Manuel Valls reçoit une gifle lors d'un déplacement de campagne à Lamballe

Publié à 17h13, le 17 janvier 2017 , Modifié à 06h21, le 18 janvier 2017

Manuel Valls reçoit une gifle lors d'un déplacement de campagne à Lamballe
© Gif via Le Télégramme

Après son annonce de candidature à la primaire de la BAP, Manuel Valls s'était dit heureux de retourner sur le terrain, au contact des Français. Mais depuis, sa campagne s'avère *un tantinet* compliquée. Le 22 décembre, à Strasbourg, l'ancien Premier ministre se faisait enfariner par un opposant au 49.3. Et ce mardi 17 janvier à Lamballe, en Bretagne, un jeune homme lui a mis une pichenette au visage

L'incident s'est produit alors que l'ex-chef de gouvernement sortait de la mairie de cette ville des Côtes-d'Armor et serrait quelques mains. Après son geste, l'individu a été immédiatement interpellé et plaqué sans ménagement contre une grille en fer par le service de protection du candidat, comme le montre cette vidéo du Télégramme. Une vidéo tournée avec un autre angle par un JRI de l'émission Quotidien permet de mieux voir cette agression :

 

Déjà à son arrivée à la mairie, Manuel Valls avait essuyé "quelques huées", selon un journaliste de l'émission Quotidien :

Après coup, Manuel Valls a déclaré, comme le rapporte un journaliste du Figaro :

"

Il y a ceux qui contestent la démocratie et ceux qui incarnent la démocratie, ce sont les responsables politiques. Si je suis engagé, c'est parce que je n'ai jamais eu peur du contact et du rapport avec mes compatriotes, quelle que soit leur opinion. Mais je sais que la démocratie, ça ne peut pas être la violence. Et un individu qui cherche à frapper, qui frappe un responsable politique, c'est évidemment toujours grave. Mais c'est pas ça qui m'intéresse. Moi ce que je veux, c'est convaincre les Français, c'est qu'ils viennent voter, qu'ils se saisissent de leur destin. Je veux incarner ce pays. C'est pas ma personne, là, qui est en cause. Donc je vais au contact des Français, je n'ai pas peur. Vous savez, moi je suis courageux. Je suis courageux, non pas physiquement parce que ce n'est pas le sujet ; je suis courageux parce que je dis la vérité et parce que je veux que la gauche continue d'incarner l'espoir, la lucidité, le fait d'incarner les responsabilités.

"

[Edit 18 janvier] Manuel Valls a décidé que l'affaire n'en resterait pas là. L'ancien Premier ministre a annoncé mardi soir qu'il allait porter plainte contre le jeune homme qui l'a giflé dans l'après-midi lors d'un déplacement de campagne en Bretagne, pour "ne pas laisser passer un acte de violence". "Je porterai plainte parce que c'est un coup", a déclaré à des journalistes le candidat à la primaire socialiste élargie, dans le train qui le ramenait à Paris. "L'acte physique est violent, ce n'est pas comme la farine", a-t-il souligné, en référence à un premier incident de campagne le 22 décembre à Strasbourg, où il avait été enfariné par un homme lui reprochant l'usage du 49-3. "Si vous laissez passer un acte de violence, si vous ne portez pas plainte, vous donnez l'impression que c'est possible", a fait valoir l'ancien Premier ministre.

Ce déplacement de Manuel Valls en Bretagne était à haut risque. Initialement prévu lundi 16 janvier à Rennes, son annulation avait été annoncée le 10 janvier. Officiellement, la raison en était, selon l’entourage de l’ancien Premier ministre, l’impossibilité pour Jean-Yves Le Drian de participer à ce meeting, alors qu’il était annoncé. Mais le même jour, Force Ouvrière avait déposé une demande de manifester et un événement "Farine Party" connaissait un grand succès sur Facebook...

Après son enfarinage à Strasbourg, Manuel Valls avait réagi par la détente et l'ironie, expliquant : "Ce sont les joies de la campagne il n'y a aucun problème, la farine sans gluten c'est un bon présage [il est intolérant au gluten, ndlr]." Son directeur de campagne, le patron des sénateurs PS Didier Guillaume, avait ensuite expliqué vouloir "resserrer le dispositif mis en place autour" de son candidat, sans pour autant le "bunkeriser" afin "qu’il demeure accessible".

L'épisode avait tout de même suscité de sérieuses interrogations en cette période d'état d'urgence, même si *l'enfarineur* avait là aussi été arrêté immédiatement. Un débat qui ne devrait pas manquer d'être réactivé après cet incident. Un autre épisode de confrontation, bien moins violent, avait marqué les tout premiers jours de la campagne de Manuel Valls : le 8 décembre, il s'était fait chaudement engueuler par une militante qui assistait à son premier meeting.



[EDIT 19h12]

Selon l'entourage de Manuel Valls, l'homme en question serait "proche de l'extrême droite bretonne autonomiste". 

[EDIT 20h12]

Ajout de la vidéo de l'émission Quotidien.

 

 

 

À LIRE SUR LE LAB :

"49.3, on n'oublie pas" : Manuel Valls visé par un jet de farine à Strasbourg

> Une acte violent et inacceptable : la gauche condamne l'agression contre Manuel Valls en Bretagne

Du rab sur le Lab

PlusPlus