Matthias Fekl répond à son collègue du gouvernement Emmanuel Macron que le libéralisme n’est pas de gauche

Publié à 12h45, le 17 décembre 2015 , Modifié à 11h09, le 07 avril 2016

Matthias Fekl répond à son collègue du gouvernement Emmanuel Macron que le libéralisme n’est pas de gauche
Matthias Fekl et Emmanuel Macron. © THOMAS SAMSON / AFP

Il n’y a pas qu’à droite qu’on se chamaille sur la question de la ligne politique, trop droitière ou trop centriste. Il y a bien aussi deux lignes politiques distinctes qui coexistent au sein du gouvernement. Une coexistence pacifique, pour le moment. L’une de ces lignes est cristallisée autour de la personne et des prises de position du turbulent Emmanuel Macron, ce "ministre d'ouverture". L’autre sort du bois avec le secrétaire d’Etat Matthias Fekl.

Car le jeune secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, normalien de formation, n’est pas du tout, mais alors vraiment pas du tout, d’accord avec Emmanuel Macron. Au ministre de l’Economie qui affirmait, en septembre 2015, que le "libéralisme est une valeur de la gauche", Matthias Fekl lui dit en substance qu’il raconte tout simplement n’importe quoi.

Rapporté par un "téléphone rouge" de L’Obs en kiosques ce jeudi 17 décembre, Matthias Fekl réplique au "bolchévisme libéral" macronien (dixit Jean-Christophe Cambadélis) dans la revue de l’ENS (une interview mise en ligne sur le site personnel du secrétaire d'Etat). Il dit, au cours de ce long entretien de fond sur les enjeux intellectuels de l'époque et sans répondre ostensiblement à Macron mais en faisant passer un message limpide :

"

Il faut retrouver les moyens d’intervenir sur le cours des choses, et donc aller à rebours d’un certain nombre de tendances de fond de ces dernières décennies. C’est pourquoi, non seulement le libéralisme n’est pas de gauche, mais il est même incompatible avec une certaine conception de l’intérêt général, du rôle de la puissance publique et du respect des choix démocratiques. Cet agenda est un enjeu majeur pour ma génération politique, et aussi pour toute une génération de jeunes intellectuels. Je ne parle pas des grands narcisses du petit écran, mais de ceux qui mènent un vrai travail de fond en se confrontant aux faits et aux textes. Nous avons besoin de réhabiliter d’autres écoles de pensées, en économie en particulier. La faillite d’une certaine école de pensée, qui n’a d’ailleurs jamais vu venir les crises mais se permet néanmoins de donner des leçons, rend indispensable de réhabiliter le débat

"

"Incompatible avec une certaine conception de l’intérêt général." Okay. Elle va être sympa l’ambiance au prochain conseil des ministres. Surtout que ce chenapan de Matthias Fekl ne s’arrête pas là et dit aussi tout le *bien* qu’il pense de la fameuse saillie d’Emmanuel Macron sur les jeunes qui doivent avoir "envie de devenir milliardaires". A un jeune qu’il aurait en face de lui, le secrétaire d’Etat s’adresserait ainsi (paye ta référence historique au passage) :

"

Je ne lui dirais pas, comme Guizot, ‘Enrichissez-vous !’

"

Et d’ajouter :

 

"

Ce n’est pas l’alpha et l’omega d’une vie réussie.

"

A bon entendeur.

 

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