Nicolas Dupont-Aignan indigné par les téléphones dans les cellules des prisons alors qu'il y a "des zones rurales où il n'y a pas le téléphone"

Publié à 09h54, le 05 janvier 2018 , Modifié à 10h11, le 05 janvier 2018

Nicolas Dupont-Aignan indigné par les téléphones dans les cellules des prisons alors qu'il y a "des zones rurales où il n'y a pas le téléphone"
© Capture d'écran France 2

L'information a été révélée par Le Monde, mardi 2 janvier : le ministère de la Justice a décidé d'installer un téléphone fixe dans chaque cellule de prison. L'objectif est clair : permettre à chaque détenu de pouvoir appeler, quand il le souhaite, l'un des quatre numéros préalablement autorisés par l'administration pénitentiaire.  

Voilà qui ne plaît pas du tout à Nicolas Dupont-Aignan. Le président de Debout la France est farouchement opposé à cette initiative qui, selon lui, transforme une cellule de prison en une chambre d'hôtel – ce qui en passant ne donne pas très envie de partir en vacances avec lui.

Invité de France 2 ce vendredi 5 janvier, l'ancien candidat à l'élection présidentielle en vient tout seul à parler de ce sujet après avoir été interrogé sur les violences faites aux policiers, comme le 31 décembre à Champigny. Car pour lui, c'est lié. Nicolas Dupont-Aignan commence par s'indigner :

Vous savez qu'il y a des zones rurales en France où il n'y a pas le téléphone ? Et les voyous en prison vont avoir le téléphone ? Quand j'ai su ça, je me suis demandé si je n'étais pas dans un pays de fous. Je me suis demandé si, au ministère de la Justice, il y avait des fous.

 

Et sans aucune transition, Nicolas Dupont-Aignan tire la sonnette d'alarme :

Vous trouvez normal que, quand on a violé, quand on a tué, on ait le téléphone ? Vous trouvez normal qu'en prison cela soit comme un hôtel ? Je ne l'accepte pas. Et si on ne change pas ça, eh bien il y aura encore plus d'agressions de policiers demain. C'est fondamental.

 

Sur franceinfo: ce vendredi, l'élu Les Républicains Damien Abad tient à peu près le même raisonnement. Le député de l'Ain fustige "le décalage entre la réalité que vivent les Français et ce que propose le gouvernement". Il lance : 

 

On sait très bien que ce n'est pas en mettant des téléphones fixes que l'on va résoudre le problème des difficultés (sic) en prison. La réalité, c'est quoi ? Moi je me mets à la place de celles et ceux qui nous écoutent, qui disent 'j'ai pas accès à la 4G, j'ai pas accès à la fibre optique, j'ai pas accès forcément aux téléphones portables' et dans le même temps, on va équiper les prisons.

Et Damien Abad d'estimer que "mettre des téléphones fixes pour lutter contre les trafics de téléphones portables, c'est quand même jeter le bébé avec l'eau du bain". Une utilisation de cette expression pas forcément adaptée en l'espèce mais passons. La position du député de l'Ain est claire : il vaut mieux construire des places de prison que d'installer le téléphone en cellule. 

Invitée de BFMTV vendredi, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a confirmé l'installation prochaine de téléphones dans les cellules de prison. Si la garde des sceaux admet un aspect pratique pour les détenus, ce n'est pas le seul avantage, selon elle. "On s'est aperçu dans une expérience qu'il y avait moins de téléphones qui circulaient de manière illégale", explique-t-elle, avançant le chiffre de 30% de portables en moins circulant en prison. Nicole Belloubet met aussi en avant un "allègement des tâches" pour les gardiens qui n'auront plus, de fait, à accompagner les détenus aux cabines téléphoniques.

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