Manuel Valls dénonce les propos de Donald Trump sur la politique migratoire allemande (alors qu'il a formulé la même idée à Munich)

Publié à 08h58, le 16 janvier 2017 , Modifié à 08h58, le 16 janvier 2017

Manuel Valls dénonce les propos de Donald Trump sur la politique migratoire allemande (alors qu'il a formulé la même idée à Munich)
Manuel Valls © Europe 1

Les propos ne passent pas inaperçus. Dans une interview à Bild et Times lundi 16 janvier, Donald Trump critique – notamment – la politique migratoire allemande et plus spécifiquement l'accueil des réfugiés. "Je ne veux pas faire comme l’Allemagne. A ce propos, je dois dire que j’ai beaucoup de respect pour Merkel. Mais je trouve que ce qui s’est passé là-bas est très malheureux", commente le président américain élu. "Je vais la [Angela Merkel] rencontrer. Je la respecte et je l’apprécie. Mais je pense que c’était une erreur. Les gens font des erreurs, mais là je pense que c’en était vraiment une grave", ajoute le futur commander in chief.

Les propos du 45e président américain sont pour le moins iconoclastes. Vus de France, ces mots font cependant irrémédiablement penser à ceux de Manuel Valls en février 2016, à Munich. Invité d'Europe1 ce lundi, l'ancien Premier ministre et candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire est interrogé sur cette proximité de positions. L'intéressé n'est pas d'accord et dénonce les propos de Donald Trump. Il dit :

 

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Donald Trump s'exprime d'une drôle de manière. Sa première interview porte sur l'Europe, sur une critique de l'Europe alors que lui-même est engagé dans une politique migratoire vis-à-vis du Mexique, dont on voit bien qu'elle est le fruit d'une campagne particulièrement dure, particulièrement absurde, particulièrement démagogique, sur la construction d'un mur entre les États-Unis et le Mexique.

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"En tout cas, pour ce qui concerne l'Europe, nous devons évidemment bâtir une politique solide, sérieuse. Une politique à la fois d'accueil des réfugiés et en même temps de protection de nos frontières", ajoute l'ancien chef du gouvernement, estimant que "si l'Europe ne se protège pas, c'est la libre circulation au cœur de l'espace européen qui sera remise en cause".

Manuel Valls s'était déjà fait tancé sur le sujet, dimanche, par Vincent Peillon, lors du deuxième débat de la primaire de la Belle Alliance Populaire. Les mots prononcés en février 2016 à Munich ont encore un certain écho. En Allemagne, celui qui était alors Premier ministre de la France avait critiqué la politique menée par Angela Merkel en matière d'accueil des réfugiés. "Je suis venu faire passer un message d’efficacité […] L’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés […] Nous ne pouvons accueillir plus de réfugiés", avait-il déclaré. 

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