Manuel Valls : "Je n’ai jamais rien fait pour empêcher Hollande d’être candidat"

Publié à 19h38, le 06 décembre 2016 , Modifié à 19h38, le 06 décembre 2016

Manuel Valls : "Je n’ai jamais rien fait pour empêcher Hollande d’être candidat"
© FRED TANNEAU / AFP

Même après avoir quitté le gouvernement pour se porter candidat à l’élection présidentielle, Manuel Valls continue de mettre en avant sa "loyauté" à François Hollande. Une qualité revendiquée par l’ex-Premier ministre pour marquer sa différence avec Emmanuel Macron.

Ainsi a-t-il confié à ses visiteurs, selon Le Canard enchaîné du 7 décembre, après le renoncement du chef de l’État à briguer un second mandat présidentiel :

"

S’il n’y avait pas eu mon interview au JDD, est-ce qu’il [François Hollande, ndlr] aurait réalisé l’état dans lequel il était ? Moi, je n’ai jamais rien fait pour empêcher Hollande d’être candidat. J’ai, au contraire, tout fait pour réunir les conditions afin qu’il le soit. Mais la parution du livre [Un Président ne devrait pas dire ça…, ndlr] lui a ôté toute chance. J’ai dit que j’étais prêt pour répondre aux gens de gauche qui étaient paniqués, qui voyaient qu’une candidature Hollande devenait compliquée et qui s’interrogeaient sur la suite.

"

Manuel Valls explique donc que l’offensive menée par lui-même et ses proches depuis la parution du bouquin de Gérard Davet et Fabrice Lhomme visait 1/ à faire prendre conscience à François Hollande qu’il n’était plus en mesure d’être candidat et 2/ à préparer d’ores et déjà le terrain auprès des militants, avant même l’abdication du chef de l’État. Ce faisant, sa candidature passerait moins pour une décision prise par défaut.

En creux, l’ex-chef du gouvernement admet qu’il a "tout fait" pour que François Hollande soit candidat… mais seulement jusqu’à la sortie du livre. Après quoi il s’est lâché. D’abord en qualifiant les confidences de "suicide politique", en disant sa "colère" et en rapportant la "honte" des militants PS, en demandant tous les jours à François Hollande s’il comptait se représenter, jusqu’à cette interview au JDD dans laquelle il s’est dit "prêt".

Sans compter les tentatives de décrédibilisation de ses proches : le sénateur Luc Carvounas qui assure que les confidences de François Hollande rendent son bilan "indéfendable", le député Malek Boutih qui ne veut pas "laisser François Hollande être candidat" et refuse de le soutenir en 2017, etc.

Mais tiens, même avant la parution du livre de confidences, Manuel Valls affichait déjà ses ambitions présidentielles. Qu’il voyait alors plutôt "entre 2022 et 2032", certes. Cela était néanmoins suffisant pour être suspect aux yeux de François Hollande. "Il faut que je me méfie", mettait en garde le chef de l’État début octobre. Deux mois plus tard, voilà Manuel Valls candidat à sa succession.





À LIRE SUR LE LAB :

Manuel Valls est prêt : "Si Hollande n'y va pas, dans la minute, je suis candidat"

Comment Manuel Valls essaye de disqualifier une candidature Hollande

Valls sur Hollande : "Je ne le respecte pas et je ne le supporte plus"

Du rab sur le Lab

PlusPlus