Max Gallo, Prévert, Cyrano : le festival des références littéraires de Gérald Darmanin

Publié à 20h29, le 06 janvier 2015 , Modifié à 21h21, le 06 janvier 2015

Max Gallo, Prévert, Cyrano : le festival des références littéraires de Gérald Darmanin
Gérald Darmanin © PHILIPPE HUGUEN / AFP

SÉRIE L - Si vous l'aviez manqué, Gérald Darmanin est fin connaisseur de Bobby Lapointe. Mais l'ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy est aussi un homme de lettres et tient à le faire savoir. Invité d'iTélé mardi 6 janvier au soir, le député-maire de Tourcoing a ainsi multiplié les références littéraires pour appuyer son propos. 

Cela commence dès le premier sujet abordé : la démission de Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT englué dans plusieurs scandales. "Il était temps qu'il démissionne, c'est la moindre des choses", estime d'abord le secrétaire général adjoint de l'UMP chargé des élections. Avant d'enchaîner :

Ce qui est sûr c'est que les révélations, qui n'ont pas été tout à fait contredites d'ailleurs par monsieur Lepaon, sont dévastatrices pour lui, pour son organisation syndicale, qui en plus protège les plus modestes. Et comme le disait Max Gallo à propos des socialistes, 'on ne peut pas à la fois être proche des plus modestes et jouir de tous les luxes des riches'. 

Une citation qu'il avait déjà utilisée au moins une fois, dans une interview au Bondy Blog, en juillet dernier. Les mots choisis n'étaient toutefois pas les mêmes : 

Il y a une très jolie phrase de Max Gallo qui dit : 'On ne peut pas jouir de tous les plaisirs des riches et être le porte-parole des pauvres'.

Une minute plus tard sur iTélé, ce proche de Xavier Bertrand sort une deuxième référence de son chapeau. La discussion porte cette fois sur les dernières prises de parole de François Hollande, lors de ses vœux aux Français puis sur France Inter lundi. Gérald Darmanin convoque alors Cyrano de Bergerac :

C'est à l'image de son quinquennat, c'est-à-dire beaucoup de paroles et peu de contenu. C'est un peu vide et c'est un peu court jeune homme, comme disait Cyrano de Bergerac.

Référence à l'attaque de la tirade dite "du nez". Le jeune élu de Tourcoing n'est d'ailleurs pas le premier à faire siens les propos du fameux gascon. En septembre dernier, Patrick Devedjian avait déjà cité les mêmes vers pour moquer le discours de politique générale de Manuel Valls devant les députés. 

Troisième exercice de name dropping quatre minutes plus loin. Gérald Darmanin critique la loi Macron, qu'il juge fourre-tout. 106 articles, rappelle-t-il, dans lesquels on trouve "pêle-mêle la libéralisation des autocars, une nouvelle autorité de régulation pour le fret ferroviaire, vous avez les notaires, vous avez les pharmaciens, le travail le dimanche..." Conclusion :

Je crois que ce n'est pas en faisant un inventaire à la Prévert qu'on trouve une grande loi généreuse. 

Entre temps, ce nouveau "ténor de l'UMP" avait cependant prouvé qu'il n'avait pas que des références littéraires en réserve. Pour justifier le silence médiatique de Nicolas Sarkozy face à l'offensive de François Hollande, il avait en effet cité l'humoriste Raymond Devos :

 

Par rapport aux interventions de François Hollande, comme il ne dit rien, c'est difficile d'être contre rien. Vous savez Tourcoing est la ville de Raymond Devos et je crois que nous sommes un peu dans le théâtre de l'absurde, malheureusement, avec le président de la République. C'est difficile de s'opposer au vide. 

Qu'on se le dise : Gérald Darmanin ne sera pas, à l'inverse de certains de ses petits camarades, pris en défaut côté littérature

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