Marine Le Pen prête à "céder la place" à un "meilleur" candidat qu'elle pour la présidentielle 2022

Publié à 09h16, le 22 mai 2017 , Modifié à 10h14, le 22 mai 2017

Marine Le Pen prête à "céder la place" à un "meilleur" candidat qu'elle pour la présidentielle 2022

AVIS AUX AMATEURS - Sèchement battue au second tour de la présidentielle par Emmanuel Macron malgré un record historique de voix pour le Front national, Marine Le Pen sera-t-elle à nouveau en course pour la prochaine élection, en 2022 ? Eh bien, pas forcément. Sur franceinfo: lundi 22 mai, la présidente du FN se dit en effet prête à "céder la place" si un(e) "meilleur(e)" candidat(e) qu'elle s'impose.

Alors que le journaliste Jean-Michel Aphatie lui demande si, après le débat d'entre-deux-tours qu'elle a reconnu avoir "raté", elle pense "encore pouvoir être un jour élue présidente de la République", Marine Le Pen commence certes par éclater de rire. Mais elle explique dans la foulée :

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Bah ça me fait rire, pourquoi ? Parce que je suis une responsable politique qui oeuvre et me bats, je crois sans compter ni mon temps ni mon énergie, pour défendre les Français depuis de nombreuses années. Par conséquent, si je suis la mieux placée dans 5 ans pour porter les idées qui sont les nôtres, je serai à nouveau candidate ; s'il y a quelqu'un qui est mieux placé que moi, eh bien je céderai la place à celui ou celle qui est le mieux placé pour défendre les idées nationales.

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Encore faudrait-il donc qu'une telle candidature émerge, ce qui ne sera pas forcément naturel dans un parti profondément marqué par le culte du chef, et plus particulièrement encore après des années de personnalisation à l'extrême autour de celle qui n'est plus que "Marine" pour les militants et cadres frontistes, le logo du parti et son nom de famille ayant totalement disparu pendant sa campagne.

Mais cette déclaration relancera sûrement les discussions autour du futur politique de Marion Maréchal-le Pen. La députée FN du Vaucluse, nièce de Marine Le Pen, a récemment annoncé prendre une retraite politique que tout le monde imagine n'être que temporaire. Plus que jamais désireuse de réaliser la fameuse "union des droites" qui n'a pas eu lieu sous la présidence de sa tante, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen se mettra-t-elle vraiment en ordre de bataille pour la prochaine présidentielle ?

Les ambitieux de tout poil ont quoi qu'il en soit la bénédiction de la cheffe pour faire connaître leurs prétentions...





[BONUS TRACK]

Autre sujet épineux du côté du FN en ce moment : quid de la sortie de l'euro ? Cette proposition centrale - mais très contestée en interne - du programme du Front national sera-t-elle encore défendue à l'avenir ? "Le sujet de l'euro a inquiété considérablement les Français", avait déjà reconnu Marine Le Pen le 18 mai au JT de TF1, ouvrant la voie à un "débat" à ce sujet "au prochain Congrès" du parti, qui se tiendra probablement courant 2018. Or, son plus proche conseiller et numéro 2 du Front, Florian Philippot, a prévenu qu'il quitterait le parti si la sortie de l'euro devait être abandonnée. Et la présidente du FN semble prête à prendre ce risque.

Sur franceinfo: lundi 22 mai, elle commence par défendre le bien-fondé de cette proposition du retour à une monnaie nationale. "Je pense qu'il faut continuer à faire de la pédagogie, il faut expliquer aux Français en quoi la souveraineté est un élément essentiel de la maîtrise de notre économie", dit Marine Le Pen, qui veut faire en sorte "que les Français ne soient pas terrorisés par la souveraineté monétaire que nous appelons de nos vœux". Mais si elle est donc encore attachée à cette idée, elle répète qu'un "débat" à ce sujet aura lieu au sein des instances frontistes "après les législatives", laissant aux adhérents du parti le soin de déterminer la ligne.

Quitte à pousser Florian Philippot à aller "au bout de ses convictions" en cas d'abandon de la sortie de l'euro. Marine Le Pen indique en effet :

 

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Si demain les adhérents du Front national décidaient que l'on doit abandonner cette partie-là, il ne se sentirait plus en accord avec ses convictions, mais je trouve que c'est tout à son honneur. Nous, nous sommes des gens de convictions, nous défendons nos convictions.

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"Mais je pense que le sujet ne sera pas celui-là", ajoute-t-elle, sous-entendant que les militants frontistes voudraient majoritairement garder cette proposition dans le programme. Ce qui n'est pas forcément le cas parmi les principaux cadres du parti...



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