Manuel Valls menace Cécile Duflot de lui opposer un candidat socialiste aux législatives en 2017

Publié à 19h32, le 01 septembre 2015 , Modifié à 19h43, le 01 septembre 2015

Manuel Valls menace Cécile Duflot de lui opposer un candidat socialiste aux législatives en 2017
© AFP.

VALLS LA MENACE - Pour Jean-Christophe Cambadélis, une alliance des Verts avec le Front de gauche serait "une ligne rouge" à ne pas dépasser. Une ligne rouge avec laquelle flirte Cécile Duflot ainsi que les écolos qui ne sont pas hollando-compatibles. Alors qu’EELV se déchire avec les départs de ses deux présidents de groupe parlementaire, Jean-Vincent Placé et François de Rugy, les socialistes mettent la pression sur l’ancienne ministre du Logement. L’objet de leur menace ? Les législatives de 2017.

Ainsi, alors que les écolos discutent dans une poignée de régions avec le Front de gauche pour les régionales de décembre, Manuel Valls a pesté, selon Le Canard Enchaîné de ce mercredi 2 septembre, contre l’ancienne secrétaire nationale écologiste. Et menace de lui opposer un candidat socialiste dans sa circonscription parisienne. Une circo "en or" pour la gauche, obtenue grâce à l’accord électoral entre EELV et le PS de Martine Aubry en 2012.

Le Premier ministre, dont l’arrivée à Matignon a engendré le départ des ministres écolos, a ainsi proféré comme menace, au cas où un accord électoral serait bel et bien conclu entre les Verts et le FdG dans certaines régions :

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La séparation serait irrémédiable. Il n’y aura pas d’accord pour les députés Verts qui auront soutenu cette stratégie suicidaire aux régionales. A commencer par Duflot, qui aura un candidat socialiste dans sa circonscription.

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Une menace que les écolos ne doivent pas prendre à la légère, eux qui ont obtenu leur premier groupe parlementaire de leur histoire à l’Assemblée nationale grâce aux alliances avec la rue de Solférino. Et une socialiste en particulier serait ravie de barrer la route à l’ex-ministre, sa suppléante Danièle Hoffman-Rispal qui rêve, comme l’écrit Le Scan, de retrouver son mandat de députée.

Au Scan, le député PS de Paris Patrick Bloche tempère néanmoins ces pressions sur Cécile Duflot et les députés EELV. "Faire du chantage électoral n'est pas le meilleur moyen de réussir. Cécile Duflot elle-même est consciente de sa situation, ça ne sert à rien de faire des piqures de rappel", explique celui qui préside la commission des Affaires culturelles et de l’éducation au Palais Bourbon.

Si jamais ces dissensions entre ex-alliés persistent et/ou survivent après les régionales, il y aura ensuite comme juge de paix la présidentielle. Sur ce point, Manuel Valls est clair. Et semble-t-il presque confiant après les départs de cadres hollando-compatibles du parti écolo. "Sa ligne est sans avenir", dit-il, selon le Canard Enchaîné à propos de Cécile Duflot. Et d’ajouter :

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Elle se retrouve à la tête d’une formation politique explosée. Il n’est pas dit qu’elle puisse aller au bout d’une candidature en 2017.

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