Moralisation : le porte-parole du gouvernement reconnaît que les infos sur Richard Ferrand "tombent mal dans un contexte de suspicion"

Publié à 08h44, le 24 mai 2017 , Modifié à 09h19, le 24 mai 2017

Moralisation : le porte-parole du gouvernement reconnaît que les infos sur Richard Ferrand "tombent mal dans un contexte de suspicion"
Christophe Castaner sur Europe 1, mercredi 24 mai 2017 © Montage Le Lab

C'est connu, légal et même pas immoral : telle est la ligne de défense de l'exécutif après la publication par Le Canard Enchaîné, mercredi 24 mai, d'informations sur une affaire immobilière opérée par l'actuel ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, et son épouse. Mais si rien de tout cela n'est a priori hors des clous de la loi, ces révélations sont embarrassantes, à tout le moins en matière d'affichage politique. Emmanuel Macron avait fait de la moralisation de la vie publique l'un de ses principaux axes de campagne et une grande loi à ce sujet, portée par François Bayrou, doit être enclenchée rapidement. Le tout dans un contexte politique français marqué depuis des décennies par les scandales politico-financiers, encore renforcé ces derniers mois avec l'affaire Fillon.

Alors le porte-parole du gouvernement le reconnaît : cela "tombe mal". Sur Europe 1 mercredi, Christophe Castaner s'emploie d'abord à expliquer qu'il n'y a rien à voir de gênant dans ce dossier. Mais il ajoute :

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Alors oui vous avez raison, ça tombe mal parce que ça créé la suspicion dans un contexte de suspicion [...]. Ça meurtrit Richard Ferrand, qui est un homme d'une probité exceptionnelle, qu'évidemment cette mise en cause atteint.

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"Sa probité n'est nullement mise en cause", martèle le porte-parole du gouvernement, ce qui le pousse à n'avoir aucun "doute" quant à la "confiance" que le président de la République et le Premier ministre ont en Richard Ferrand. D'ailleurs, "la question [d'une démission de Richard Ferrand] ne se pose pas", insiste-t-on à Matignon auprès de Reuters. 

Christophe Castaner précise que son collègue ministre, au cours d'un échange avec lui préalable à la publication de ces informations, a montré son "inquiétude d'une mauvaise lecture de quelque chose qui est parfaitement légal". De son côté, le porte-parole de La République en marche Benjamin Griveaux a dit sur franceinfo: "comprendre que dans la période que nous venons de vivre et où les affaires ont été multipliées, ça provoque un trouble", tout en répétant qu'il n'y avait rien d'illicite ni de caché dans ce dossier.

Le Canard rapporte que les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était alors le directeur général, ont loué à partir de 2011 des locaux, à Brest, appartenant à une société détenue par sa compagne. "C'était la proposition la moins chère ! Le prix était conforme au marché et rien n'a été caché : tout le monde savait que cette SCI était la propriété de ma compagne", a déclaré l'intéressé à l'hebdomadaire. Richard Ferrand a dirigé les Mutuelles de Bretagne des années 1990 à 2012 avant de devenir député du Finistère sous l'étiquette du Parti socialiste puis l'un des bras droits d'Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle.

Selon Le Canard Enchaîné, le lien entre Richard Ferrand et la gérante de la SCI dénommée Saca ne figure pas sur le procès-verbal de la réunion du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne durant laquelle l'offre a été retenue, en 2011. Toujours selon le journal, la société a mis à disposition des Mutuelles de Bretagne des bureaux d'une surface totale de 379 m2 pour un loyer annuel de 42.000 euros.

"L'honnêteté de Richard Ferrand n'est pas en cause. Personne ne conteste que cette opération a été profitable aux Mutuelles de Bretagne, a-t-on réagi à Matignon. Cette opération s'est faite dans la plus complète transparence. Tout le monde est d'accord pour saluer le bilan de Richard Ferrand aux Mutuelles de Bretagne." Et d'ajouter qu'un courrier à en-tête du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne prouve que la nature des relations entre Richard Ferrand et sa compagne, bénéficiaire de l'appel d'offre mieux disant, était connue.

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