Nicolas Sarkozy condamne la réaction "pas raisonnable" d'Alain Juppé après l'attentat de Nice

Publié à 19h41, le 18 juillet 2016 , Modifié à 19h48, le 18 juillet 2016

Nicolas Sarkozy condamne la réaction "pas raisonnable" d'Alain Juppé après l'attentat de Nice
Nicolas Sarkozy et Alain Juppé © Montage Le Lab via AFP
Image Etienne Girard

Etienne Girard

DÉDICACE À ALAIN- Dimanche 17 juillet, Nicolas Sarkozy a sévèrement critiqué sur TF1 l'incapacité du gouvernement à protéger les Français du terrorisme islamiste. Tout en affirmant qu'il ne dirait "jamais" qu'il "aurait pu éviter ceci ou cela". Une référence à la sortie d'Alain Juppé qui a estimé, vendredi 15 juillet, que "si tous les moyens avaient été pris, le drame [de Nice] n'aurait pas eu lieu".

Ce lundi 18 juillet, la dédicace personnelle se fait plus précise. Pendant le Bureau politique de Les Républicains (LR) réuni exceptionnellement en raison de l'attentat, Nicolas Sarkozy lâche, selon l'AFP, une phrase en apparence anodine, sans citer de nom. Mais qui ne trompe personne. Pour qui connaît le fonctionnement de l'ex-président de la République, Nicolas Sarkozy tient bien à signaler à ses pairs qu'Alain Juppé a commis une faute politique en s'avançant sur le caractère évitable de la tuerie :

 

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Ce n'est pas raisonnable de dire que si on avait fait ceci ou cela, l'attentat n'aurait pas eu lieu.

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Cette réprimande ne signifie pas pour autant que Nicolas Sarkozy considère qu'il faut ménager le gouvernement. Dimanche 17 juillet, il a ainsi vertement tancé l'action de François Hollande, tout en expliquant vouloir se garder de la "polémique". Cette attitude a exaspéré nombre de ses adversaires, lesquels ont raillé son "culot" sur les réseaux sociaux.

Plus tôt dans la journée de lundi, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a renvoyé dos à dos les deux rivaux de la primaire de la droite en pointant leur "surenchère déplacée" :

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Dans l’épreuve, certains dirigeants ont livré leur vérité, révélé leur fébrilité et cédé à la surenchère déplacée. Même le meilleur d’entre eux s’est adonné au pire, assénant qu’on aurait pu éviter l’horreur. Monsieur Sarkozy s’est empressé de noter la faute de Monsieur Juppé et a rappelé l’évidence : le risque zéro n’existe pas. Il a raison sur un autre point : nous sommes en guerre. La question est donc de savoir pourquoi il prend le risque de gêner les actions de la France, se comportant comme un général donneur de leçons, loin du front, dissertant au milieu de la bataille pour dire qu’il aurait fait différemment et forcément mieux.

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Alain Juppé a lui nuancé dimanche 17 juillet les propos tenus au lendemain de l'attentat. Dans Le Parisien, le maire de Bordeaux a convenu que "le risque zéro" n'existait pas :

 

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Je ne fais de polémique avec personne. Je connais la difficulté de la tâche, mais le fatalisme n'est pas une politique.Nous pouvons faire plus et mieux même si, bien sûr, le risque zéro n'existera jamais. 

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