À l'Assemblée puis au Sénat, Valls répète qu'il en a marre de "ceux qui cherchent des excuses sociologiques ou culturelles" aux attentats de Paris

Publié à 16h06, le 26 novembre 2015 , Modifié à 16h21, le 26 novembre 2015

À l'Assemblée puis au Sénat, Valls répète qu'il en a marre de "ceux qui cherchent des excuses sociologiques ou culturelles" aux attentats de Paris
Manuel Valls, détendu © JACQUES DEMARTHON / AFP

DOUBLE EFFET KISS COOL - Manuel Valls est un chouïa exaspéré. Cette "boule au ventre" qu'il a depuis les attentats du 13 novembre, l'agite. Aujourd'hui, la France est "en guerre", martèle-t-il depuis 13 jours. Et, "en guerre", le principal n'est pas de chercher des excuses à l'ennemi. Le principal est de trouver comment anéantir cet ennemi.

Alors n'allez pas lui dire que la radicalisation est liée à tel ou tel phénomène sociétal. Cela l'énerve.

Ainsi, ce jeudi 26 novembre, lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat, le Premier ministre lance :

J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications sociologiques ou culturelles à ce qui s’est passé.

 

Manuel Valls explique que ce n'est pas parce qu'il y aurait "des difficultés dans nos quartiers populaires" qu'on pourrait trouver "la moindre excuse et la moindre justification à ce qu'il s'est passé".

C'est étrange mais on a un peu l'impression que le Premier ministre se répète ce jeudi. Ah mais oui, ce n'est pas une impression. Mercredi, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Manuel Valls a tenu peu ou prou le même discours. Il a dit :

Aucune excuse ne doit être cherchée : sociale, sociologique ou culturelle. [...]  Tout a été fait par mon gouvernement et tout continuera à être fait par rapport à une menace.

 

Cette position du Premier ministre peut être interprétée comme un rappel à l'ordre adressé à Emmanuel Macron. Dimanche 22 novembre, le ministre de l'Économie avait estimé que la France devait assumer une "part de responsabilité" dans le "terreau" sur lequel le djihadisme a pu prospérer.

"Nous avons une part de responsabilité, parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s'installer dans la société. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et si demain nous n'y prenons pas garde, il les divisera plus encore", avait-il déclaré lors de l'université du groupe social-démocrate "Les Gracques".

Cette interprétation d'un recadrage du ministre par le chef du gouvernement, plusieurs élus LR l'ont faite, à l'image d'Éric Ciotti mercredi ou de Lionnel Luca ce jeudi : 

Il est vrai que les relations entre Manuel Valls et Emmanuel Macron sont plutôt fraîches en ce moment. Au moins, cette fois, le Premier ministre n'a pas parlé du "zizi" de son ministre de l'Économie…

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