Meeting d'Emmanuel Macron: les cinq phrases qui vont mettre l'ambiance au Conseil des ministres

Publié à 22h54, le 12 juillet 2016 , Modifié à 23h06, le 12 juillet 2016

Meeting d'Emmanuel Macron: les cinq phrases qui vont mettre l'ambiance au Conseil des ministres
Emmanuel Macron © AFP
Image Etienne Girard

Etienne Girard

Elle va être bonne l'ambiance du Conseil des ministres, demain matin. Ce mardi 12 juillet, Emmanuel Macron a mis le paquet pour le premier meeting de son mouvement En Marche. Au programme, une véritable démonstration de force, qui a vu le ministre de l'Économie se poser en candidat anti-système, dans un discours d'un peu plus d'une heure, déclamé debout, sans notes, devant 3.000 personnes (selon ses dires).

Sans aller jusqu'à déclarer formellement sa candidature à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron s'est bien gardé de reprendre le public, qui s'est mis à scander, debout, "Macron président". Après 30 secondes d'acclamation, l'ex-banquier de Rothschild s'est contenté de susurrer : "d'abord un projet". Tout un symbole. Retour sur ces cinq moments qui ont dû faire fémir de rage François Hollande et Manuel Valls.

1) On va faire sauter le système

Emmanuel Macron s'est fendu d'un gros clin d’œil aux membres du gouvernement qui l'ont violemment éreinté dans un article publié dans Le Monde, ce mardi 12 juillet, lui demandant en substance plus d'esprit collectif. Devant un public conquis, le ministre a persisté et signé. Il s'est posé en candidat anti-système, imperméable aux critiques, renforcé par la présence de quelque 3.000 personnes (selon lui) à la Mutualité :

 

"

Cette histoire elle dérange, inquiète le système. S'il pense que nous allons céder, vous lui montrez que c'est le contraire.

"

 

2) Il y en aura d'autres

La dédicace a été ici plus spécifique. A Manuel Valls qui voulait cet après-midi que "tout cela s'arrête", Emmanuel Macron a opposé une fin de non-recevoir en annonçant de nouveaux meetings de En Marche.

 

"

Il y en aura d'autres.

"

L'ex-secrétaire général-adjoint de l'Élysée a par ailleurs confirmé sa volonté d'organiser de nouveaux déplacements au nom d'En Marche, en parallèle de son activité de ministre de l'Économie :

"

Je continuerai à aller dans le pays et j'irai avec vous à la fin de l'été.

"

La fin de l'été correspondra-t-elle à la sortie du ministre du gouvernement ? Mystère et boule de gomme, pour l'heure.

3) Horizon 2017

Alors que le meeting d'Emmanuel Macron était également retransmis dans les rues autour de la Mutualité, Emmanuel Macron a poursuivi sa tirade en évoquant clairement 2017. Et la victoire lors de cette élection :

 

"

Imaginez où nous serons dans trois mois dans six mois dans un an […] Ce mouvement, personne ne l’arrêtera, nous le porterons ensemble jusqu’en 2017 et jusqu’à la victoire !

"

Difficile d'expliquer cette phrase sans estimer qu'Emmanuel Macron souhaite se présenter à l'élection présidentielle de 2017.

4) La loi Travail, c'est OLD

On le sait, l'exécutif a eu toutes les peines du monde à imposer sa Loi travail. Après onze manifestations syndicales, le projet de loi a été adopté en deuxième lecture à l'Assemblée la semaine dernière, grâce à l'engagement du 49.3. Ce qui n'empêche pas Emmanuel Macron de considérer cette loi comme... déjà dépassée :

 

"

La loi Travail, ce n'est déjà plus le combat d'aujourd'hui.

"

5) Valls se trompe sur la laïcité

Décidément pas dans les petits papiers d'Emmanuel Macron (et c'est réciproque), Manuel Valls est aussi critiqué en creux sur la question de la laïcité. Alors que le Premier ministre s'est prononcé pour l’interdiction du voile à l'Université, le fondateur d'En Marche s'inscrit en faux :

 

"

Je ne crois pas qu’il faut inventer de nouveau texte pour aller chasser le foulard à l’université.

"

Bref, Emmanuel Macron ne souhaite pas démissionner mais le climat promet d'être bien frais au Conseil des ministres de ce mercredi 13 juillet.

Du rab sur le Lab

PlusPlus