Manuel Valls hué et sifflé lors de l'hommage aux victimes de l'attentat de Nice

Publié à 12h15, le 18 juillet 2016 , Modifié à 16h47, le 18 juillet 2016

Manuel Valls hué et sifflé lors de l'hommage aux victimes de l'attentat de Nice
Manuel Valls à Nice, lundi 18 juillet 2016, lors de la minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet © Montage Le Lab via LCI

À midi ce lundi 18 juillet, la France s'est figée dans le recueillement pour une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat de Nice. 84 personnes sont mortes et plus de 200 blessées dans une attaque au camion sur la Promenade des Anglais jeudi 14 juillet, revendiquée par Daech. Manuel Valls a participé à l'hommage national à Nice-même, sur les lieux du drame.

Mais le Premier ministre a été hué, insulté et sifflé à son arrivé et à son départ de la Promenade des Anglais. On a entendu des "salaud", "salopard", "dehors" et "démission" scandés par certaines personnes sur place.

Manuel Valls a donc été copieusement houspillé à son arrivée à la tribune officielle, comme on peut le voir sur ces images d'iTélé :



Mais aussi lorsqu'il en est parti (images LCI) :



Une pancarte "Honte à l'UMPS, responsable", élément de langage du Front national, a également été repérée dans la foule :

Vendredi déjà, au lendemain de l'attentat, des "Hollande démission" avaient été entonnés sur la Promenade des Anglais :





 

[Edit 14h40]

Philippe Tabarot, vice-président LR de la région Paca, estime que cette expression de colère n'est peut-être pas venue de nulle part. "Il y avait une tension forte, une ambiance électrique sous la chaleur, les gens étaient plus énervés que recueillis. En même temps, j'ai l'impression que ce n'était pas spontané, ces huées", a déclaré à l'AFP le vice-président chargé des Transports. Le même affirme que, lors de la cérémonie, "il y avait une petite bande aux abords, qui était clairement identifiée FN". "D'ailleurs, Marion Maréchal-Le Pen", patronne de l'opposition régionale Front national et présente à la cérémonie, "est allée les saluer à la fin", selon lui.

"Ça ne m'a pas plu. C'est la dernière journée de deuil national, il faut garder de la décence", a ajouté Philippe Tabarot.

Florian Philippot, numéro 2 du FN, a immédiatement réagi à cette affirmation, ironisant sur le "vaste complot" qu'elle suppose :

Marion Maréchal-Le Pen s'est en tout cas félicitée de ces huées adressées au chef du gouvernement, estimant sur Twitter que "les Français réclament la démission du gouvernement" :





 

[Edit 16h45]

Manuel Valls a réagi à ces sifflets auprès de Nice Matin. Le chef du gouvernement les juge "indignes dans une cérémonie de recueillement et un hommage aux victimes". Mais il affirme surtout, lui aussi, qu'ils sont le fait de "militants" politiques organisés, et non d'une manifestation de colère "spontanée". Il dit :

 

"

C’est l’attitude peu spontanée d’une minorité, l’immense majorité de la foule était là pour se recueillir. Mais quand on chauffe à blanc des militants, des sympathisants, il ne faut pas s’étonner de recueillir de la division et de la haine. Cette image n’est pas celle de Nice et pas davantage celle de la France.

"

Du rab sur le Lab

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