D'après Manuel Valls, même les Allemands trouvent la loi El Khomri équilibrée

Publié à 08h57, le 23 février 2016 , Modifié à 08h59, le 23 février 2016

D'après Manuel Valls, même les Allemands trouvent la loi El Khomri équilibrée
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DEUTSCHE QUALITÄT – Manuel Valls fait actuellement le service avant-vente de la loi El Khomri sur le droit du travail. Après un billet Facebook publié lundi 22 février dans lequel le Premier ministre explique que son devoir, c'est "d'aller plus loin, pour vaincre les conservatismes, casser la logique de la demi-mesure et chercher des solutions neuves et audacieuses" pour combattre le chômage de masse, le chef du gouvernement est sur RTL ce mardi. Le programme est le même : Manuel Valls se veut le chantre du progressisme "pour faire en sorte que les entreprises, ça marche, ça embauche".

Le texte qui sera présenté en conseil des ministres mercredi 9 mars est, selon lui, équilibré. "Je crois qu'il n'y a pas de sacrifices" demandés aux salariés, jure-t-il avant d'expliquer qu'il n'y a pas que lui qui porte ce regard. En Allemagne, par exemple, on liebe vraiment beaucoup cette réforme.

Manuel Valls dit :

Je suis d'ailleurs très frappé par le fait que, ailleurs dans les autres pays, je pense par exemple à la ministre du Travail sociale-démocrate qui recevait Myriam El Khomri vendredi à Berlin, qui a salué ce texte comme un texte équilibré et, je pourrais même rajouter, gagnant-gagnant : gagnant pour les entreprises et gagnant pour les salariés.

 

Si l'Allemagne estime que la réforme du droit du travail est équilibrée, c'est donc sûrement le cas. L'exemple allemand est souvent cité comme le chemin à suivre par notre pays et l'ancien Gerhard Schröder, qui a bouleversé le paysage de l'emploi outre-Rhin, est érigé en modèle. Et pour cause : en Allemagne, le chômage avoisine les 4,5% quand il dépasse les 10% en France…

Manuel Valls ne rappelle pas que l'ancien leader allemand a, entre autres réformes, favorisé la multiplication des mini-jobs précaires. Seulement parle-t-il de "flexi-sécurité" pour expliquer qu'il faut permettre aux entreprises françaises de bénéficier de plus de "confiance". "Nous devons donner toutes les facilités aux entreprises pour pouvoir embaucher", assure le Premier ministre.

Il ajoute :

Cette loi ne remet pas en cause la durée légale du temps de travail, qui est à 35 heures. Elle ne remet pas en cause le CDI. Elle ne remet pas en cause le SMIC. Elle va donner de nouveaux droits : droit à la formation, droit à la pénibilité pour les salariés. Elle donne de la souplesse et de la flexibilité aux entreprises.

 

Présentée ainsi, forcément, la réforme semble vraiment ausgewogen. Et pourtant, une partie de la gauche et des syndicats s'y oppose. Fortement. 

 

[BONUS TRACK] We need UK

Il n'y a pas que l'Allemagne dans la vie, il y a aussi le Royaume-Uni. Alors que, outre-Manche, on se passionne pour un débat sur la sortie – ou non – de l'Union européenne, Manuel Valls raconte ce mardi à quel point l'Europe a besoin de ses amis rosbifs. Certes, l'UE a fait l'euro sans les Anglais, mais ce n'est pas une raison. Le Premier ministre lance :

On a eu besoin d’eux pour gagner la Première et la Deuxième Guerre mondiale. On a besoin d’eux pour lutter contre le terrorisme. Il faut toujours regarder avec attention le fait que l’histoire est tragique. Et voir un pays aussi important que la Grande-Bretagne quitter l'Union européenne, c’est une mauvaise chose pour les britanniques et pour l'Europe.

L'argument de la Première et la Deuxième Guerre mondiale est étonnant. On espère que cela ne signifie pas, a contrario, que l'on peut se passer des Allemands en Europe… 

Du rab sur le Lab

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