler ses propres soucis.

Ce "séminaire" évoqué par le Premier ministre s'est tenu il y a quelques semaines. Objet de la réunion : 2017 et les sondages actuels du chef de l'État. Autour de ce dernier : des conseillers, son ami Julien Dray, les communicants Philippe Grangeon et Robert Zarader, le sondeur Brice Teinturier, mais aussi... Ségolène Royal et Emmanuel Macron, deux seuls ministres à avoir été conviés. Ce jour-là, l'avenir de François Hollande et plus précisément la présidentielle qui arrive ont donc été discutés sans Manuel Valls.

Celui-ci considère en conséquence qu'à trop valoriser celui qui fut longtemps son ministre "chouchou", le Président lui a donné envie de voler de ses propres ailes (ne lui a-t-il pas donné sa bénédiction pour créer son mouvement politique, "En Marche" ?). Et qu'il lui appartient logiquement de le faire redescendre sur terre.

Au passage, Manuel Valls a aussi confirmé, en creux, que ses relations personnelles avec Emmanuel Macron étaient un poil tendues ces derniers temps. À une question sur le sujet, il a répondu comme suit, selon Le Monde :

 

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Je crois que ce n’est pas avec moi maintenant que c’est tendu.

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"Maintenant" non, mais avant oui, donc. 

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