Montebourg et Aubry se demandent si Valls est bien "de gauche"

Publié à 07h16, le 06 décembre 2016 , Modifié à 08h57, le 06 décembre 2016

Montebourg et Aubry se demandent si Valls est bien "de gauche"
Arnaud Montebourg et Martine Aubry © Montage Le Lab via AFP

LA GAUCHE DE DROITE - Manuel Valls est certes candidat à la primaire organisée par de la Belle Alliance Populaire en vue de 2017, mais est-il seulement de gauche ? Certains de ses adversaires en doutent. Identifié depuis des années comme représentant de "l'aile droite" du Parti socialiste, le futur ex-Premier ministre du second Président socialiste de la Ve République affiche la volonté de "rassembler" et "réconcilier" sa famille politique. Un labeur qui s'annonce intense pour le théoricien des "deux gauches irréconciliables", une expression que lui renvoient aujourd'hui sans ménagement Arnaud Montebourg ou Martine Aubry. 

Le premier est lui aussi candidat à la primaire. L'ex-ministre de l'Économie et du Redressement productif, interrogé après l'annonce de candidature de Manuel Valls lundi 5 décembre, a d'abord appuyé sur les propos du chef du gouvernement qui avaient divisé à gauche. "Ce qu'on peut lui reprocher, à Manuel Valls, c'est d'avoir théorisé les gauches irréconciliables. C'est très difficile pour le théoricien des gauches irréconciliables de rassembler l'ensemble des gauches", a-t-il attaqué. Puis, à la question de savoir si le cinquième homme de la primaire du PS en 2011 était "de gauche", il n'a pas répondu par l'affirmative :

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Je ne sais pas, il fait partie d'une famille politique qui est la mienne. Il a un certain nombre d'éléments à son actif, biographiques, qui montrent qu'il n'était pas toujours dans la tradition politique que je représente, mais, après tout, je ne donne aucune leçon à personne de ce que doit être la gauche.

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Comprendre : s'il est de gauche, ce n'est en tout cas pas tout à fait la même.

Même angle d'attaque en plus prononcé pour Martine Aubry, un niveau au-dessus. La maire de Lille, qui a répété qu'elle ne serait pour sa part pas candidate à cette primaire, a déclaré qu'elle soutiendrait "un candidat qui représente le cœur des valeurs du Parti socialiste" et qu'il n'était "pas évident" que celui-ci soit Manuel Valls. Et d'ajouter, comme le souligne Le Figaro ce mardi :

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Il n'y a pas deux gauches. Et s'il y a deux gauches, c'est qu'il y en a une qui est devenue de droite.

"

Ne faisant a priori pas référence ici à son cas personnel, cette dernière flèche est forcément destinée à celui qui fut qualifié de "Sarkozy de gauche".

Aucun des autres candidats socialistes à la primaire - Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche - ne pense que Manuel Valls soit à même de "rassembler" le PS sur son nom et ses idées en vue de 2017. Et si les "deux gauches" étaient bel et bien "irréconciliables" ? Ce *débat* en rappelle en tout cas un autre, lorsqu'il y a quelques mois tout le Parti socialiste ou presque se demandait si Emmanuel Macron était des leurs.

Du rab sur le Lab

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